Maladies infectieuses - Le grand retour des oreillons dans l’Hexagone

Maladies infectieusesLe grand retour des oreillons dans l’Hexagone

14.08.2013

Avec de plus en plus de cas groupés survenant chez de grands adolescents ou de jeunes adultes, les oreillons font à nouveau parler d’eux en France. Saisi sur les mesures à mettre en oeuvre pour éviter la diffusion du virus, le HCSP écarte l’idée d’une vaccination supplémentaire en population générale -sauf en collectivité- mais prône une attention accrue.

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    Le grand retour des oreillons dans l’Hexagone

Après la rougeole, les oreillons ? Dans un avis rendu publique vendredi dernier, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) fait état d’une multiplication des cas d’oreillons dans l’hexagone. « Depuis ces derniers mois et en particulier au cours du printemps 2013, plusieurs épisodes de cas groupés d’oreillons ont été signalés aux Agences Régionales de Santé et à l’Invs", rapportent les experts du HCSP. « Il s’agit le plus souvent d’épidémies survenant dans les collectivités de grands adolescents et ou de jeunes adultes telles qu’internats, grandes écoles, universités et plus récemment casernes » précise l’institution.

Plus de 13 000 cas estimés

Pour l’Invs, qui alertait déjà sur le sujet en Juin dernier, « l’apparition de ces foyers épidémiques -pouvant inclure jusqu’à une trentaine de cas- témoigne d’une intensification de la circulation du virus ». En d’autres termes, le phénomène observé signerait bel et bien une « recrudescence des oreillons ». Les chiffres disponibles sur le site du réseau Sentinelles confirme la tendance avec plus de 13 000 cas estimés depuis le début de l’année 2013 contre moins de 4000 pour toute l’année 2012.

Même en hauts lieux la menace semble prise au sérieux, la DGS ayant saisi début Juin le HCSP sur les éventuelles mesures à mettre en oeuvre pour éviter la diffusion du virus. Avec en toile de fond notamment la question d’un éventuel rappel vaccinal ou 3ème dose. Car si pour la récente épidémie de rougeole, la plupart des cas survenaient chez des personnes non ou mal vaccinées, l’épidémie ourlienne semble en revanche toucher majoritairement des sujets vaccinés. Les résultats préliminaires d’une enquête menée dans 5 régions françaises concernées ((Rhône Alpes, Champagne-Ardennes, Pas de Calais, Ile de France et Aquitaine) montrent ainsi que sur 124 sujets touchés dont le statut vaccinal était connu, la majorité (73%) avaient reçu les 2 doses recommandées, un quart n’avaient bénéficié que d’une injection, et seuls 3 d’entre eux n’étaient pas du tout vaccinés. Des données provenant d’autres pays ayant connu des épidémies similaires confortent ce résultat avec globalement 60% à 80% des cas d’oreillons survenant chez des patients correctement vaccinés.

Epuisement vaccinal ?

Plus qu’à un défaut de couverture vaccinale, l’épidémie actuelle pourrait donc être liée davantage à un certain « épuisement » de l’efficacité vaccinale avec le temps. Une étude menée en Belgique a ainsi montré que le risque de développer les oreillons après avoir été vacciné par au moins une dose de vaccin augmentait de 27% tous les ans après la dernière injection.

« Dans un contexte de population avec des couvertures vaccinales élevées, le délai depuis la dernière dose reçue joue un rôle important » reconnait le HCSP. Pour autant les experts ne recommandent pas pour le moment l’administration en population générale d’une troisième dose de vaccin. Le schéma vaccinal tel que préconisé dans le dernier calendrier vaccinal -avec l’administration d’une 1ère dose à l’âge de 12 mois et d’une 2nde dose entre 16 et 18 mois- reste donc la règle.

En revanche, le HCSP préconise qu’en situation de cas groupés d’oreillons dans une collectivité (école, université, internat, caserne, club sportif…), « une 3e dose de vaccin soit systématiquement proposée aux personnes déjà vaccinées à 2 doses et dont la 2nde dose a été administrée depuis plus de 10 ans ».

Dans ces situations, le HCSP recommande également que « 2 à 3 cas soient documentés sur le plan virologique par un diagnostic moléculaire (PCR) » et que « des investigations permettant de connaître le statut vaccinal (nombre de doses et dates des vaccinations) des personnes atteintes et non atteintes » soient réalisées.

Bénédicte Gatin
Source : Legeneraliste.fr
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