C’est arrivé le... 9 mars 1758

C’est arrivé le... 9 mars 1758

09.03.2014
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    C’est arrivé le... 9 mars 1758

Naissance de Franz Joseph Gall, neuro-anatomiste, considéré comme le père de la phrenologie. Né à Tiefenbronn, en Autriche, Gall débuta ses etudes de médecine à l’université de Strasbourg alors que dans un premier temps il avait songé à devenir prêtre.

On le retrouve ensuite à Vienne où il est l’élève de Gérard Van Swieten, Hollandais qui était le médecin attitré de l’impératrice Marie-Thérèse et dès lors, ses recherches vont porter sur le cerveau, notamment sur les relations entre matière blanche et matière grise. Gall, après avoir inventé une méthode novatrice de dissection du cerveau, va développer une théorie selon laquelle les facultés mentales sont liées spécifiquement à certaines partie du cerveau, ce qui lui vaut la disapprobation de nombre de ses collègues.

A partir de 1800, à force d’observations, Gall arrive à la conclusion que la morphologie du crane reflêterait certains traits de caractère. Par exemple, il note que les plus brillants de ses élèves ont des yeux protubérants et, selon lui, les déformations à la surface du crâne sont dues à la pression des organes du cerveau liés à telle ou telle faculté mentale. À travers ces théories, Gall vient d’inventer ce qu’un de ses disciples et élèves baptisera phrenologie en 1810.

Gall détermina ainsi une trentaine d’«organes » du cerveau : organe de l’amour physique, de l’amitié, de l’esprit métaphysique, etc. Aussi fantaisiste qu’ait été la classification de Gall, elle aura eu au moins le mérite de jeter les bases de la localisation des fonctions du cerveau.

Alors qu’il a du s’exiler en France, Gall jouit d’une certaine cote dans les milieux parisiens alors que l’Académie des sciences lui reproche le manque de scientificité de ses travaux. Ainsi, Morel de Rubempré le dit, perfidement, « fameux par ses bosses et jouissant d'une grande influence sur les esprits faibles qui, certes, sont en grand nombre à Paris ».

Napoléon fut tout aussi sévère avec Gall comme on peut le lire dans le « Mémorial de Saint-Hélène » : « J'en fis de même pour Gall (que pour Puységur); j'ai beaucoup contribué à le perdre. Corvisart était son grand sectateur: lui et ses semblables ont un grand penchant pour le matérialisme: il accroîtrait leur science et leur domaine. Mais la nature n'est point si pauvre. Si elle était si grossière que de s'annoncer par des formes extérieures, nous irions plus vite en besogne, et nous serions plus savants. Ses secrets sont plus fins et plus délicats, plus fugitifs; jusqu'ici ils échappent à tout. Un petit bossu se trouve un grand génie; un bel homme n'est qu'un sot. Une large tête à grosse cervelle n'a parfois pas une idée, tandis qu'un petit cerveau se trouvera d'une vaste intelligence. Et voyez l'imbécillité de Gall: il attribue à certaines bosses, des penchants et des crimes qui ne sont pas dans la nature, qui ne viennent que de la société et de la convention des hommes: que devient la bosse du vol s'il n'y avait point de propriétés ? La bosse de l'ivrognerie, s'il n'existait point de liqueurs fermentées? Celle de l'ambition, s'il n'existait point de société ? »

Un autre des contemporains de Gall ne fut pas plus tendre : « D'après les portraits que nous avons vus du Docteur Gall, sa tête nous a paru très-applatie sur les côtés; et si nous joignons cette donnée aux idées que nous a suggérées l'examen de sa doctrine, nous serons portés à croire que l'auteur de la cranomancie est loin de présenter la moindre trace de l'organe de la circonspection. Nous avancerons même, sans craindre de mériter un pareil reproche, qu'en étudiant sa tête avec plus d'attention on pourroit bien y découvrir un nouvel organe dont on n'a pas encore parlé; c'est celui de l'amour de l'exagération; à moins qu'on ne dise que l'auteur possède à un point excessif et contre nature l'organe de l'induction, qu'un de ses sectateurs et de ses élèves a d'ailleurs trouvé très prononcé sur le front de son maître... ».

Finalement, le neuro-anatomiste dont les intuitions seront reprises plus tard par Paul Broca mourut à Montrouge en 1825.

Source : Legeneraliste.fr

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