Si le généraliste était paru en janvier 1901 - Les internes en colère

Si le généraliste était paru en janvier 1901Les internes en colère

14.01.2015
  • Les internes en colère - 1

    Les internes en colère

Interne, problème des gardes à l’hôpital, paperasserie, absurdité des règlements, il n’y a décidément rien de nouveau sous le soleil…

« À la suite d’un vote de la Société des chirurgiens des hôpitaux, les internes des hôpitaux de Paris ont été pris d’une certaine émotion. Ont-ils eu tort ? On va en juger.

Il s’agit, en l’espèce, de la question souvent agitée, mais jamais résolue d’une façon idéale - l’idéal n’est pas de ce monde – des opérations pratiquées dans les services hospitaliers par les internes eux-mêmes, sous leur propre responsabilité. La Société des chirurgiens, dans une récente séance, a simplement demandé à M. le Dr Napias, directeur de l’Assistance Publique, de faire respecter le règlement. Et c’est tout ! Évidemment, c’est peu. En théorie, du moins... Mais, en pratique, si on appliquait formellement le dit règlement, cela pourrait peut-être mener beaucoup plus loin ou, en tout cas, être très ennuyeux ou fort compliqué.

Réglementairement, en effet, il ne s’agit nullement d’empêcher nos collègues d’opérer à l’hôpital. On a voulu seulement « éviter des abus et établir des responsabilités ». Voilà qui est très bien. Mais, dans la réalité des choses et, surtout, en face de la teneur des articles 61,127 et 130, on doit se demander si les restrictions formulées par le règlement ne sont pas un peu encombrantes et, surtout, inutiles.

D’après l’article 61, il faut une autorisation ECRITE du chef et la remise de cette autorisation au directeur. Or une telle formalité n’est qu’une paperasserie vaine ! De plus, avant d’opérer, l’interne doit prévenir le directeur. Pourquoi ? Je ne devine pas. Il devrait pouvoir le prévenir après; ce serait plus logique...

De plus, l’article 127 repose tout entier sur le chirurgien de garde. S’il arrive avant, tout est bien. S’il n’arrive pas, l’interne n’a qu’à laisser mourir son patient dans les cas d’urgence.

O Administration, que de crimes on commet en ton nom ! cela prouve que les gardes d’hôpital devraient être assurées non pas comme elles le sont aujourd’hui par un chirurgien en titre quelconque mais par des assistants de garde, présents effectivement à l’hôpital, à toute heure de nuit et de jour. Mais n’insistons pas. À revenir sur ce point, si souvent discuté en vain, ce serait retomber dans la question des Prompts Secours dans les grandes villes.

Les internes ne se sont donc peut-être pas, en pratique, émus tout à fait à tort, car tout directeur, le règlement en main, pourra quand il voudra, pour des raisons non médicales, influer sur leurs déterminations: ce qui est anti-scientifique et, par suite, antisocial ! »

(Texte paru dans « La Chronique médicale », janvier 1901)
Source : Legeneraliste.fr

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
.

Assistants : 100 généralistes disent non à « l'abattage » et proposent des pistes pour libérer du temps médical

La dernière séance de négociation conventionnelle sur les assistants médicaux a été la goutte de trop dans un vase déjà bien rempli. Une centaine de médecins généralistes a signé hier soir une...Commenter

L’ANSM alerte sur les risques de deux anabolisants et brûleurs de graisse vendus sur Internet

corps

L’ANSM a identifié la présence de substances non autorisées et dangereuses pour la santé, le clenbutérol et le stanozolol, dans les... Commenter

400 généralistes salariés bientôt recrutés dans les déserts : pourquoi ReAGJIR y croit

Image d'illustration

Le recrutement des 400 postes de médecins généralistes dans les hôpitaux de proximité annoncé en septembre par le président de la... Commenter

Gastro-entérologie LE BON USAGE DES INHIBITEURS DE LA POMPE À PROTONS Abonné

IPP

Les IPP ont révolutionné la prise en charge des maladies liées à l’acide gastrique. Mais 60 % des prescriptions sont hors AMM, selon... Commenter

Prévention DIABÈTE : À QUOI SERT LE CONTRÔLE DES FACTEURS DE RISQUE ? Abonné

Diabète

Cette étude du NEJM, menée en vraie vie, suggère que lorsque tous les facteurs de risque d’un patient DT2 sont contrôlés, la probabilité de... Commenter

A découvrir