C’est arrivé le… 7 février 1979.

C’est arrivé le… 7 février 1979.

07.02.2014
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    C’est arrivé le… 7 février 1979.

Mort du Dr Joseph Mengele, l’«ange de la mort » d’Auschwitz. C’était un monstre, un de ces médecins nazis formés dans le mythe de la pureté de la race, prêt à toutes les absurdités scientifiques pour prouver la supériorité de l’Européen nordique, incarnation parfaite de la race aryenne.

Mengele est né le 16 mars 1911 à Günzburg, une cité médiévale bavaroise sur les bords du Danube. Issu d’une riche famille catholique et nationaliste, il arrive à Munich en 1931 où il adhère immédiatement aux thèses nationales-socialistes. On le retrouve ensuite à Francfort où il étudie la philosophie et la médecine. Il soutient sa thèse en 1935 en ayant choisi un sujet révélateur : « L’examen morphologique de la mâchoire inférieure dans quatre groupes raciaux ». En 1938, il obtient son doctorat et rentre dans la SS sous le matricule 317 885.

La guerre déclarée, il s’engage dans la Waffen SS, servant comme médecin militaire sur le front de l’Est . Mais à la suite d’une blessure à la jambbe, en 1942, il est déclaré inapte au combat. Il rentre en Allemagne avec le grade de SS Hauptstürmfürher et reçoit quatre décorations dont la Croix de fer.

Monstrueux, cruel et abject

Le 30 mai 1943, il arrive à Auschwitz avec la fonction de médecin chef de Birkenau. Sa tache principale est de s’occuper de la sélection des déportés apportés par milliers de l’Europe entière. Désormais pour Mengele c’est une constante escalade dans la monstruosité, la cruauté et l’abjection. Les déportés survivants gardent de lui quelques images terrifiantes, fouettant de sa cravache les déportés refusant leur sort ou abattant froidement d’un coup de revolver une mère qui refuse d’être séparée de ses enfants.

Parallèlement, on le croise régulièrement dans les salles de l’hôpital du camp déambulant « avec son manteau blanc immaculé qu’il porte par dessus son uniforme et sifflant du Wagner ». Il a droit de vie et de mort sur les malades qu’il envoie à la chambre à gaz d’un simple pouce baissé. Il fait aussi un jour tracer une ligne horizontale sur l’un des murs du block des enfants. Tous ceux dont la taille n’atteignent pas la limite fixée sont gazés.

Des expériences sur les nains, les homosexuels et les bossus

Mengele profite aussi de son passage à Auschwitz pour mettre en pratique l’enseignement qu’il a reçu à l’Institut de biologie héréditaire et d’hygiène raciale de Francfort où on lui a appris « que le meilleur moyen de repérer les influences héréditaires était d’étudier les jumeaux » . Mengele va ainsi entamer une série d’effroyables expériences sur les jumeaux, mais aussi sur les nains, les homosexuels, les bossus… Sinistre « collectionneur » d’anomalies physiques, il s’intéresse aussi à une maladie qui provoque de graves mutilations faciales, le noma. Pour en étudier l’évolution, il se sert d’enfants tziganes chez qui cette pathologie est fréquente et les gave de sulfamides et de vitamines. Mais dès que des progrès sont observés, attestant de l’efficacité de son traitement, il l’interrompt, envoyant ces enfants à la mort.

Fasciné aussi par les jumeaux, Mengele les traite comme des rats de laboratoire, leur injectant ou appliquant sur leur peau diverses substances chimiques…

Mengele va poursuivre ses épouvantables activités jusqu’en janvier 1945, peu avant la libération du camp par l’Armée rouge. Rentré dans sa famille, en Bavière, il vit quelques années paisibles, parents et voisins ne voyant en lui qu’un brave soldat qui avait fait son devoir. Mais, au fil des ans, les langues commencent à se délier et les témoignages des survivants d’Auschwitz remontent à la surface. Les preuves accablantes s’accumulant tant et plus, les Américains qui contrôlent la Bavière, se décident à se pencher sur son cas. Sentant le vent tourner, Mengele fuit l’Allemage. On le retrouve successivement à Merano, en Italie, puis en Espagne ou il organise son exil en Amérique du Sud.

Pignon sur rue à Buenos Aires

En 1952, il a pignon sur rue à Buenos Aires où il a ouvert un cabinet médical, fort de ses excellentes relations avec le président Juan Peron et sa police. Mais, à la chute du dictateur, en 1955, Mengele – tout comme la plupart des nazis exilés en Argentine - doit trouver un nouveau point de chute. Ce sera le Paraguay et le début d’une longue cavale, recherché par les autorités allemandes et poursuivi par les agents du Mossad israélien. Mais si ceux-ci ont réussi à mettre la main sur Adolf Eichmann, autre grand criminel de guerre, il ne pourront jamais capturer Mengele qui après avoir quitté Asuncion, se réfugiæ dans une province reculée du Paraguay où il vit sous divers noms d’emprunt : Dr Gregor Gregorry, Dr Fritz Fischer…

Finalement, Mengele passe les dernières années de sa vie dans un modeiste deux-pièces de la banlieue de Sao Paulo, au Brésil. C’est dans ce pays qu’il meurt noyé le 7 février 1979…

D’autres monstres...

Mengele est passé à la postérité comme « l’ange de la mort ». Mais bien d’autres médecins nazis auraient mérité cette appellation comme enattestent les extraits de ce rapport publié à Varsovie en 1948 sur « Les crimes allemands en Pologne » :

« Il y a des preuves irréfutables qui démontrent que certaines expériences ont été faites sur des hommes vivants. Ce sont les dépositions de plusieurs témoins et le compte rendu de la séance de la Section de chirurgie du 16 décembre 1943 qui cite notamment: 90 castrations, 10 ablations d'ovaires et une ablation de l'oviducte. Les expériences avaient lieu dans le Block 10 du camp principal. On peut les classer comme suit : expériences visant à l'examen du cancer, expériences de stérilisation, expériences hématologiques et sérologiques. Le plus souvent, des juives étaient employées à cet effet. Beaucoup d'entre elles furent à plusieurs reprises l'objet d'expériences. On constata, après quelques essais, qu'une fois opérées, les femmes n'étaient plus bonnes pour les expériences et dès lors on les expédiait directement aux chambres à gaz.

Les expériences de stérilisation au moyen de rayons étaient l'oeuvre du professeur Schumann de Berlin, lieutenant d'aviation de la Wehrmacht. Beaucoup de femmes vomissaient violemment après de telles expériences, beaucoup moururent peu après. Au bout de trois mois, chaque opérée subissait encore deux opérations de contrôle, pendant lesquelles une partie de leurs organes était incisée afin d'en vérifier l'état. C'est probablement à la suite de transformations hormonales provoquées par ces opérations que les jeunes filles vieillissaient précocement et faisaient l'impression de femmes âgées »

« Quant aux hommes, un testicule seulement était soumis à l'insolation. Après cette opération, ils retournaient aux Blocks généraux et, après un repos d'une journée seulement, ils étaient remis au travail, sans qu'on tienne compte de leur état de santé. Beaucoup d'entre eux succombaient à la première expérience. Ceux qui y avaient survécu étaient au bout d'un mois castrés par le même Schumann, qui collectionnait les testicules coupés et les expédiait à Berlin. On choisissait pour ces expériences des hommes et des femmes jeunes et robustes, le plus souvent des Juifs de Grèce. Au cours d'une séance, trente femmes environ étaient soumises à l'insolation. De telles séances étaient organisées par Schumann deux ou trois fois par semaine. Mais c'est le Pr Clauberg, gynécologue allemand, qui fut le principal expérimentateur sur des êtres humains vivants. »

Effroyable...

Source : Legeneraliste.fr
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