Des compléments alimentaires pas toujours si "healthy"...

Des compléments alimentaires pas toujours si "healthy"...

08.10.2014
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    Des compléments alimentaires pas toujours si "healthy"...

C’est un clair rappel à destination des professionnels de santé : « Pensez à interroger vos patients sur leur consommation de compléments alimentaires lors des consultations. Et déclarez les cas qui vous sont signalés grâce à un formulaire en ligne sur notre site internet », a souligné l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement et travail) lors d’une conférence de presse, ce mercredi 8 octobre.

Alors qu’un adulte sur cinq et un enfant sur dix consomment au moins occasionnellement des compléments alimentaires ou des vitamines et minéraux sous forme médicamenteuse et que 23% des adultes et 12% des enfants en prennent toute l’année ou presque, l’Anses donne encore ce conseil aux blouses blanches : « Rappelez à vos patients que les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et les personnes sous traitement médicamenteux ne doivent consommer des compléments alimentaires qu’après avoir consulté un professionnel de santé. Et qu’ils doivent respecter les conditions d’emploi fixées par le fabricant et éviter des prises prolongées, répétées ou multiples au cours de l’année sans raisons spécifiques».

1565 signalements

Les avertissements de l’ANSES font écho aux premiers résultats de « Nutrivigilance ». Un système d’alerte mis en place en 2010 et dédié à ces nouveaux produits alimentaires très en vogue : compléments alimentaires de toutes sortes, boissons énergisantes et autres aliments enrichis en substances à but nutritionnel ou physiologique, ou encore aliments destinés à certaines catégories de populations (nourrissons, personnes intolérantes au gluten, personnes âgées...). « Nous faisons aujourd’hui un bilan très positif de ce dispositif, qui vise non seulement à alerter les autorités sanitaires sur les éventuels risques liés à la consommation de ces produits, mais aussi à en informer les consommateurs », se réjouit Marc Mortureux, directeur général de l’Anses, en charge de ce dispositif.

« Depuis sa mise en place, le dispositif Nutrivigilance a fait l’objet de 1565 signalements d’effets indésirables, dont 76% concernent les compléments alimentaires et 16% les boissons énergisantes », précise le professeur Irène Margaritis, chef de l’unité d’évaluation des risques liés à la nutrition de l’Anses. La moitié de ces cas transmis ont une imputabilité vraisemblable à très vraisemblable. A la suite d’une expertise approfondie, l’Anses a émis, depuis 2010, neuf avis concernant ces produits. Parmi eux : les boissons énergisantes ; les compléments alimentaires à base de levure de riz rouge, à visée anti-cholestérol ; et les compléments alimentaires contenant de la p-synéphrine, à visée minceur et très utilisés par les sportifs.

Qui a déclaré ces effets indésirables ?

Près de la moitié des cas déclarés (45%, soit 709 cas) provenaient des professionnels de santé, par l’intermédiaire notamment des Centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV, 20 %), des centres anti-poison et de toxicovigilance (CAPTV, 16 %), des hôpitaux (4 %), des pharmacies (3 %) et des médecins de ville (2 %). Plus de la moitié (52 %) émanaient des industriels.

« Ce qui est déterminant pour nous, ce sont les expertises de terrain transmises par les professionnels de santé », reconnait Irène Margaritis. « L’implication des professionnels de santé est indispensable », renchérit Marc Mortureux. Selon lui, le dispositif peut être amélioré par une augmentation de la qualité et du nombre de ces déclarations : « cela nécessite de mieux faire connaître ce dispositif, de sensibiliser les professionnels de santé et les consommateurs à ces enjeux, mais aussi de communiquer au public les résultats d’évaluation des cas déclarés. »

Comment déclarer un effet indésirable lié à un de ces produits alimentaires

Deux possibilités :

- par télédéclaration, directement en ligne sur le site de l’Anses (www.anses.fr)

- par téléchargement sur le site www.anses.fr d’un formulaire à remplir et à renvoyer à l’Anses

Florence Rosier
Source : Legeneraliste.fr
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