C’est arrivé le... 13 février 1820

C’est arrivé le... 13 février 1820

13.02.2014
  • C’est arrivé le... 13 février  1820 - 1

    C’est arrivé le... 13 février 1820

Guillaume Dupuytren tente en vain de sauver le duc de Berry qui vient d’être poignardé. Pour narrer cet épisode fameux de m’hiqoire de France, laissons la parole à Guillaume Dupuytren qui en fit le compte-rendu à la Chambre des pairs...

«Il était plus de minuit lorsque mon valet vint m'annoncer que Monsieur, frère du roi, était là, que Monseigneur le Duc de Berry était assassiné et qu'on m'attendait. M'habiller, monter en voiture, arriver à l'Opéra fut fait en quelques minutes. Je n'avais eu de ma vie l'honneur de parler au Prince. Cependant, du plus loin qu'il m'aperçut, il m'appela par mon nom, me tendit affectueusement la main et me dit : "Monsieur Dupuytren, je souffre cruellement !...""Ses traits altérés, son teint plombé, son attitude forcée et pénible sur le côté droit du corps, sa respiration courte et fréquente, la plainte qu'il exhalait à chaque instant, la petitesse, la faiblesse et l'irrégularité de son pouls indiquaient assez la gravité de son état.

Il raccompagnait Madame la Duchesse de Berry qui ne désirait pas assister à la deuxième partie du spectacle lorsque tout à coup un homme s'est glissé entre la sentinelle et l'entourage du Prince, l'a assailli par derrière et lui a plongé un poignard dans la poitrine, un peu au dessous du sein droit.

La première sensation du Prince a été qu'il n'avait reçu qu'un coup de coude, mais immédiatement après, il a porté la main à sa blessure et s'est écrié : « Je suis assassiné, je suis blessé à mort, je tiens le poignard ! »

Transporté sur une banquette du corridor, il eut le courage et la force de retirer lui-même le poignard de sa blessure. La quantité de sang que le Prince a perdu ne fut pas considérable..... Après une syncope, l'état du Prince s'est progressivement amélioré, puis l'oppression et les douleurs ont reparu et tout indiquait le plus grand danger et la nécéssité d'agir promptement, si tant est qu'on dût agir...

Plusieurs partis pouvaient être pris :

- fermer la plaie ;

- attendre les effets des traitements mis en usage ;

- continuer les secours qui avaient été donnés ;

- mettre un terme à l'épanchement qui était jusqu'alors la seule cause bien constatée des accidents.

Ce fut ce quatrième parti qui l'emporta, car il offrait plus de chances et était le seul qui permît d'arriver à la cause du mal.

Le consentement de Monsieur étant accordé, la nécessité d'opérer fut aussitôt communiquée au Prince qui y consentit avec courage. Une incision fut faite à la peau. Cette opération avait conduit avait conduit à découvrir une ouverture dans toute la hauteur du quatrième espace intercostal ; elle avait confirmé l'existence d'un épanchement sanguin, mais n'avait pas fait découvrir d'où le sang était parti. Il était dès lors évident qu'on ne pouvait fonder aucun espoir raisonnable sur la continuation de secours de ce genre. Réduits au rôle d'observateurs passifs et probablement impuissants, il nous fallut répondre à toutes les questions d'une famille et d'une cour désolées et, sans les désespérer jamais, il fallait éviter de leur donner des espérances qui ne pourraient pas être réalisées. »

Source : Legeneraliste.fr
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