Santé publique - L’hépatite B, moins bien connue que le Sida

Santé publiqueL’hépatite B, moins bien connue que le Sida

02.08.2013

Les Français ont une connaissance médiocre du virus de l’hépatite B et de ses modes de transmission. Ils se font moins dépister pour le VHB que pour le VIH. Et la couverture vacinale laisse encore à désirer. Alors que la "Journée mondiale contre l’hépatite" a eu lieu dimanche, les principaux enseignements de la première étude de perception en population générale en France suggèrent que la bataille de l’information n’est pas gagnée.

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    L’hépatite B, moins bien connue que le Sida

"C’est ça l’hépatite. Comprenez-la. Combattez-la." Comme chaque année l’OMS et ses partenaires ont marqué le 28 juillet la "Journée mondiale contre l’hépatite" pour sensibiliser à la prévention et aux conséquences de ces virus. Cette édition 2013 entendait souligner le fait que la menace sanitaire que représente l’hépatite continue d’être largement ignorée dans le monde et pas rien que dans les pays du sud.

Une étude rendue publique début juillet auprès de plus de 9000 personnes montre en effet que l’hépatite B est encore relativement mal connue dans l’Hexagone et la population française encore relativement mal protégée. Ainsi, selon cette enquête KAPB (Knowledge, Attitudes, Believes and Practices) qui est la première à mesurer en France la perception de la maladie, les connaissances sont inférieures au VIH. Seuls 90% des Français savent que le VHB peut se transmettre en partageant une seringue et ils ne sont que 70% à considérer les rapports sexuels non protégés comme à risque de transmission. Deux items qui sont pourtant admis par 99% de la population quand on parle du VIH.

20% de nos concitoyens craignent d’attraper l’hépatite B

Ce n’est pas que l’hépatite B ne fasse pas peur. Dans le classement des maladies que l’on craint d’attraper, elles figurent en 5e position, avec le Sida (20% des citations), après le cancer (59%), les accidents de la circulation (59%), les démences séniles (40%) et les maladies cardiaques (39%), mais avant les IST hors sida (17%) et la tuberculose (12%). D’ailleurs, on se sent plus susceptible d’être infecté par le VHB (8%) que par le VIH (4%).

Pour autant, le compte n’y est toujours pas concernant le dépistage ou la prévention. Sur le premier point, 27% des sondés indiquent avoir subi un test de dépistage : une proportion deux fois inférieure que pour le sida. Certes, plus on est à risque (toxicomanes, migrants) et plus on semble se faire dépister. Mais le taux global ne satisfait pas les autorités sanitaires. Quant à la vaccination, les résultats pâtissent encore de la polémique de la fin des années 90, incriminant un lien avec la SEP. Seule 47% de la population se déclare vaccinée, 9% ne connaisant pas son statut vaccinal vis-à-vis du VHB. Là encore, les taux sont un peu plus élevés chez les populations à risque (55%), mais demeurent globalement insuffisants et notamment chez les jeunes, la couverture étant par exemple inférieure à 50% à l’âge de 15 ans.

Au total, cette étude montre qu’il y encore d’importants progrès à faire pour sensibiliser la population, ses conclusions suggérant en creux que c’est peut-être la rançon de la bonne prise en charge médicale de la maladie dans l’Hexagone, mais aussi que cela illustre les difficultés auxquels sont confrontés les généralistes pour proposer le dépistage, notamment aux populations à risque. L’enjeu est de taille : sur les 280 000 personnes porteuses du virus l’hépatite B en France, 150 000 ne le savent pas. En comparaison, on estime à 30 000 les séropositifs qui s’ignorent.

Paul Bretagne
Source : Legeneraliste.fr

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