Ebola : Espagne et Etats-Unis face aux risques de contaminations autochtones

Ebola : Espagne et Etats-Unis face aux risques de contaminations autochtones

07.10.2014
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    Ebola : Espagne et Etats-Unis face aux risques de contaminations autochtones

Bruxelles a demandé à l'Espagne des "éclaircissements" pour détecter la faille dans son système de santé qui a permis la contamination par le virus Ebola d'une aide-soignante d'un hôpital madrilène. "La Commission européenne a envoyé lundi un message au ministère espagnol de la Santé pour obtenir des éclaircissements" sur ce qui a rendu possible cette première contamination hors d'Afrique, a expliqué le porte-parole, Frédéric Vincent. "Il y a évidemment eu un problème quelque part", alors que les Etats membres de l'UE sont censés avoir mis en place des procédures nationales précises et coordonnées au niveau bruxellois pour prévenir l'entrée du virus sur le territoire européen, a-t-il souligné.

L'aide-soignante avait traité deux missionnaires infectés par la fièvre hémorragique Ebola et décédés depuis, avant de contracter elle-même le virus, a annoncé lundi le gouvernement espagnol. Malgré ce cas, "il n'y a pas d'inquiétude" à la Commission, la propagation du virus Ebola "en Europe reste hautement improbable", a déclaré Frédéric Vincent. L'exécutif européen espère que l'Espagne pourra soumettre dès mercredi de premières réponses à l'examen du Comité de sécurité sanitaire. Ces derniers mois, cette instance européenne de coordination et d'échange d'informations "se réunit toutes les semaines sur Ebola, sa réunion de mercredi sera consacrée au cas espagnol", a précisé Frédéric Vincent.

L'hôpital où la quadragénaire a été contaminée "est censé être un hôpital de référence" contre Ebola. Le complexe hospitalier comprend plusieurs établissements. C'est dans l'hôpital Carlos III (photo), qu'un étage avait été habilité pour recevoir les deux premiers malades, dans des conditions censées respecter les protocoles internationaux de prise en charge de maladies hautement infectieuses. Le premier patient rapatrié du Liberia a été admis le 7 août. Il est décédé le 12. Le deuxième, en provenance de Sierra Leone, est arrivé le 22 septembre et il est mort trois jours plus tard. C'est apparemment en le soignant que cette femme d'une quarantaine d'année a été infectée. Elle est entrée dans la chambre du malade à deux reprises, l'une pour lui changer les langes et l'autre pour prendre ses vêtements après sa mort.

L'aide-soignante a été admise dans une unité spécialisée de l'hôpital d'Alcorcon, dans le sud de Madrid, après deux tests positifs au virus Ebola. Elle s'était sentie mal le 30 septembre mais n'avait consulté un médecin que dimanche. Une trentaine de personnes qui ont été en contact avec elle sont désormais suivies par les autorités sanitaires. Une étude commandée par la Commission et rendue publique le 29 septembre estimait que le risque d'une propagation d'Ebola en Europe à partir d'un malade évacué d'Afrique "est considéré comme extrêmement faible". L'estimation est fondée tant sur le mode de transmission de la maladie, qui suppose un contact direct avec "les cinq S" (sperme, selles, sang, sueur et salive) que sur la qualité de la prise en charge médicale et sanitaire en Europe.

Trois nouvelles personnes ont néanmoins été admises depuis lundi à Madrid, dans cet hôpital Carlos III : le mari de l’aide-soignante, une infirmière et un ingénieur, qui n'ont pas testé "positif". Seul l'époux de l'aide soignante contaminée a "un "haut risque" d'être affecté, ont annoncé mardi les autorités sanitaires locales.

Les Etats-Unis sont confrontés à un problème similaire de santé publique. Même si -à la différence de l’aide-soignante espagnole- le Libérien hospitalisé au Texas (sud) a été contaminé en Afrique, il est la première personne à avoir été diagnostiquée avec Ebola hors d'Afrique, puisqu’il était asymptomatique lors de son arrivée sur le territoire américain. Son état restait lundi "très grave mais stationnaire".

Son cas est à l’origine de la convocation du conseil de sécurité nationale par le président américain. Barack Obama a réaffirmé lundi que les risques d'une épidémie d'Ebola aux Etats-Unis étaient "extrêmement faibles", mais appelé ses homologues à travers le monde à s'engager plus fortement pour contrer l'épidémie qui frappe l'Afrique de l'Ouest. "Etant données les mesures mises en place, la qualité de notre système de santé et la nature du virus Ebola qui ne se transmet pas facilement, les risques d'une épidémie d'Ebola aux Etats-Unis sont extrêmement faibles", a souligné Barack Obama à l'issue d'une rencontre à la Maison Blanche avec les autorités sanitaires et des responsables de son Conseil de sécurité nationale. "Nous n'avons pas une marge d'erreur importante", a-t-il cependant souligné, appelant au strict respect des procédures et soulignant que de nouveaux protocoles étaient à l'étude pour renforcer le contrôle des passagers aux aéroports à la fois au départ en Afrique de l'Ouest et à l'arrivée aux Etats-Unis.

Ces deux affaires et le risque de contaminations autochtones hors d’Afrique prennent un peu de court les autorités sanitaires des pays développés. En France, la Direction générale de la santé (DGS) préparerait une communication à ce sujet. Précaution utile, alors que trois cas suspects, mais finalement non confirmés) ont été signalés ces dernières semaines dans l’Hexagone sur des personnes en provenance de pays à risque.

Source : Legeneraliste.fr
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