Les courriers de notre grande enquête - Paroles de généralistes : «DPC, c’est le grand bazar !»

Les courriers de notre grande enquêteParoles de généralistes : «DPC, c’est le grand bazar !»

09.08.2013

Notre enquête sur le DPC a suscité de nombreux courriers de médecins généralistes. Nous n’avons pu les publier tous dans notre dernier numéro d’été. Il était temps de redonner la parole à ces confrères. Cette semaine, c’est la complexité du dispositif qui participe à l’incompréhension des praticiens internautes. Les commentaires sont sévères. Usine à gaz ou Serpent de mer ? Pour certains, ce sont les deux à la fois.

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    Paroles de généralistes : «DPC, c’est le grand bazar !»

Compliqué, insuffisant et castrateur

La formation continue efficace repose essentiellement sur quatre piliers : les réunions de formation post-universitaire organisées au niveau loco-régional, les congrès de médecine, les revues de formation continue et la FMC du web. Le point commun de ces quatre composantes est un financement très largement assuré par l'industrie pharmaceutique. Or, c'est ce système de financement qui, surfant sur la vague « moralisatrice » actuelle, est remis en question. On est en train de casser un outil, certes imparfait, mais ayant malgré tout rempli son rôle avec une grande efficacité, sans proposer de solution alternative. Le DPC à lui seul est largement insuffisant pour accomplir notre FMC, or, il est le seul qui bénéficie actuellement d'un financement actuellement et, à l’heure actuelle, il ne faut rien espérer de l'Etat. Si nous voulons continuer à apprendre, il faut donc se préparer à prendre notre FMC en charge et il n'est pas admissible que la FMC traditionnelle ne bénéficie pas de financement au même titre que le DPC. Le DPC me parait exagérément compliqué dans sa mise en œuvre, nettement insuffisant en particulier pour le DPC, castrateur pour la FMC traditionnelle qui percevra de moins en moins de subsides. Je préfère les FMC qui font appel aux universitaires qui seuls ont la hauteur de vue pour nous garantir une compréhension plus large des pathologies et de leurs traitements. Avec le DPC, j'ai vraiment la sensation de baigner dans les connaissances consensuelles sans espoir de toucher le « plus », la recherche, les innovations. Ce qui n'est pas motivant, voire peu gratifiant. Je n'ai pas attendu le DPC pour entretenir mes connaissances. Vive la FMC qui nous a formé depuis des lustres. Cela dit, le DPC va rapporter gros aux ODPC - et sur notre dos – avec, à la clé une amélioration nettement insuffisante de nos connaissances.

Dr Pascale Faïsse, Alès (Gard)

Un forfait inutilisable

La nouvelle version du DPC est une usine à gaz ! On se trouve limité à 3-4 journées de formation indemnisées dans l'année au lieu de 8. Par ailleurs, le forfait global de 3 700 euros est inutilisable : soit on est en-dessous, soit on est au-dessus avec comme conséquence qu'il faut qu'on indemnise nous même l'organisme formateur, alors qu'on cotise déjà au FAF pour avoir droit à une formation. Bref, ce DPC est encore un truc technocratique

Dr Eric Bernard, Sainte-Anastasie-sur-Issole (Var)

Manque de temps

Je suis récalcitrant au DPC, n'ayant déjà pas le temps de me former par moi- même à travers la lecture d’articles médicaux (presse et revues médicales). Si j’en avais davantage, je pourrais améliorer ma pratique en tenant plus correctement mes dossiers. Si les médecins avaient moins de paperasse à remplir, ils pourraient consacrer plus de temps à leur profession et améliorer la qualité de leur travail.

Dr Guy Daviau, Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)

Flou persistant

Il est incroyable que le flou actuel puisse perdurer en matière de DPC.

Dr Pascale Abit, Vallabrix (Gard)

Incompréhensible

Le processus fonctionnait mieux avant. Actuellement, c'est incompréhensible.

Dr François Decagny, Treillières (Loire-Atlantique)

Le grand bazar

C'est le grand bazar ! Rendez nous nos sous volés par l'hosto !

Dr Philippe Deschamps, Baigneux-les-Juifs (Côte-d’Or)

Démotivant

La motivation est, à l'évidence, le ressort décisif de l'activité humaine en général et de la formation en particulier. Notre métier et notre formation ne peuvent échapper à ces règles. La question centrale devient : comment motiver les médecins à se former (réellement) davantage. Libellée de façon décalée, la question peut devenir : comment forcer quelqu'un à boire ? Plus d'Etat, c'est souvent moins de motivation. La crainte à avoir, c’est que toutes ces bonnes intentions ne nous conduisent pas à encore plus d'Etat et plus de médecine libérale du tout. Pour parodier, disons que médecine sans motivation n'est que ruine des âmes…

Dr Jean-Marie Bourgeois, Nîmes (Gard)

Une réforme de plus…

Il faut nous laisser apprendre, nous faire plaisir en nous enrichissant mutuellement. Ne rajoutons pas plus de stress et de surcharge que nécessaire. Soyons rémunérés à la hauteur de notre investissement. Il fuat arrêter de nous prendre pour des cons depuis le temps que cette formation doit être mise en place, qu'elle change de nom ou de forme, qu'elle change de mode de financement pas trop transparent, qu'elle nous est imposée plutôt que nous la choisissons, avec la sensation d'être à l'école... Tiens, cela nous rappelle les réformes de l'Education nationale qui changent avec les ministres depuis des années et des années et qui ne sont efficaces que pour les technocrates de bureau qui les conçoivent et qui le croient. Tout cela est lassant…

Dr Robert Camilleri, Lieusaint (Seine-et-Marne)

Du temps perdu

Pour avoir validé mon EPP il y a quelques années, je trouve cela très chronophage avec beaucoup de temps perdu pour arriver à des conclusions qui auraient pu être beaucoup plus rapides. Je pense que le DMP sera du même type avec énormément de temps perdu (présentations de dossiers, recueil de données…). Pourquoi ne pas faire tout simplement une séance trimestrielle de formation en amphi pour tous les médecins du secteur ? Cela coûterait beaucoup moins cher en temps et en argent ?

Dr Laurent Mathiote, Jarville-la-Malgrange (Meurthe-et-Moselle)

Non au e-DPC

Je travaille seul et pour moi, outre la formation, il est intéressant d'échanger avec mes confrères. C’est pourquoi je ne serai pas accro au e-DPC.

Dr Jean-Jacques Billon, Saint-Martin-de-Belleville (Savoie)

Délirant

Le DPC est l'exemple même du délire dont est capable la technocratie avec la complicité des syndicats à la botte. Je souhaite seulement que cette l'obligation de DPC soit soumise à sanction pour qu'au moins une fois dans sa vie cette profession de veaux qui est la mienne se révolte contre l'injure qui lui est faite, à l'initiative de politiques loin d’être au top en matière de formation professionnelle, comme des exemples récents l’ont amplement montré.

Dr Hervé Gourio, Douarnenez (Finistère)

Manque de confiance

Le doute méthodique se cultive dans son jardin professionnel. Toute tentative de contrainte n'entrainera que des retards de croissance et de mauvaises récoltes. La confiance, sacro-saint principe de base de la médecine ne s'acquiert jamais par la contrainte !

Dr Bruno Bonotto, Bergerac (Dordogne)

Coupé de la réalité

Une vraie formation continue répondant aux réels besoins de formation et d'évaluation des pratiques au quotidien est plus que jamais nécessaire. Ce n'est en rien ce qui est proposé par le DPC qui reste une usine a gaz…

Dr Jean-Bernard Perrein, Bordeaux (Gironde)

Du vent

Tout ça, c’est du vent ! Et des millions volés par des… voleurs ! Des questionnaires à choix multiples annuels standards pour tous qui ne préjugent que des connaissances et pas des pratiques et tout irait bien. Les routiers et les pilotes, on les teste, mais on ne leur demande pas de dire où ils vont , ni avec qui. Quant aux formations , c’est à se taper le derrière par terre devant autant de bêtise dans le choix des thèmes ! Autant dire qu’il n y a pas de facs de médecine et que nous avons tous gagnés nos diplômes au loto !

Dr Michel Alessandri, Marignane (Bouches-du-Rhône)

Flicage

Je suis pour la formation continue des médecins, mais la rendre obligatoire me dépasse car j’ai l’impression d’être pris pour un irresponsable… Comment pourrait-on exercer actuellement sans s’informer et se remettre en question ? Il n’y a pas besoin de flicage !

Dr Georges Raidelet, Epinal (Vosges)

Une lecture des recos de la HAS

Je crains que la DPC ne se base que sur les recommandations de la Haute Autorité de santé et que les journées de formation ne soient qu'une lecture approfondie de ces recommandations.

Dr Claudine Brygo-Nougier, Saint-Cannât (Bouches-du-Rhône)

Abscons

Le site dédié au DPC est abscons. Impossible de savoir ce qu'il y a lieu de faire : où, quand et comment.

Dr Didier Condroyer, Tarbes (Hautes-Pyrénées)

Trop compliqué

Le DPC actuel est trop compliqué ! Je ne ferai pas de formation dans ces conditions alors que je faisais mes 8 journée de FMC chaque année.

Dr Marthe Reyem, Voiron (Isère)

Inadéquat

J’étais satisfait des formations sur deux jours qu’on avait l’année dernière, mais pas du tout des formations de DPC actuelles. De plus, les thèmes de formation ne sont pas en adéquation avec notre pratique.

Dr Alain Corneil, Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes)

Contrainte

Je fais de la FMC, mais je n’ai pas envie de le prouver ! Pourquoi faire peser toujours plus de contrainte sur les seuls médecins ?

Dr Dominique Baconnet, Dôle (Jura)

Scandale

Le DPC n'est pas en train de se mettre progressivement en place. Il est déjà prêt ! Le scandale, c'est la mise en place par l'OGDPC. Le scandale, c'est la diminution de nos nombres de journées de formation. Les médecins sont fatigués d'aller se former en soirée. Dégageons nous du temps sur nos horaires de travail pour nous former

Dr Isabelle Cibois-Honnorat, Mirabeau (Vaucluse)

Sujétion

Il faut laisser aux médecins ce qui leur appartient et la FMC doit être gérée par eux seuls ! La tutelle administrative, en utilisant les statistiques, oriente les besoins mais finissons en avec SOPHIA qui coûte un argent fou tout en traduisant la sujétion de notre profession et la défiance à son endroit. L'informatique ne doit pas tuer l'humanisme ; la médecine scientifique reste un art qui suppose ses qualités propres.

Dr François Lutringer, Pfastatt (Haut-Rhin)

Serpent de mer

Malheureusement, la formation continue et l'évaluation des pratiques sont des serpents de mer qui changent en fonction des pouvoirs des uns et des autres, sans continuité, et, bien sûr, en fonction des finances de l’Etat. Alors…

Dr Patrice de Labarre, Créon (Gironde)

Cherchez l’erreur !

Cela fait 32 ans que je dis que je suis fonctionnaire de l'Etat avec tous les inconvénients, mais sans aucun avantage, obligé de travailler 70 heures par semaine... Ma femme est fonctionnaire, ex-enseignante dans un lycée. Elle a le même âge que moi (60 ans) et elle touche depuis 2 ans une retraite supérieure à celle que je serais censé toucher dans 6 ans… Cherchez l'erreur ! Vous pouvez ainsi comprendre pourquoi les jeunes toubibs veulent être salariés.

Dr Philippe Herbert, Hambye (Manche)

Formatage

La FMC ne regarde ni la CPAM, ni le ministère. Actuellement c'est un objet de formatage. Pourquoi n'avons nous pas d'études cliniques sur la médecine générale ? Celle-ci n'est pas compréhensible par un CHU. La mortalité sur la route n'a pas baissé en améliorant les centres de traumatologie. Un autre monde existe en dehors des hôpitaux, surtout universitaires.

Dr XYZ (Haut-Rhin)

Tarte à la crème

Le DPC est une tarte à la crème qu'on nous ressert régulièrement, il n'est viable et acceptable que si la médecine générale cesse d'être libérale et que le libre choix du médecin n'est plus (médecin généraliste salarié aux 35 heures, incluant le temps du DPC).

Dr Christophe Lamarre, Roubaix (Nord)

Stéréotypé

Les nouveaux programmes de DPC me semblent trop stéréotypés et trop correspondre aux objectifs financiers voulus par l'Assurance Maladie. Ils ne font pas suffisamment place aux formations basées sur le relationnel avec les patients.

Dr Alain Pichard, Cancon (Lot-et-Garonne)

Infantilisation

Arrêtons d'infantiliser les médecins. Laissons les se former en leur permettant de travailler correctement !

Dr Françoise Sanquer, Quimper (Finistère)

Manque de convergence

Les praticiens hospitaliers ont 15 jours de formation et les enseignants hospitaliers 6 semaines. Les libéraux, qu'ils soient praticiens et/ou maitre de stage et enseignant : 6 demi-journées ! il faut une convergence, sauf à vouloir des hospitaliers mieux formés que les libéraux.

Dr Jean-Michel Mathieu, Semblançay (Indre-et-Loire)

Aucun respect

J'aimerais être considérée comme un adulte qui a droit au choix thérapeutique et, donc, à l'erreur sans devoir suivre des règles pas toujours aussi bien adaptées que la théorie le laisserait croire. Soigner n'est pas seulement un commerce, sinon il faudrait revaloriser la consultation. Je ne me sens pas du tout redevable envers les caisses avec un si faible revenu. Et être achetée à coup de forfait relève du bourreau qui continue de taper plutôt que d'un respect envers une profession choisie difficilement (concours très sélectif) pour son impact humaniste.

Dr Marie-Christine Hantz, Villard-de-Lans (Isère)

Inintéressant

Je n'ai pas attendu le DPC pour me former. Ce système est contraignant et inintéressant. Il m'empêche de me former correctement en prenant le temps habituellement consacré à d'autres formations plus adaptées à la pratique médicale et aux spécificités de ma patientèle.

Dr Christophe Belliard, Mayenne (Mayenne)

Terrifiant !

Seul bémol actuel : l'usine à gaz de l'OGCDPC version 2013 qui vous décourage d’arriver à trouver des formations. Difficile de faire plus compliqué (comme d'habitude dans notre doux pays). Terrifiant !

Dr Jean-Luc Larousse, Saint-Lubin-des-Joncherets (Eure-et-Loir)

Désespérant

Pour moi, le DPC est une nouvelle contrainte qui n'incitera pas pour autant les jeunes a choisir la médecine générale. Le peu de temps libre sur des semaines de 60 heures ou plus à reparler médecine... Il me reste l'espoir qu'il faille encore 10 ans avant sa mise en place. Ma formation s'est arrêtée le jour où les soirées labo avec formation suivie de repas avec conjoints ont été interdites.

Dr Eric Fenêtrier, Aubagne (Bouches-du-Rhône)

Un grand pas en arrière

Avec le DPC, En 2013, on passe de 8 journées de formation indemnisées à 4 journées maximum : un grand pas en avant dans la marche arrière du progrès médical.

Dr Luc Dhouailly, Cambrai (Nord)

Mascarade !

Je prends ma retraite dans 45 jours, bien content de ne plus me soucier de cette mascarade ! Est-ce que les diplômés de l’ENA (Ecole Nationale d'Abrutissement) ont une formation continue ?

Dr Jean Dubar, Saint-Maurice-de-Beynost (Ain)

FMC, EPP, DPC…

FMC, puis EPP et DPC maintenant… Seuls les noms changent, le reste c'est du vent et de la pub pour dire qu'en France on évalue !

Dr Michel Garnon, Strasbourg (Bas-Rhin)

On démolit la FMC !

En diminuant le nombre de journées de formation indemnisées et sans mesures réellement incitatives pour y participer, il me semble clair que le gouvernement veut démolir la FMC…

Dr Michel Chay, Tarascon (Bouches-du-Rhône)
Source : Legeneraliste.fr
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