Urgences - La FHF veut généraliser le tiers payant et revenir sur le volontariat de la garde

UrgencesLa FHF veut généraliser le tiers payant et revenir sur le volontariat de la garde

21.05.2013

Après avoir proposé l’an dernier de remplacer les libéraux par des PH dans les déserts médicaux, la Fédération hospitalière de France (FHF) remet en cause la liberté d’installation et le volontariat de la garde en ville et prône la généralisation du tiers payant. Trois mesures à même, selon ses responsables, de réduire l’engorgement des urgences.

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    La FHF veut généraliser le tiers payant et revenir sur le volontariat de la garde

Décidemment la Fédération hospitalière de France (FHF) ne rate aucune occasion de s’immiscer dans les affaires des libéraux. L’année dernière, quelques mois avant le lancement de la campagne présidentielle, la FHF avait proposé de remplacer les médecins libéraux par des praticiens hospitaliers dans les zones à faible densité médicale pour garantir l’offre de soins. Une proposition plus ou moins reprise sous forme d’amendement et votée dans le PLFSS 2013. Cette année, la Fédération s’intéresse au mode de rémunération des médecins libéraux. Comme MG France, la FHF plaide pour la généralisation du tiers payant en ville, mais pour des raisons différentes.

S’appuyant sur l’étude réalisée par TNS Sofres et la Fédération hospitalière de France (FHF) publiée ce mardi qui révèle qu’un quart des Français (24%) se rendent aux urgences car «on ne ne paye rien»,Frédéric Valletoux assure que l’extension de la dispense d’avance de frais permettrait de réduire le nombre de patients qui affluent aux urgences. «Contrairement à certaines idées reçues, l’augmentation du nombre de passages aux urgences est bien la conséquence d’un choix positif des Français, qu’aggrave la désorganisation croissante de la permanence des soins en ville. Le seul levier d’action immédiat pourrait être la généralisation du tiers payant en médecine de ville, qui éviterait certains recours inappropriés», suggère le président de la FHF.

Ce n’est pas tout ! Pour réduire l’affluence aux urgences, la FHF suggère également de revenir sur un acquis obtenu par les médecins généralistes au début des années 2000 : le volontariat de la garde. 43% des Français affirment «ne pas savoir où trouver un médecin de garde en ville la nuit et/ou le week-end», selon le baromètre. «Pour ceux-ci, les urgences semblent être considérées comme une solution de substitution aux difficultés de trouver un médecin de garde quand on en a besoin», peut-on lire dans l’enquête. Pourtant les Français seraient prêts à «passer d’abord par les maisons médicales de garde» (81%) pour les cas les plus légers. Les personnes les plus aisées y sont favorables à 91%, ce qui n’est pas le cas des 19-24 ans (24%), ni des personnes les plus pauvres (24%). En outre, les deux tiers (63%) des sondés seraient d’accord «pour contacter systématiquement le SAMU pour une régulation téléphonique préalable permettant de prévenir de sa venue ou d’être orienté ». Une solution là encore principalement envisagée par les cadres (74%) et les plus aisés (71%).

Les déserts médicaux gênent de plus en plus de Français

Au-delà du problème des urgences, le baromètre souligne l’inquiétude des Français face aux problèmes de désertification médicale. Ces derniers sont de plus en plus préoccupés par l’accessibilité géographique. 29% souhaitent qu’il y ait toujours un hôpital à proximité, « quel que soit son lieu d’habitation ». Un item en forte progression (+10% par rapport à 2012) et largement exprimé par les habitants d’agglomérations de moins de 2 000 habitants (43%). La FHF, qui dénonce une fois de plus la totale liberté d’installation des médecins libéraux et ses conséquences sur la désertification médicale, voit dans la télémédecine une réponse à cette problématique devenue un enjeu majeur de santé publique. Selon l’étude, la télémédecine, qui permet de réaliser un traitement ou un diagnostic à distance grâce aux nouvelles technologies, est plutôt bien accueillie par les Français. Près des deux tiers (59%) des personnes interrogées sont prêtes à recourir à la télésurveillance médicale, qui permet de transmettre des données (analyses, radios, etc) à un professionnel de santé qui les interprète à distance. Une majorité (53%) est par ailleurs d'accord avec le fait de prendre un avis complémentaire à celui de son médecin traitant par téléphone, messagerie ou visioconférence. Toutefois, seulement 37% des Français se disent prêts à obtenir un diagnostic de leur médecin traitant par ces mêmes moyens.

Cette étude, qui doit être présentée lors des Salons de la Santé et de l'autonomie du 28 au 30 mai, a été réalisée auprès d'un échantillon de 1 011 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogé en face à face entre les 27 et 30 mars.
Caroline Laires-Tavares
Source : Legeneraliste.fr

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