Immunologie - Comment vacciner les immunodéprimés ?

ImmunologieComment vacciner les immunodéprimés ?

03.04.2014

La vaccination des patients porteurs d’une dépression du système immunitaire devrait être meilleure qu’en population générale.

Qu’entend-t-on par immunodéprimés ? « Il s’agit de patients infectés par le VIH, de transplantés d’organe solide, de greffés de cellules souches hématopoïétiques, de patients sous médicaments immunosuppresseurs pour une maladie inflammatoire chronique, explique le Pr Odile Launay (hôpital Cochin, Paris). Mais aussi de malades traités par chimiothérapie pour une tumeur solide ou une hémopathie maligne, de sujets atteints de déficits immunitaires héréditaires. Enfin, les hypospléniques ou aspléniques, bien que non immunodéprimés, rentrent dans ce cadre car ils ont une susceptibilité accrue aux infections par des germes encapsulés. »

Or, bien que ces malades soient à risque accrus de contracter des infections, les vacciner présente des risques, notamment avec les vaccins vivants qu’il n’est pas possible d’utiliser. Il est donc obligatoire d’utiliser des vaccins vivants atténués ou, encore, de faire le vaccin avant la mise en place du traitement immunosuppresseur, voire, dans certaines situations, d’arrêter les traitements immunosuppresseurs pour pouvoir vacciner. Parfois, on ne vaccine pas. « Autre problème : chez les immunodéprimés, les vaccins sont moins immunogènes et la réponse est moins bonne?», souligne le Pr Launay.

Schémas particuliers

Pour les vaccins sous-unitaires ou les vaccins inactivés, il faut donc vacciner le plus tôt possible au cours des maladies chroniques (comme chez les insuffisants rénaux ou les insuffisants hépatiques). En outre, des schémas particuliers de vaccination seront suivis chez les immunodéprimés. Dans le cas de l’hépatite B, on peut ainsi être amené à proposer des doubles doses de vaccin avec un contrôle à l’issue de la vaccination pour vérifier que les patients sont répondeurs. Dans le cas du pneumocoque, on utilise un schéma associant les deux vaccins actuellement disponibles, le Prevenar® et le Pneumo® 23. Pour vacciner contre l’hépatite A, il est recommandé de suivre le schéma standard comprenant deux doses et de vérifier que les patients ont répondu. Si ce n’est pas le cas, il convient de pratiquer une injection supplémentaire.

Enfin, la situation des patients VIH est particulière car lorsque la maladie est sous contrôle, avec des taux de CD4 à plus de 200/mm3, il est possible, au cas par cas, d’utiliser des vaccins vivants, comme celui contre la rubéole, la rougeole, la varicelle, ou la fièvre jaune. Il a aussi été mis en évidence que la réponse au vaccin était, meilleure si la charge virale était indétectable. D’où la recommandation d’attendre que la charge virale soit contrôlée par le traitement avant de pratiquer la vaccination.

En pratique ces patients immuno-déprimés sont-ils bien vaccinés ? « Logiquement, ils devraient l’être mieux que la population générale mais les données disponibles montrent qu’ils le sont moins bien, déplore le Pr Launay, d’où l’intérêt d’attirer l’attention des médecins sur ce problème. C’est pourquoi nous avons, avec le HCSP, édicté en 2012 des recommandations de bonne pratique. »

Dr Alain Dorra
Source : Legeneraliste.fr

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