L’InVS lance Esteban, une étude sur la santé et l’environnement

L’InVS lance Esteban, une étude sur la santé et l’environnement

01.04.2014

L’Institut de veille sanitaire (InVS) s’apprête à lancer, le 14 avril prochain, une étude de santé publique de grande ampleur qui portera à la fois sur l’environnement, l’alimentation, l’activité physique et les maladies chroniques. L’étude, baptisée Esteban (Etude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition), sera menée auprès d’un échantillon représentatif de la population française composé de 4.000 adultes de 18 à 74 ans et de 1.000 enfants de 6 à 17 ans. Objectif : mesurer l’imprégnation de substances chimiques grâce à des biomarqueurs présents dans le sang, dans les urines et dans les cheveux. Mais aussi faire le point sur l’état de santé de la population française afin de « guider la décision publique en matière de santé » pointe la directrice générale de l’InVS Françoise Weber.

Deux ministères

Sous l’égide de deux ministères - celui de la Santé et celui de l’Environnement - et avec le soutien de l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (Inpes), l’étude de l’InVS sera « une référence qui aura vocation à être répétée tous les sept ans afin de montrer l’évolution de l’état de santé des Français » a affirmé Françoise Weber. En effet, le recueil des échantillons donnera lieu à la « constitution d’une biothèque », ce qui pourrait se révéler très utile dans le futur. « On pourra ainsi déterminer des nouveaux dosages sur des éventuelles substances qu’on ne connaît pas encore », souligne-t-elle. En outre, Esteban permettra aussi d’établir une comparaison internationale, notamment avec les autres pays européens, grâce à des questionnaires standardisés.

Trois volets

Constitué de trois volets (biosurveillance, surveillance nutritionnelle et surveillance des maladies chroniques), Esteban présente plusieurs premières en matière d’étude de santé publique. En effet, pour la première fois, le niveau d’exposition à certains polluants, comme l’imprégnation par bisphénol A, sera mesuré par rapport à la population générale, grâce justement au fait que l’échantillon choisi est représentatif. « Il ne s’agira pas d’une étude pilote sur une population particulière » comme par exemple, les femmes enceintes, ce qui avait été le cas par le passé, souligne Françoise Weber. Seront donc mesurés les niveaux des expositions à plus d’une centaine de substances chimiques présentes dans l’environnement : métaux (cadmium, mercure, arsenic, nickel, antimoine, cobalt, aluminium), cotinine et certains polluants organiques comme les pesticides, perfluorés et polybromés, dioxines, composés organiques volatils… Mais l’étude produira également des valeurs de référence pour déterminer si certaines populations avec des caractéristiques socio-démographiques particulières présentent une surexposition à certains polluants.

Un accéléromêtre pour mesure l’activité physique

Autre première : l’activité physique fera l’objet d’une mesure objective grâce au port, de la part de 1.000 adultes et 500 enfants, d’un accéléromètre, pendant sept jours consécutifs. Enfin, pour la première fois, la prévalence de la BPCO - « maladie fréquente et sous-diagnostiquée » déplore Françoise Weber - en population générale sera estimée de façon objective grâce à la mesure de la fonction respiratoire par spiromètre. De façon plus générale, concernant les pathologies chroniques, Esteban permettra de répondre à la question suivante : quelle proportion de population française souffre d’une pathologie chronique sans le savoir ? Les premiers résultats de l’étude, qui doit s’achever en septembre 2015, seront publiés en 2016. Dès lors, des comparaisons pourront être faites avec les résultats d’une précédente étude, l’Etude nationale nutrition santé (ENNS) de 2006-2007, afin d’orienter les actions de prévention de la part des pouvoirs publics.

Giulia Gandolfi
Source : Legeneraliste.fr

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