Avec le décès de Jacques Barrot, les médecins libéraux perdent un peu leur meilleur ennemi

Avec le décès de Jacques Barrot, les médecins libéraux perdent un peu leur meilleur ennemi

03.12.2014
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    Avec le décès de Jacques Barrot, les médecins libéraux perdent un peu leur meilleur ennemi

Avec peut-être Claude Evin et Simone Veil, cet homme droit et volontaire au tempérament sanguin aura marqué comme peu d’autres le monde des blouses blanches. L’ancien ministre de la Santé, Jacques Barrot, a succombé mercredi à 77 ans des suites d’un malaise dans le métro parisien. Figure du centrisme à la carrière politique bien remplie, actuel membre du Conseil constitutionnel depuis 2010, il a auparavant siégé à la Commission européenne. Mais c’est surtout comme ministre que les médecins s’en souviendront. Comme Simone Veil, comme Philippe Douste-Blazy et comme Xavier Bertrand il a en effet été à deux reprises en charge de la santé : de 1979 à 1981 lorsque Valéry Giscard d’Estaing était président de la République, puis à la tête d’un énorme ministère social englobant le Travail et la Santé de 1995 à 1997. Dans le combat des chefs, Chirac-Balladur en 1995, il avait en effet été l’un des rares centristes à avoir eu l’audace de choisir le premier, ce qui lui a valu de compter ensuite parmi les pilliers des gouvernements d’Alain Juppé.

Du secteur 2 au plan Juppé

Son nom restera associé aux premières années de maîtrise des dépenses de santé, rendues nécessaires par le Plan Barre, suite au contrecoup du premier choc pétrolier à la fin des années 70. La Sécu n’a alors plus les moyens de raser gratis et Barrot bloque les honoraires des médecins libéraux, ce qui donnera lieu à des manifs monstres de ces derniers avec une charge mémorable de CRS à Paris sur le pont Alexandre III. Le ministre donnera ensuite son aval à une convention médicale qui prévoit la création d’un secteur 2 qui permet de contenir les revendications tarifaires des médecins sans coûter trop cher à la collectivité.

Quinze ans plus tard, come back surprise à la santé un mois de novembre 1995, après le limogeage d’Elisabeth Hubert parmi celles que l’on nommait alors du terme élégant de "juppettes". Barrot récupère donc la Santé et aura la lourde charge de mettre en œuvre le plan Juppé face à la colère des médecins... jusqu’à la défaite aux législatives de 1997 que la droite expliquera souvent par son désamour auprès du corps médical.

Né le 3 février 1937 à Yssingeaux (Haute-Loire), juriste,et avocat Jacques Barrot a aussi eu un long parcours d’élu: maire de cette commune de 1989 à 2001, député de Haute-Loire de 1966 à 2004, président du groupe UMP de l'Assemblée nationale de 2002 à 2004, puis des Finances, président du Conseil général de la Haute-Loire de 1976 à 2004.

Emotion dans le monde politique

Après l’annonce de son décès, les réactions ont été très nombreuses et louangeuses d’un bord à l’autre de l’échiquier politique. Marisol Touraine rappelle qu’il "s'est consacré à d'importantes réformes de notre système de protection sociale" et souligne que "son attachement aux valeurs humanistes, son engagement européen et ses qualités personnelles lui ont valu un très large respect." Quant à François Hollande, il fait état dans un communiqué de "sa vive émotion" et mentionne que Jacques Barrot "s'est particulièrement consacré aux questions sociales et a su mener des réformes courageuses en matière de santé". L’Assemblée Nationale a observé mercredi après-midi une minute de silence à la mémoire de Jacques Barrot.

Source : Legeneraliste.fr

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