Cinq médecins font 10 propositions contre les pesticides

Cinq médecins font 10 propositions contre les pesticides

03.05.2014
  • Les Drs Pierre-Michel Perrinaud, Joseph Mazé, Michel Nicolle et Frédérique Sarazin

"On ne veut plus se contenter de soigner des lymphomes. Nous voulons quitter la stricte logique du soin." C’est ainsi que le généraliste Pierre-Michel Périnaud de Limoges motive le combat qu’il mène depuis des mois contre les pesticides et les perturbateurs endocriniens. Avec son confrère Joseph Mazé, leur combat a démarré dans leur région Limousin. Leur pétition lancée en mars 2013 a rejoint la mobilisation d’autres médecins mobilisés Outre-Mer par les ravages du chlordécone sur les Antilles, au point, explique la dermatologue Frédérique Sarazin que la pêche est interdite désormais en Guadeloupe au bord des côtes. Résultat : plus de 1200 confrères médecins avaient signé la pétition pour l’interdiction des pesticides début 2014. Mais forts de ce soutien, ses animateurs ne comptent visiblement pas en rester-là. Les trois étaient à Paris mercredi 30 avril avec Michel Nicolle, un généraliste de Basse-Normandie et la pédiatre Josiane Pelage de Martinique.

Objectif : remettre au ministère de l’Agriculture et à celui de la Santé des propositions pour l’interdiction des pesticides. Les cinq médecins ne s’en cachent pas : ils veulent profiter de la discussion de la loi d’orientation agricole en cours pour tenter de faire passer des amendements et entendent aussi surfer sur la campagne des élections européennes pour alerter l’opinion. Leurs 10 propositions proposent notamment de créer des nouveaux tableaux de maladies professionnelles pour les agriculteurs qui fassent notamment le lien entre hémopathies et usage des pesticides. Ils veulent aussi que soient multipliés les contrôles en zones maraichères ou d’arboriculture et interdire les dérogations aux épandages aériens encore accordées chaque année en France et bannir les pesticides des zones non agricoles.

"Nous sommes en phase avec la "stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens" qui vient d’être adoptée, explique pour sa part Michel Nicolle, qui estime que la France doit maintenant convaincre ses partenaires européens. Les cinq médecins piaffent notamment devant les lenteurs de Bruxelles concernant les perturbateurs endocriniens : "le règlement européen de 2009 prévoit bien l’interdiction des pesticides et biocides perturbateurs endocriniens, mais son application est bloquée par l’absence de décision de la Commission européenne concernant la définition et donc la nature des test permettant de les identifier", déplore le document qu’ils ont remis mercredi dans les ministères concernés.

Leur combat vise enfin à mieux informer les populations, notamment les femmes enceintes, via des efforts sur l’étiquetage des produits, mais aussi à la prise en compte dans les AMM d’adjuvants comme le benzène qui potentialisent les effets des pesticides. Enfin, ils entendent pousser la consommation en produits bio. Objectif 50% dans les cantines à l’horizon 2017 et d’une manière générale 20% d’agriculture biologique dans l’alimentation en 2018.

Seront-ils entendus ? Au sortir des deux rendez-vous avec le Directeur général de l’alimentation, puis le Directeur général de la santé, le Dr Joseph Mazé veut le croire : "nous avons le sentiment que nous sommes assez bien écoutés et visiblement certains ont les mêmes aspirtations que nous au sein des ministères." Pour autant, si les décisions devaient trop tarder, on peut compter sur les cinq médecins pour ne pas laisser tomber...

Source : Legeneraliste.fr
Commentez 2 Commentaires
 
DOMINIQUE D Médecin ou Interne 03.05.2014 à 21h44

Justement, les isoflavones sont des perturbateurs endocriniens avérés (et non suspecté, comme les pesticides). Les isoflavones se trouvent dans le soja, les haricots verts, les lentilles, à des doses Lire la suite

Répondre
 
Rémi B Médecin ou Interne 21.06.2014 à 00h35

Les organochlorés et les triazolés sont prouvés être des perturbateurs endocriniens, d'où tenez vous vos informations, dominique ? Le soja est un phytooestrogène bien sur. Mais où est le rapport ? La Lire la suite

Répondre

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

| S’inscrire gratuitement

|

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
.

Les centres de santé ne veulent pas tomber sous la coupe des cliniques privées

Pour les centres de santé, la rentrée n'amène pas de répit. Alors que les responsables du secteur ont bataillé au printemps dernier pour éviter que la création de nouvelles structures ne soient...4

Les femmes boudent la pilule... mais pas la contraception

Contraception

Même si en 2016, la pilule reste la méthode contraceptive la plus utilisée (36,5%), son utilisation a diminué, avec une baisse de 3,1... 1

Les changements au travail, mauvais pour la santé des salariés

.

Les changements au travail peuvent avoir un impact sur la santé mentale des salariés, selon une étude du ministère du Travail publiée... 1

Allergologie LE TRAITEMENT DE PREMIÈRE INTENTION DE L’ANAPHYLAXIE Abonné

.

Les dernières recommandations françaises et américaines sur l'anaphylaxie relèguent au second plan les anti-H1, les corticoïdes et les B2CA... 4

Diabète SE PIQUER LES DOIGTS : POUR QUOI FAIRE ? Abonné

.

Chez le diabétique de type 2, le ratio bénéfice/risque de l'autosurveillance glycémique est défavorable. Une nouvelle étude qui conforte... Commenter

A découvrir