C’est arrivé … le 8 février 1835.

C’est arrivé … le 8 février 1835.

08.02.2014
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    C’est arrivé … le 8 février 1835.

Mort de Guilaume Dupuytren,. Ce fut le chirurgien le plus célèbre du XIXe siècle, « le Napoléon de la chirurgie » et sa vie fut un roman, à tel point que Balzac le cita plusieurs fois dans La Comédie humaine et plus particulièrement dans César Birotteau et les Illusions perdues.

Après avoir voulu exercer le métier des armes, Dupuytren, né le 6 octobre 1777, choisit de devenir chirurgien sur l’insistance de son père, la tradition familiale voulant qu’on embrasse une profession libérale.

A 18 ans, on le retrouve donc prosecteur de la Faculté de médecine de Paris et à 24 ans, en 1801, chef des travaux anatomiques, responsable de toutes les autopsies pratiquées à l’Ecole de médecine, recommandé par Corvisart. Il donne également des cours de pathologie avec Bayle et Laënnec, son élève, avec lequel il finit par se fâcher ; Il l’accusait notamment de manifester un singulier besoin d'indépendance, « au mépris de toute bienséance et du respect élémentaire que l'on doit à son Maître ». Laennec lui reprochait de s’être attibué sans vergogne des travaux de Bichat.

En 1802, Dupuytren est nommé chirurgien en second de l’Hôtel Dieu où il travaille auprès de Pelletan avec lequel il finira aussi par rentrer en conflit, lui reprochant son approche trop classique de la chirurgie et son manque de goût pour l’innovation.. Son ambition est toujours plus démesurée et il accueille la mort de Bichat, la même année avec une certaine satisfaction : « Enfin, je commence à respirer ! »

En septembre 1803, il soutient sa thèse (tardivement, car les écoles de médecine avaient été supprimées par le gouvernement révolutionnaire) choisissant comme sujet : « Propositions sur quelques points de physiologie et d’anatomie pathologique ». Toujours plus avide de gloire, il accumule les titres et les fonctions au cours des années suivantes : membre de la Société Anatomique, Inspecteur Général à la création de l'Université en 1808, Professeur de Médecine Opératoire en 1811, Chirurgien-chef de l'Hôtel-Dieu en 1815, membre de l'Académie Royale de Médecine à sa création en 1821, Chirurgien de Louis XVIII puis de Charles Xde Charles X et, enfin, Membre de l'Institut de France en 1820 (Académie des Sciences (section de Médecine et Chirurgie).

Le « Brigand de l’hôtel Dieu »

Travailleur infatigable, Dupuytren était aussi impitoyable avec ses collaborateurs et confrères et prêt à tout pour arriver. Un comportement qui lui vaudra les surnoms de « brigand de l’hôtel Dieu » et de « Premier parmi le chirurgiens et dernier parmi les hommes ». Ainsi, par exemple, il dit un jour à Marjolin qui était son second à l’hôtel Dieu : « Vous avez été désigné pour mse remplacer quand je m’absenterai et quand je serai malade. Je vous préviens que je ne m’absente jamais et que je ne suis jamais malade ».

Fait baron en 1816 par Louis XVIII Dupuytren amassa une grande fortune, estimée à trois millions de francs. Il est vrai qu’au sommet de sa gloire, près de 10 000 patients venaient le consulter chaque année.

Après la « Révolution de Juillet « en 1830 etl ’abdication de Charles X, Dupuytren décida de se présenter aux législatives en 1831 mais fut largement battu, ce qui le laissa particulièrment amer : « Maintenant que je suis bien désabusé des grandeurs et des vanités de ce monde, je vais terminer dans le travail une carrière que j'ai été prêt à leur sacrifier... »

La même année, Dupuytren à qui l’on devait déjà plusieurs interventions chirurgicales nouvelles comme la cicatrisation de l’intestin dans les hernies étranglées, publia un article sur la maladie qui portera par la suite son nom et qui se caractérise par un épaississement de l’aponévrose palmaire accompagné d’une rétraction qui limite l’extension des doigts. Il opèra ainsi pour la première fois un homme souffrant de la maladie de Dupuytren, un marchand de vin, sur lequel il pratiqua une fasciectomie. L’opération fut une réussite, le patient retrouvant au bout de huit semaines toutes les fonctionnalités de son doigt.

Dupuytren mourut le 8 février 1835, pionnier de la chirurgie qui laissa pourtant peu de regrets chez ses contemporains : « On ne peut prétendre à la gloire quand on n’a visé que la célébrité ».

Grâce au legs qu’il fit par testament fut crée le Musée Dupuytren, situé aux Cordeliers, consacré aux pathologies anatomiques et qui réunit aujourd’hui près de 6 000 pièces : cires, pièces osseuses, organes en bocaux, photos, peintures, gravures et dessins. L’une des pièces les plus célèbres de ce musée est le cerveau du patient qui permit à Broca de décrire les lésions de l’aphasie.

Source : Legeneraliste.fr

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