Paludisme - À chaque pays sa chimioprophylaxie

PaludismeÀ chaque pays sa chimioprophylaxie

04.08.2013

Le BEH 2013 consacré aux recommandations sanitaires pour les voyageurs a remis à jour les données concernant la chimioprophylaxie antipalustre à respecter en fonction des pays visités. La chimioprophylaxie seule ne suffisant pas, les mesures barrières – dont les répulsifs antimoustiques – restent incontournables.

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    À chaque pays sa chimioprophylaxie

En France, le nombre de cas de paludisme d’importation a été estimé à environ 3 510 cas en 2012 (dont neuf décès), soit une diminution de 1,3 % par rapport à 2011, selon les Recommandations sanitaires pour les voyageurs du Haut conseil de la santé publique parues dans le BEH du 4 juin. Le nombre de formes graves est en augmentation par rapport à 2011 (198 cas contre 135 cas en 2011). Les pays de contamination sont toujours majoritairement situés en Afrique subsaharienne, les cas surviennent principalement chez les sujets d’origine Africaine (78%) résidant en France ou arrivant d’Afrique. On note une diminution des cas depuis 2000. Cependant, il existe de fortes variations entre les pays à l’origine des cas, en dehors des Comores où la forte diminution observée en 2011 s’est maintenue en 2012 (avec désormais moins de 50 cas par an). On ne sait pas expliquer ces disparités entre pays, mais, en regard du nombre élevé de cas chez les populations d’origine africaine il semble que les mesures de prévention sont moins bien suivies par ces populations. Sur le plan de la résistance, Madagascar passe en groupe 3 du fait de l’augmentation des résistances au proguanil, faisant de toute l’Afrique Subsaharienne une zone de multirésistance.

PRÉVENTION

Aucun moyen préventif n’assure à lui seul une protection totale. Il convient donc d’insister sur la nécessité de l’observance simultanée d’une protection contre les piqûres de moustique associée à la chimioprophylaxie.

Toute fièvre au retour des tropiques, quels que soient les symptômes associés, doit être considérée a priori comme pouvant être d’origine palustre et nécessite une consultation en urgence.

La chimioprophylaxie vise essentiellement à prévenir les risques d’infection à Plasmodium falciparum, l’évolution pouvant être fatale. Plasmodium vivax (Asie, Amérique, Afrique de l’Est) et Plasmodium ovale (Afrique de l’ouest) provoquent des accès palustres dévolution généralement bénigne.

SCHÉMAS PROPHYLACTIQUES

* Chloroquine (Nivaquine) 1 comprimé par jour (ou pour une personne de moins de 50 kg : 1,5 mg/kg/j). la prise est à débuter le jour de l’arrivée dans la zone à risque et à poursuivre 4 semaines après avoir quitté la zone impaludée.

*Association chloroquine + proguanil

Soit 1 comprimé de Nivaquine 100 et 2 comprimés de Paludrine 100 chaque jour ; soit Savarine, un comprimé par jour pour une personne pesant au moins 50 kg. Peuvent être administrés aux femmes enceintes. La prise est à débuter le jour de l’arrivée dans la zone à risque et à poursuivre 4 semaines après avoir quitté la zone impaludée.

* Association atovaquone-proguanil (Malarone)

1 comprimé par jour pour les personnes de plus de 40 kg

Malarone pédiatrique pour les enfants de 11 à 40 kg

hors AMM, ½ comprimé par jour de Malarone pour les enfants de 5 à moins de11 kg.

Peut être prescrit en cas de grossesse dans les pays de zone 2 ou 3 si l’association chloroquine/proguanil est mal tolérée.

La prise est à débuter le jour d’arrivée dans la zone à risque et doit être poursuivie une semaine après la sortie de la zone.

*Méfloquine (Lariam)

Un comprimé une fois par semaine pour une personne de plus de 45 kg

Pour les enfants : 5mg/kg/semaine

Prescription possible chez la femme enceinte en cas de séjour inévitable en zone 3.

Le traitement est à débuter au moins 10 jours avant l’arrivée dans la zone impaludée pour apprécier la tolérance sur 2 prises. La prise doit pétré poursuivie trois semaines après avoir quitté la zone d’endémie.

*Doxycycline (Doxypalu 50 ou 100, Granudoxy Gé 100, Doxy 50 ou 100)

Pour les sujets de plus de 40 kg, la posologie est de 100 mg/jour

Pour les sujets de moins de 40 kg, la posologie est de 50 mg/jour

Contre-indiqué avant l’âge de 8 ans, déconseillé pendant le premier trimestre de grossesse, contre-indiqué à partir du 2e trimestre de grossesse.

La prise est à débuter le jour de l’arrivée dans la zone à risque et à poursuivre 4 semaines après avoir quitté la zone impaludée.

CHIMIOPROPHYLAXIE SELON LES ZONES (CLIQUEZ POUR VOIR LA CARTE EN PDF )

*Pays du groupe 0

Pas de paludisme, chimioprophylaxie inutile

*Pays du groupe 1 : zone sans chloroquinorésistance

Chloroquine (Nivaquine 100)

*Pays du groupe 2 : zone de chloroquinorésistance

Chloroquine (Nivaquine 100) et proguanil (Paludrine 100)

Association chloroquine-proguanil (Savarine)

Association atovaquone-proguanil (Malarone)

*Pays du groupe 3 zone de prévalence élevée de chloroquinorésistance et de multirésistance

Méfloquine (Lariam 250)

Association atovaquone-proguanil (Malarone)

Doxycycline (Doxypalu, Granudoxy Gé, Doxy Gé)

Dans ce groupe il existe des zones de méfloquino-résistance : Timor oriental, zones forestières de part et d’autre des frontières de la Thaïlande avec le Cambodge, le Myanmar, Laos et sud Vietnam

CAS PARTICULIERS

Pour un court séjour (inférieur à 7 jours) en zone de faible transmission, le chimioprophylaxie n’est pas indispensable à condition de respecter scrupuleusement les règles de protection antimoustique.

variabilité des niveaux de transmission selon les régions des pays : il n’y a pas de transmission du paludisme dans les grandes villes du Proche et Moyen Orient, du reste de l’Asie (excepté Inde) et d’Amérique du Sud (excepté Amazonie). Le paludisme ne se transmet habituellement pas au dessus de 1500 m d’altitude en Afrique et de 2500 m en Amérique ou en Asie.

SCHÉMAS PROPHYLACTIQUES CHEZ L’ENFANT

* Chlororquine (Nivaquine) : 1,5 mg/kg/j

* Association chloroquine + proguanil

Pour les enfants à partir de 9 kg : Chloroquine 1,5 mg/kg/jour et proguanil 3mg/kg/jour

Savarine : pas de présentation adaptée à l’enfant

* Association atovaquone-proguanil (Malarone)

pour les enfants de 11 à 40 kg : Malarone pédiatrique (atovaquone 62,5 mg et proguanil 25 mg)

pour les enfants de 5 de moins de 11 kg : hors AMM, ½ comprimé par jour de Malarone

* Méfloquine (Lariam 250)

Pour les enfants à partir de 15 kg: 5mg/kg/semaine. En France la méfloquine n’a pas d’AMM en chimioprophylaxie du paludisme pour les enfants pesant moins de 15 kg, le produit n’existant que sous forme de comprimé quadrisécable qui ne permet d’adapter la prophylaxie que chez les sujets de plus de 15 kg. Cependant, l’OMS permet son utilisation à partir d’un poids de 5 kg et les recommandations américaines de 2012 recommandent une dose de 5 mg/kg/semaine pour un poids inférieur ou égal à 9 kg et d’un quart de comprimé par semaine pour un poids compris entre 9 et 19 kg.

Source : Legeneraliste.fr
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