C’est arrivé le… 5 mars 1815

C’est arrivé le… 5 mars 1815

05.03.2014
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    C’est arrivé le… 5 mars 1815

Mort de Franz-Anton Mesmer qui élabora la théorie du magnétisme animal connue aussi sous le nom de mesmerisme. Né en 1734 à Iznang, non loin du lac de Cosnstance, Mesmer après avoir tâté de la philosophie, de la théologie et du droit s’inscrit sur le tard à l’école de médecine de Vienne, passant le plus clair de son temps libre à fréquenter les cercles de passionnés de sciences occultes. En 1766, il publie sa thèse de doctorat « De l’influence des planets sur le corps humain » où se fait notamment sentir l’influence de Paracelse.

En épousant en1768 la riche veuve d’un conseiller de l’empereur, Maria Anna Von Posch, Mesmer réussit à s’introduire à la Cour d’Autriche et les plus célèbres musiciens fréquentent sa maison, Glück, Haydn mais aussi Mozart à qui il commande, alors que celui-ci n’est encore âgé que de douze ans, l’opéra « Bastien et Bastienne ».

En 1773, il entreprend son premier traitement sur la base des idées d'un fluide universel. Pour cela, il utilise les plaques aimantées inventées par le père jésuite Maximilian Hell qui est aussi professeur d’astrologie. Après s’être brouillé avec Hell – chacun revendiquant la paternité du procédé – , Mesmer troque l’aimant pour l’imposition des mains.

Après avoir rencontré en Suisse Gassner, un curé qui pratique des exorcismes, Mesmer est exclu en 1778 de la faculté de médecine de Vienne pour « pratiques charlatanesques » et se retrouve au coeur d’un scandale, la fille d’une dame de compagnie de l’impératirice Marie-Thérèse refusant de retourner chez ses parents après avoir été soigné par lui.

Du coup, Mesmer émigre à Paris où il s’installe à l’hôtel Bourret, place Vendôme, puis à l’hôtel Bullion, rue Coquillière avant, sa clientèle se multipliant, de s’installer à Créteil.

Plébiscité par les patients, condamné par les autorités

Soutenu par Charles Deslon, le médecin personnel du Comte d’Artois, il publie en 1779 son « Mémoire sur la découverte du magnétisme animal » où il explique sa théorie selon laquelle le magnétisme animal est la capacité de tout homme à guérir son prochain grâce à un « fluide naturel » dont le magnétiseur serait la source, et qu'il diffuserait grâce à des « passes », dites « passes mesmériennes », sur tout le corps. Bien accueilli par la population qui se presse à sa consultation, Mesmer est, en revanche, condamné par les autorités qui ne voient en lui qu’un escroc contraint à fuir Vienne.

Paris se divise entre Mesmériens et non Mesmériens. Mais l’Autrichien fait recette et les gens se present dans la salle capitonnée où il officie, toujours vêtu d’un habit de soie lilas avec l’aide de ses « valets toucheurs »

Le traitement du « baquet »

A partir de 1780, Mesmer propose à ses patients un traitement collectif dit « du baquet » dans une salle qui avait reçu le nom d' « Enfer à Convulsions ». Ce traitement est ainsi décrit par Bailly, rapporteur de la Commission royale qui avait été chargé par Louis XVI d’évaluer la rigueur scientifique du magnétisme animal: « Au milieu d'une grande salle où d'épaisses tentures ne laissent pénétrer qu'un jour fort adouci se trouve une caisse circulaire en bois de chêne: le baquet. Dans l'eau qui remplit à moitié la caisse, sont immergés de la limaille de fer, du verre pilé et d'autres menus objets. Le couvercle est percé d'un certain nombre de trous d'où sortent des branches de fer, cordées et mobiles que les malades doivent appliquer sur les points dont ils souffrent.

Dans un coin de la salle, un piano-forte ou un harmonica joue des airs sur des mouvements variés, surtout vers la fin des séances. Les malades se rangent en silence autour du baquet, une corde passée autour de leur corps les unit les uns aux autres. Si quelqu'un demande à boire, on lui sert une limonade au citron dans laquelle est dissoute de la crème de tartre.

Cependant l'influence magnétique se fait sentir. Quelques malades sont calmes et n'éprouvent rien. D'autres toussent, crachent, sentent quelques légères douleurs et ont des sueurs. D'autres sont agités par des convulsions extraordinaires. »

Le rapport de la commission royale sera sévère pour Mesmer, dénonçant l’absence de morale de ses pratiques : « Ainsi, en se proposant de guérir on excite des émotions agréables et chères, des émotions que l'on regrette parce qu'elles ont un charme naturel pour nous et que, physiquement elles contribuent à notre bonheur. Mais moralement elles n'en sont pas moins condamnables, et elles sont d'autant plus dangereuses qu'il est facile d'en prendre la douce habitude. »

La commission dont faisaient partie notamment Lavoisier, Benjamin Franklin, Jussieu et Bailly conclut que « l'imagination sans magnétisme produit des convulsions… le magnétisme sans imagination ne produit rien »,

Mesmer se decide donc à quitter la France et part pour l’Angleterre. Pendant la Révolution, on le retrouve à Paris où il a le « plaisir » de saluer un de ses accusateurs, Bailly, alors que celui-ci est conduit à l’échafaud. Il retourne à Vienne en 1793 et après être retourné une dernière fois à Paris en 1798, sous le Directoire, dans l’espoir de récupérer une partie de ses biens, il s’installe à Frauenfeld en Suisse où il poursuit ses recherches. Au début de l’année 1815, Mesmer retourne dans son village natal d’Iznang où il meurt le 5 mars d’un arrêt cardiaque.

Source : Legeneraliste.fr

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