Personnes âgées - Sur la fin de vie, les Ehpad peuvent encore s’améliorer

Personnes âgéesSur la fin de vie, les Ehpad peuvent encore s’améliorer

11.09.2013

Selon une étude menée auprès de l’ensemble des Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (Ehpad), l’accompagnement de la fin de vie dans ces institutions reste très inégal. Les médecins généralistes sont encore peu sensibillisés à la fin de vie, estiment la plupart des médecins coordonnateurs interrogés dans l’enquête.

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    Sur la fin de vie, les Ehpad peuvent encore s’améliorer

Chaque année 90 000 personnes âgées meurent dans les Ehpad dont plus d'un quart sans avoir été entourés par leurs proches. L’Observatoire national de la fin de vie a mené une étude auprès de 3 705 établissements du 10 mai au 30 août 2013 qui a permis d’évaluer pour la première fois les conditions de la fin de vie dans ces institutions. Et le constat ne laisse pas indifférent... Les résultats montrent que «malgré les efforts accomplis ces dernières années, l'accompagnement de la fin de vie dans les maisons de retraite médicalisées reste très inégal».

Lorsqu'un résident est en fin de vie, la grande majorité des Ehpad offre la possibilité de l'installer dans une chambre individuelle. Toutefois, dans 29% des établissements ce n'est pas systématique et dans 5% des cas c'est même impossible. Un total de 25% des Ehpad n'ont de liens avec aucune équipe de soins palliatifs. Alors que chaque Ehpad est confronté à 20 décès par an en moyenne, un médecin coordonnateur sur cinq (21%) n'a aucune formation à l'accompagnement de la fin de vie. Bien que la plupart des Ehpad (84%) rapportent qu’elles impliquent les médecins traitants dans l’accompagnement de la fin de vie, 92% des médecins coordonnateurs interrogés dans l’enquête constatent l’absence de sensibilisation à la fin de vie des médecins traitants. Un constat qui renvoit à un précédent rapport de l’Observatoire qui estimait que seuls 2,5% des médecins généralistes avaient été formés à la fin de vie.

Des conditions qui pourraient être améliorées

Plus préoccupant sans doute : le manque de lien avec les unités de soins palliatifs. Si globalement selon l’étude les Ehpad se sont organisées pour accompagner au mieux la fin de vie, un quart des maisons de retraite n’ont aucun lien avec des équipes ressources. Les résultats soulignent également que l’absence d’infirmier la nuit (seulement 14% des Ehpad disposent de personnel infirmier la nuit) n’est pas sans conséquence quand on sait que le taux d’hospitalisation en urgence des personnes décédées en Ehpad de façon non soudaine baisse lorsque l'établissement a du personnel infirmier de nuit (24% contre 16%).

Ces conditions de fin de vie pourraient être améliorées «grâce à des mesures simples et peu coûteuses», selon l’Observatoire qui se montre persuadé que c’est «surtout une question de volonté politique». Un appel auquel la ministre déléguée aux personnes âgées, Michèle Delaunay, a très vite répondu en déclarant que son objectif est que «chaque Ehpad soit de manière effective en lien avec des unités de soins palliatifs». «Nous travaillons à développer la formation des médecins coordonnateurs à l'accompagnement de la fin de vie» et des expérimentations sont en cours pour «mutualiser des infirmiers de nuit entre plusieurs Ehpad proches géographiquement», assure la ministre.

Caroline Laires-Tavares
Source : Legeneraliste.fr

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