Suicide : un portait robot des personnes à risque

Suicide : un portait robot des personnes à risque

22.07.2014
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    Suicide : un portait robot des personnes à risque

On ne met pas fin à ses jours par hasard. La dernière étude du service des statistiques du ministère de la Santé le confirme au coeur de l’été, une période particulièrement à risque pour ceux qui se retrouvent seuls. Avant de s’intéresser dans une prochaine enquête aux quelques 10 000 personnes qui se suicident chaque année et 100 000 qui font une tentative, les chercheurs de la DREES livrent cette semaine de premières conclusions concernant les 5% de nos concitoyens (6% de femmes et 4% d’hommes) qui font état d’ idées suicidaires. D’où il ressort que ces personnes ont un rapport très différent du reste de la population à leur santé, à leur travail ou d’une manière générale à leurs rapports sociaux.

Idées suicidaires se conjuguent en effet souvent avec état de santé plus dégradé : dans la première catégorie, 55% fait en effet état d’une maladie chronique contre 33% en population générale. Et si on fait le compte de ces pathologies, on arrive à une moyenne de 2,1 chez une personne qui broie du noir contre 1,6 seulement en moyenne. « Douleurs, problèmes de sommeil ou de digestion sont aussi plus souvent déclarés chez les personnes ayant des idées suicidaires », relèvent aussi Nicolas de Riccardis, auteur de l’étude. Pour conclure sur ce bulletin de santé, on retiendra par ailleurs qu’un quart de ceux qui ont des idées suicidaires sont obèses (23% contre 14% dans le groupe optimiste), qu’un sur deux est fumeur (vs 28%) et un sur dix buveur à risque (vs 5%).

Mais la surprise de ce panorama vient plutôt des écarts sociaux. On ne sera guère surpris d’apprendre que les idées suicidaires sont plus répandues quand on est célibataire (37% des personnes avec idées suicidaires appartiennent à cette catégorie pour 18% de personnes en couple) et que leur fréquence est inversement proportionnelle à l’investissement social des individus et au contraire bien corrélée aux évènements traumatiques de la vie, de type veuvage. En revanche, l’amplitude des différences entre milieux sociaux peut surprendre davantage : 15% de personnalités à idées suicidaires sont diplômées du supérieur, alors qu’une petite majorité (51%) se trouve chez celles qui ont un niveau inférieur au bac.

Troisième signe qui doit alerter : une mauvaise intégration au travail. Un facteur qui inquiète les experts du fait de la crise persistante. Selon la Drees, 63% seulement des personnes de la catégorie a un emploi contre 83% de l’ensemble de la population d’âge actif. Et quand travail il y a, la fréquence du temps partiel est plus élevée aussi que la moyenne. Globalement, avoir des idées noires va aussi plus souvent de pair avec le fait d’avoir subi plus que choisi son itinéraire professionnel et avec un sentiment de satisfaction moindre au travail. Mais ça, on pouvait davantage s’y attendre…

Source : Legeneraliste.fr
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