Déserts médicaux - Une jeune généraliste Francilienne signe le premier contrat de praticien territorial

Déserts médicauxUne jeune généraliste Francilienne signe le premier contrat de praticien territorial

03.09.2013

Deux semaines après la parution au Journal Officiel des textes permettant la création du contrat de praticien territorial, l’Agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France vient d’annoncer sa première signature. La jeune médecin installée à Aubervilliers inaugure un nouveau dispositif qui espère bien faire d’autres émules...

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    Une jeune généraliste Francilienne signe le premier contrat de praticien territorial

Elle est jeune et s’est installée depuis plusieurs semaines dans un cabinet d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, avec deux autres généralistes. La première signataire du contrat de "praticien territorial" a été contactée par l’ARS Ile-de-France peu de temps après l’avoir rencontrée lors d’une permanence locale d’aide à l’installation. Un projet professionnel déjà murement réfléchi et qui n’a nullement été influencé par les avantages que propose le contrat. La future médecin, âgée de 27 ans, souhaitait déjà s’installer en libéral et poser ses valises dans cette commune de Seine-Saint-Denis, identifiée comme un « territoire fragile » par les pouvoirs publics. Il ne restait plus qu’à venir lui proposer le contrat… qu’elle voit d’ailleurs comme un véritable «filet de sécurité». «J’avais envie de m’installer avant de signer ce contrat mais c’est vrai que le dispositif est rassurant sur le plan financier et il permet aussi de tisser des liens avec le réseau de soins du département grâce à l’ARS, ce qui constitue un deuxième avantage», explique le Dr Tiphaine Loiseaux. Pas «très contraignant» selon elle, le contrat apporte une «certaine sérénité» et permet «de ne pas être obsédée par le nombre de patients».

200 contrats avant fin 2013

Annoncé fin 2012 par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, dans son « Pacte Territoire-Santé » pour lutter contre les déserts médicaux, le dispositif, dont les textes sont parus au JO le 15 août dernier, doit permettre de faciliter l’installation des médecins dans des zones où l’offre médicale est insuffisante. En contrepartie d’un revenu net mensuel garanti de 3 640 euros et des avantages en matière de protection sociale (un complément de rémunération forfaitisé est versé pendant trois mois en cas d’arrêt maladie ou pendant toute la durée d’un congé de maternité), le médecin signataire s’engage pendant deux ans à réaliser au moins 165 actes par mois à tarifs opposables et à assurer la continuité des soins. 200 contrats devront être signés sur tout le territoire dont 15 en Ile-de-France avant la fin de l’année. Reste à savoir si le succès sera au rendez-vous…

Un seuil pas «pertinent» et «difficile» à atteindre

Pour l’heure, les ARS sont dans les starting-blocks et parcourent les permanences locales dans le but de trouver preneur. Mais alors que des réunions s’organisent avec les institutions ordinales, les doyens de facultés de médecine et les enseignants de médecine générale pour faire connaître le dispositif, d’autres pointent déjà les limites du système. A commencer par le président d’Union Généraliste, le Dr Claude Bronner, pour qui l’idée du seuil minimum de 165 actes par mois n’est pas pertinente poussant à « la chasse à l’acte » et n’étant pas « évident » à réaliser dans certaines zones surtout pendant l’été. Il aurait fallu selon lui inscrire un seuil négociable en fonction des situations et à l’année. Enfin, si l’arrêt de travail est pris en charge à compter du 7ème jour au lieu du 90ème dans le système libéral classique, le Dr Bronner souligne que cela reste tout de même « moins bien que le premier jour à l’hôpital ».

Caroline Laires-Tavares
Source : Legeneraliste.fr
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