Intoxication - Le botulisme reste rare mais son incidence ne varie pas

Intoxication Le botulisme reste rare mais son incidence ne varie pas

18.02.2014
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    Le botulisme reste rare mais son incidence ne varie pas

Selon le dernier BEH, 24 foyers de botulisme humain regroupant 51 cas ont été identifiés en France sur la période 2010-2012. Son incidence reste stable depuis 1991, autour de 10 à 45 cas/an.

Le botulisme est une affection neurologique rare mais grave, caractérisée par des paralysies flasques descendantes. Elle est due à des neurotoxines réparties en 8 types (A à H) selon leurs propriétés immunologiques, et en sous-types sur la base de leur analogie de séquences d’acides aminés.

Sur les 24 foyers déclarés, 11 étaient de type A (23 cas), 10 de type B (24 cas) et 1 de type E (1 cas). Tous les cas de botulisme de type A ont été des formes sévères ayant nécessité une réanimation avec ventilation assistée, avec un décès, alors que les cas de botulisme de type B et E ont évolué sur un mode plus bénin.

Sur les 51 patients observés, plus de la moitié ont été hospitalisés et une femme est décédée. Les symptômes les plus fréquemment rapportés étaient une diplopie (60%) et une dysphagie (59%), suivis par une sécheresse buccale (48%) et des vomissements (47%). Une paralysie des membres a été rapportée pour 28% des patients et une paralysie du diaphragme pour 37%. Les premières phases cliniques du botulisme prêtaient parfois à confusion avec d'autres affections se traduisant par des paralysies flasques, notamment les neuropathies auto-immunes comme le syndrome de Guillain-Barré ou la myasthénie.

Une mauvaise conservation des aliments en cause

L’origine alimentaire a été confirmée dans 60% des foyers. Deux cas de botulisme infantile et 1 cas de botulisme par colonisation intestinale chez un enfant plus âgé ont également été recensés au cours de cette période.

Rappelons que chaque souche de Clostridium botulinum produit un seul type de neurotoxine botulique. Ces souches peuvent se développer dans les aliments (non acides et avec traitement thermique insuffisant). Les conditions d’anaérobiose, comme dans les boîtes ou bocaux de conserves et les emballages sous vide, favorisent la croissance de ces bactéries et ainsi la production de toxines. C’est la consommation de ces aliments contaminés par la toxine qui est responsable de l’intoxication, principale cause du botulisme humain alimentaire. Dans certaines conditions, les Clostridium neurotoxinogènes ingérés peuvent se développer dans le milieu intestinal et produire de la neurotoxine in situ. Le botulisme par colonisation intestinale est observé notamment chez les nourrissons (botulisme infantile). Le botulisme par blessure, qui résulte comme le tétanos d’une contamination de plaie, est rare.

Ainsi, l'aliment responsable a été confirmé dans 14 des 21 foyers alimentaires. Les préparations familiales ont été mises en cause dans 10 des foyers alimentaires confirmés (jambon, conserves de légumes). Des produits commercialisés ont été responsables des 4 autres foyers confirmés (préparations à base d'olives et de tomates séchées, préparation de pâtes fraîches et un pâté).

Les foyers observés étaient répartis dans toute la France. Et le faible effectif cas ne permet pas de délimiter de localisations géographiques « à botulisme ». Toutefois, en considérant l’ensemble des cas survenus sur la période 1991-2012, on peut relever une incidence sensiblement plus élevée dans les départements du centre de la France en relation avec des habitudes alimentaires locales, notamment la consommation de produits de charcuterie n’ayant pas été suffisamment cuits, tels que le jambon cru et séché et autres salaisons.

Déclaration obligatoire maintenue

Selon les auteurs du BEH, « ces données justifient le maintien d’une surveillance attentive du botulisme, comprenant une identification rapide et détaillée des foyers et complétée par des recommandations aux particuliers et industriels sur les problèmes d’hygiène et de conservation des denrées alimentaires ». En France, le botulisme est à déclaration obligatoire et, depuis 1986, sa déclaration a été individualisée des autres toxi-infections alimentaires collectives

Source : Legeneraliste.fr
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