Parcours de soins - Comment la Sécu veut déshospitaliser les patients

Parcours de soinsComment la Sécu veut déshospitaliser les patients

22.10.2013

Après le lancement il y a trois ans de «Prado maternité» et sa généralisation en 2012, la Sécu entend mettre l’accélarateur sur l’amélioration de la coordination ville-hôpital. «Prado orthopédie» actuellement testé va être généralisé l’année prochaine et un service de suivi d’hospitalisation à domicile pour les insuffisants cardiaques est en cours d’expérimentation depuis mai 2013.

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    Comment la Sécu veut déshospitaliser les patients

Plus de ville et moins d’hôpital. C’est en résumé l’objectif affiché par l’Assurance maladie forte d’un bilan « satisfaisant », selon elle, du dispositif « Prado » (projet d’aide au retour à domicile) maternité généralisé à l’ensemble du territoire en 2012. Près de trois ans après le démarrage de l’accompagnement du retour à domicile après l’accouchement, plus de 120 000 adhésions ont été enregistrés. Et depuis juillet 2013, trois femmes sur dix ayant eu un accouchement par voie basse ont bénéficié de ce programme. L’Assurance maladie a mené une évaluation du dispositif auprès de 100 000 femmes. Il en ressort que les jeunes mères adhérentes bénéficient, dans les 12 jours qui suivent leur accouchement, de près de 2 visites de sages-femmes contre seulement 0,5 visite parmi les femmes éligibles au service en 2012. Les bénéficiaires du service sont également plus nombreuses à réaliser la rééducation post-natale. Selon les données de l’Assurance maladie, la durée de séjour des femmes bénéficiant de ce programme apparaît plus courte que celles des autres femmes : 3,98 jours versus 4,07 jours. A en croire l’étude de l’Assurance maladie, 91% des jeunes mamans qui ont bénéficié de ce service se déclarent ainsi très satisfaites.

Au vu de ces résultats positifs, l’Assurance maladie veut désormais généraliser le « Prado » orthopédie en 2014, actuellement en expérimentation dans 30 départements depuis 2011. Son principe est semblable à celui du Prado maternité : permettre aux patients qui ont eu une intervention de chirurgie orthopédique de bénéficier d’une prise en charge à domicile par des professionnels de santé de ville. Dans ce dispositif, le médecin traitant est informé par le conseiller de l’Assurance maladie que son patient a rejoint le programme. Avec un taux d’adhésion de 80%, le dispositif semble plutôt bien fonctionner. L’âge moyen des assurés participant est de 67 ans par exemple pour la prothèse de hanche et de 61 ans pour l’intervention liée à l’épaule ou au genou. Le bilan mené par la Sécu montre que 83% des patients concernés sont « très satisfaits » et 15% « plutôt satisfaits » par ce programme.

6 villes pionnières

Toujours dans un souci de réduire les hospitalisations et de favoriser une meilleure coordination ville-hôpital, la Cnamts a lancé fin mai 2013 à Bordeaux une expérimentation consacrée à l’insuffisance cardiaque en lien avec le médecin traitant. Actuellement Strasbourg, Amiens, Rennes, Rouen et Nancy participent également au projet. L’idée ici est de proposer une offre de suivi à domicile sur une période de six mois suivant l’hospitalisation à une population plus exposée à la réhospitalisation. Durant les deux premiers mois, l’assuré volontaire qui a souhaité adhérer au programme rencontre son médecin traitant dans les huit jours qui suivent sa sortie d’hôpital et l’infirmière intervient toutes les semaines à domicile. Au bout d’un mois, le patient consulte également son cardiologue. A deux mois, le programme prévoit également que le médecin traitant réalise une consultation longue pour ensuite moduler l’accompagnement le cas échéant. A ce jour, cent patients ont pu bénéficier de ce programme. Un premier bilan sera réalisé à la fin de l’année 2013.

Des expérimentations qui devraient faire des émules puisqu’en 2014 la Sécu a déjà prévu d’étendre le dispositif pour la prise en charge à domicile après une hospitalisation pour BPCO et pour les patients souffrant de plaies chroniques. Ainsi, en 2014 plus de 200 000 assurés devraient être concernés par au moins l’un des volets du service Prado, selon les estimation de l’Assurance maladie.

Caroline Laires-Tavares
Source : Legeneraliste.fr

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