Un rapport propose d’encadrer davantage la prescription des médecins

Un rapport propose d’encadrer davantage la prescription des médecins

05.03.2014
  • Un rapport propose d’encadrer davantage la prescription des médecins - 1

La France demeure l'un des premiers consommateurs européens de médicaments. Pour diminuer la consommation de médicaments, il faut agir sur la prescription des médecins. C’est notamment ce que propose le commissariat général à la stratégie et à la prospective dans une note publiée mercredi. Les experts suggèrent rien moins que de "repenser l'ensemble du circuit du médicament", en s'appuyant sur les expériences d'autres pays.

Et pour eux, en premier lieu il s'agit de "prescrire autrement". Observant que l’offre de médicaments est "abondante", le rapport estime que les connaissances des médecins sont "mal adaptées aux besoins et souvent jugées insuffisantes". Les auteurs de cette note plaident donc pour que des outils "réduisant le choix possible" de médicaments soient mis à la disposition des praticiens et notamment une liste restreinte.

Ils décrivent le dispositif comme avant tout incitatif pour les médecins: "Un travail d’évaluation et de sélection des médicaments permettraient de recommander, en une liste courte, les plus efficaces. En complément des recommandations de la Haute Autorité de Santé sur les prises en charge par pathologie, il conviendrait de fournir aux prescripteurs des outils réduisant les choix possibles parmi les médicaments présents sur le marché." La note se réfère explicitement à un dispositif déjà en vigueur en Suède, dans la région de Stockholm, où une liste, co-produite par des experts et des prescripteurs, présente les 200 médicaments les plus essentiels, susceptibles d’être utilisés pour les soins primaires ou à l’hôpital, et ayant prouvé leur efficience.

Des groupes d’échanges médecins-pharmaciens

Les experts du gouvernement suggèrent également de "systématiser" les groupes d'échanges sur les pratiques de prescription, en associant les pharmaciens aux groupes de médecins.Cette fois, c’est le modèle hollandais qui leur sert d’exemple. De plus, l'ordonnance "gagnerait à être utilisée autrement, notamment pour prescrire des modes de prises en charge non médicamenteuses", concernant par exemple l'hygiène de vie, comme aux Pays-Bas.

Ce service qui dépend du Premier ministre suggère par ailleurs que pour éviter les mauvaises pratiques liées à l'automédication, les usagers soient "davantage et mieux informés". Ainsi, l'emballage du médicament pourrait être "plus lisible" et la notice "simplifiée", propose la note.

Le commissariat plaide également pour la dispensation à l'unité des médicaments, qui doit être expérimentée cette année. Enfin, la mission de conseil des pharmaciens doit être "développée". Le pharmacien pourrait ainsi "informer systématiquement" l'usager sur la posologie, les effets secondaires, etc. Il pourrait également s'occuper de la préparation de doses individuelles à administrer, une mission qui pourrait "gagner en importance" avec le vieillissement de la population. "Cela suppose de faire évoluer considérablement leur mode de rémunération", selon le commissariat général.

Source : Legeneraliste.fr
Commentez 7 Commentaires
 
FREDERIC M Médecin ou Interne 28.01.2015 à 19h58

Le plus bel exemple des restrictions en molécules sont les hôpitaux où les pharmaciens depuis longtemps limitent les molécules et tout le monde sortait avec amoxicilline acide clavulinique, émergence Lire la suite

Répondre
 
lina s Médecin ou Interne 25.06.2014 à 07h32

C'est hallucinant parce que par ailleurs on souhaite augmenter la part d'auto médication.
Les médecins sont nuls mais les pharmaciens sont excellents.
En plus autant j'adhère aux échanges avec les Lire la suite

Répondre
 
bertrand h Médecin ou Interne 06.03.2014 à 08h27

Une attaque de plus contre notre "incompétence"!! j'ai de plus en plus honte d'être médecin tellement les pouvoirs publics me disent chaque jour que je fais trop , pas assez ,mal etc . Ce qui me Lire la suite

Répondre
 
Francois-Marie P Médecin ou Interne 06.03.2014 à 00h35

Continuez donc de nous emmerder, bientôt, des non-médecins vont se permettre d'exercer la médecine, on va bien rigoler ! Moi, dès que je le peux, je me tire de cette république bananière !

Répondre
 
PHILIPPE G Médecin ou Interne 05.03.2014 à 22h10

Pourquoi autant de médicaments remboursables en France contrairement aux autres pays européens et pourquoi aucune application de TFR
Pourquoi le stilnox est encore remboursé après une prescription Lire la suite

Répondre
Voir tous les commentaires

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

| S’inscrire gratuitement

|

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
Harcèlement

86 % des internes victimes de sexisme, 1 sur 10 de harcèlement sexuel

L’heure est à la dénonciation des comportements sexistes et du harcèlement, mais les internes en médecine n’ont pas attendu l’affaire Weinstein pour s’en préoccuper. En septembre dernier, l...3

Thyrofix, une cinquième spécialité à base de lévothyroxine disponible dès décembre

Pharmacie

Après le Lévothyrox, l’Euthyrox, la L-Thyroxin Henning, et L-Thyroxine Serb en gouttes voilà le Thyrofix. Dans un communiqué publié ce... 5

Le Sénat a peu retouché le PLFSS 2018 qui sera soumis au vote mardi

Sénat

En attendant le vote solennel de mardi, les sénateurs ont bouclé l'examen en première lecture du projet de loi de financement de la... Commenter

Infectiologie SPORT ET PATHOLOGIES INFECTIEUSES DE L'ENFANT Abonné

Sport

Les pédiatres infectiologues américains viennent de publier des recommandations sur la prise en charge et la prévention des pathologies... Commenter

Nutrition BOISSONS ÉNERGISANTES : PAS SANS RISQUES Abonné

boisson

Elles connaissent un franc succès auprès des jeunes, sportifs ou non. Cocktails de stimulants comme la caféine, la taurine, le... Commenter

A découvrir