Santé publique - Pas plus d’IVG malgré la polémique C3G

Santé publiquePas plus d’IVG malgré la polémique C3G

21.06.2013

Selon la Drees, l’annonce du déremboursement des pilules de 3e et 4e générations n’a pas entrainé de hausse des IVG dans les derniers mois de 2012 comme on pouvait le craindre. Les services statistiques du ministère de la Santé font d’ailleurs état d’une stabilité du taux d’Interruptions volontaires de grossesses depuis 2006 et d’une progression des IVG médicamenteuses réalisées en ville.

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    Pas plus d’IVG malgré la polémique C3G

La polémique autour des pilules C3G et l’annonce de leur déremboursement mi-septembre n’aurait pas provoqué de hausse des IVG. Dans une étude rendue publique vendredi, le service statistiques du ministère de la santé estime en effet que "d'après les données provisoires" les IVG n'ont pas augmenté "au cours des derniers mois de 2012". "En 2012, le nombre total d’IVG en France métropolitaine, calculé à partir du PMSI, reste proche de celui de 2011," relèvent les statisticiens de la Drees, qui observent, en 2012, des variations saisonnières d’un mois sur l’autre, assez similaire aux quatre années précédentes. "L’annonce du déremboursement des pilules de 3e et 4e génération au mois de septembre 2012 n’a donc pas été suivie d’une hausse du nombre d’IVG fin 2012", concluent-ils. Cette étude était attendue, puisque annoncée par la ministre de la Santé, alors que l’inquiétude suscitée par les pilules de 3e et 4e générations laissait craindre une progression des IVG.

Selon cette étude, le nombre d'avortements est par ailleurs resté stable en France ces dernières années. Le nombre d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) est "stable depuis 2006, après une dizaine d'années de hausse", écrit la Drees, qui en comptabilise 222.500 dont 13.200 outre-mer. Le taux moyen de recours à l'IVG en France est de 15,1 pour 1.000 femmes de 15 à 49 ans.

Oubli de contraceptif

"Le nombre d'IVG, y compris chez les plus jeunes, ne s'explique pas principalement par un défaut de couverture contraceptive", souligne, d’une manière générale, la Drees, rappelant qu'environ 91% des Françaises sexuellement actives déclarent employer une méthode contraceptive. En 2007, deux femmes sur trois qui ont eu une IVG utilisaient une méthode contraceptive, qui n'avait pas fonctionné en raison d'un oubli de pilule ou d'un accident de préservatif. "De plus, les femmes connaissent de mieux en mieux la contraception d'urgence (pilule du lendemain et du surlendemain) et l'utilisent de plus en plus".

Cette étude montre aussi que le taux d’IVG peut sensiblement varier selon la tranche d’âge, la zone géographique ou la période de l’année. C'est parmi les femmes de 20 à 24 ans qu'il est le plus élevé (27 sur 1.000 en métropole et 50 sur 1.000 outre-mer). En métropole, 14 femmes de moins de 20 ans sur 1.000 ont effectué une IVG en 2011 (33 outre-mer).

13% des IVG en cabinet médical

La part des IVG médicamenteuses, autorisées depuis 1989, continue d'augmenter, atteignant 55% du total. En métropole, 13% des IVG sont réalisées en cabinet médical et seulement 1% en centres de santé, de planification ou d'éducation familiale, comme cela est autorisé depuis mai 2009, le reste étant réalisé en établissement hospitalier. "Au niveau régional, la prise en charge des IVG hors établissements de santé s’est développée dans certaines régions, alors que d’autres ne sont quasiment pas concernées, souligne la Drees, qui observe qu’en Martinique, Limousin et Pays de la Loire, "aucune ou très peu d’IVG médicamenteuses ont été réalisées hors établissements de santé", alors que le phénomène concerne déjà plus de 1 IVG sur 10 en Aquitaine, Provence-Alpes - Côte d’Azur, Haute-Normandie, Île- de-France, Franche-Comté, Rhône- Alpes, Corse, Guadeloupe, à La Réunion ou en Guyane.

La part du secteur public dans la prise en charge des IVG, observée depuis le milieu des années 90, continue d'augmenter, atteignant 80%. Les écarts régionaux perdurent, avec des taux plus élevés qu'ailleurs dans les départements d'outremer (DOM), en Ile-de-France et dans le sud de la France.

Paul Bretagne
Source : Legeneraliste.fr

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