C'est arrivé le 27 décembre 1820 - Percy est reçu à l'Académie royale de médecine

C'est arrivé le 27 décembre 1820Percy est reçu à l'Académie royale de médecine

27.12.2014
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    Percy est reçu à l'Académie royale de médecine

L'Académie royale de médecine a été créée par Louis XVIII en 1820, sous l'impulsion du baron Antoine Portal qui fédéra trois sociétés savantes médicales : la Société royale de médecine, l'Académie royale de chirurgie et la Société de la faculté de médecine fondée par son rival Joseph Ignace Guillotin. Ses statuts sont fondés sur ceux de l'Académie royale de chirurgie (1731) et de la Société royale de médecine (1776).

Le baron Percy

L'article 2 de l'ordonnance de 1820, signée par Louis XVIII définit les statuts et missions de l'Académie royale de médecine comme suit : « Cette académie sera spécialement instituée pour répondre aux demandes du gouvernement sur tout ce qui intéresse la santé publique, et principalement sur les épidémies, les maladies particulières à certains pays, les épizooties, les différents cas de médecine légale, la propagation de la vaccine, l'examen des remèdes nouveaux et des remèdes secrets, tant internes qu'externes, les eaux minérales naturelles ou factices, etc. Elle est, en outre, chargée de continuer les travaux de la Société royale de médecine et de l'Académie royale de chirurgie et de traiter tous les objets d'étude ou de recherches qui peuvent contribuer au progrès des différentes branches de l'art de guérir. »

Immortalisé par un tableau de Gros

À sa création, l'Académie tenait ses séances à la faculté de Médecine de Paris et c'est là que fut reçu le 27 décembre 1820 le baron Percy comme membre honoraire de la section de chirurgie. Pierre-Louis Percy qui avait remporté en 1785 le premier prix du concours de l'Académie royale de chirurgie qui portait sur l'amélioration des bistouris s'illustra surtout sur les champs de bataille napoléoniens. A Austerlitz, à Iéna, à Friedland mais surtout à Eylau, le 8 février 1807, où son courage et son abnégation lui valent d'être immortalisé par un tableau de Gros qu'on peut voir au Louvre en train de porter secours à un hussard russe.

Napoléon sur le champ de bataille d'Eylau au lendemain de la bataille, tableau de Gros

 

Dans l’enfer de la bataille d’Eylau

Le chirurgien décrira plus tard dans son " Journal des campagnes du baron Percy, chirurgien en chef de la Grande Armée", l'horreur sans nom de cette bataille : "De retour du champ de bataille, où plus de trois cents blessés français restaient étendus, sans qu'il fut possible d'aller jusqu'à eux, je suis revenu à nos hangars. J'ai trouvé le service chirurgical de nos hangars en pleine activité. Mais quelle activité ! Des jambes, cuisses et bras coupés jetés avec les corps morts devant la porte; des chirurgiens couverts de sang; des infortunés ayant à peine de la paille pour eux et grelottant de froid ! Pas un verre d'eau à leur donner ; rien pour les couvrir ; le vent soufflant de toutes parts dans la remise…dont le soldat enlevait les portes pour former son bivouac à quelques pas de là. J'ai fait apporter quelques brassées de paille déjà brisée pour couvrir un peu ces braves gens ; les portes de grange ont été rétablies du côté où la brise soufflait le plus fort, et, après avoir exhorté mes collaborateurs, distribués par moi de tous cotés, à tenir bon à l'ouvrage le plus longtemps qu'ils pourraient, je suis retourné à mes équipages, à un quart de lieue de là. Je me suis assuré, en passant devant le bivouac des charrettes d'ambulance, qu'on donnerait du bouillon à la plupart des blessés ; j'ai fait porter des chandelles aux chirurgiens, ainsi qu'une nouvelle provision de linge et quelques caisses d'instruments de plus."

Au lendemain de la bataille, Napoléon interrogea Percy :

- Avez-vous beaucoup de blessés ?

- Sire, je crois que nous en avons pansé quatre mille.

- Les blessures sont-elles graves ?

- Il y en a mille qui sont de la plus grande gravité.

- Combien perdrez vous de blessés sur ce nombre ?

- Le tiers, parce que la mitraille et les éclats d'obus ont fait les plus grands ravages.

" Encore un gigot ! "

Contrairement à son grand rival, Larrey, Percy essayait d'éviter autant que possible l'amputation. Chaque opération ne devait pas excéder vingt secondes. Il y en avait trop à assumer. Ensuite, on jetait le bras ou la jambe sur un tas de jambes et de bras. Les infirmiers d'occasion en plaisantaient pour ne pas vomir ou tourner de l'oeil : "Encore un gigot !" clamaient-ils à voix haute en lançant les membres qu'ils avaient amputés. Percy se réservait les cas difficiles, il tentait de recoller, de cautériser, d'éviter l'amputation, de soulager, mais comment, avec ces moyens indécents ? Dès qu'il en avait la possibilité, il en profitait pour instruire les plus éveillés de ses infirmiers.

Nommé Commandeur de la Légion d'honneur après Eylau, Percy dut quitter l'armée en 1810 suite à une ophtalmie grave et devint professeur à la Faculté de Médecine de Paris. Mais son état s'étant amélioré il put participer à la campagne de France en 1814. Il soigna ainsi 12 000 malades et blessés, russes et prussiens abandonnés, en transformant en hôpital les abattoirs de Paris et reçut en hommage à son humanité les distinctions honorifiques les plus élevées de Bavière, de Prusse et de Russie (Ordres de Sainte-Anne de Russie, de l'Aigle rouge de Prusse, du Mérite de Bavière).

Mise à la retraite au retour des Bourbons

Envoyé durant les Cent Jours à la Chambre des Représentants par les électeurs de Haute-Saône il fut mis à la retraite en 1815 au second retour des Bourbons, notamment à cause de ses prises de position en faveur des blessés des armées napoléoniennes. pour s'être rallié à Napoléon durant les Cent-Jours et avoir été élu par la Haute-Saône à la Chambre des représentants.

Mais il finit par rentrer en grâce et une ordonnace royale du 27 décembre 1820 le nomme membre honoraire de la section de chirurgie de la nouvelle Académie Royale de Médecine où il siègera jusqu'à la fin de sa vie en 1825.

Les contributions de Percy à la chirurgie auront été nombreuses. Il fut ainsi le premier à réaliser la résection de la tête de l'humérus. Il inventa le tire-balles, le carquois chirurgical ainsi que le "würst", un grand caisson attelé chargé de matériel médical et chirurgical sur lequel étaient transportés les officiers de santé afin de se rendre le plus rapidement possible auprès des blessés. Ce fut lui aussi qui imagina inventa les fils de suture métalliques.

La tombe de Percy au Père-Lachaise

Percy est inhumé au cimetière du Père Lachaise où son monument porte l'inscription : "Il fut le père des chirurgiens militaires".

Source : Legeneraliste.fr
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