Coronavirus - Que faire en cas de suspicion ?

CoronavirusQue faire en cas de suspicion ?

10.05.2013

Alors qu’un troisième cas suspect a été détecté en France, les pouvoirs publics assurent que le risque pandémique reste faible. Le Haut Conseil de la Santé publique a néanmoins rédigé un avis à destination des professionnels de santé pour les guider dans la prise en charge d’un éventuel patient jugé à risques.

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    Que faire en cas de suspicion ?

Il y a trois jours la France découvre sur ces écrans télé un nouveau virus proche du SRAS, le coronavirus. Contracté par un patient français à la suite d’un séjour aux Emirats Arabes Unis, cet agent infectieux proche du SRAS a été identifié en Arabie Saoudite en septembre 2012 chez deux patients qui avaient présenté respectivement une pneumopathie sévère. Depuis, une surveillance a été mise en place sous la coordination de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’European centre for disease prévention and control (ECDC). Jusqu’à mardi dernier l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), qui assure la surveillance du virus en France, n’avait identifié que des cas suspects mais non avérés. Désormais un cas d’infection respiratoire aigue à nouveau coronavirus (NCoV) a été confirmé par le Centre national de référence des virus Influenzae de l’Institut Pasteur. Il s’agit du premier et seul cas confirmé en France détecté fin avril à Valenciennes chez un homme de 65 ans, cinq jours après son retour de Dubaï. Hospitalisé dans un état grave, il a été transféré au centre hospitalier de Douai puis de Lille et placé sous assistance respiratoire. Son état s'est stabilisé mais il est toujours jugé «très sérieux» par le corps médical. Ce patient est désormais placé en isolement mais l'Agence régional pour la Santé (ARS) du Nord-Pas-de-Calais craint qu'il ait contaminé trois personnes. Le patient qui partageait sa chambre à l'hôpital de Valenciennes, un médecin de 35 ans et une infirmière de centre hospitalier de Douai - tous trois en contact avec le patient - présentent les mêmes symptômes. Les résultats des tests devraient être connus dans l'après-midi. Et l’ARS suspecte une quatrième personne d'être porteuse de ce virus.

A quoi ressemble ce virus ?

Les virus de la famille des coronavirus sont nombreux et variés. Ils peuvent infecter l’homme et les animaux. Chez l’homme, les symptômes sont variables. Des coronavirus peuvent provoquer des infections respiratoires bénignes et d’autres des infections respiratoires sévères. Le nouveau coronavirus identifié en septembre 2012 est relativement proche du coronavirus humain du Sras, identifié en 2003, qui avait provoqué une épidémie mondiale. L’infection à NCoV se manifeste par une fièvre et des signes respiratoires pouvant se compliquer par un syndrome de détresse respiratoire aigüe. Cependant, un cas avec une forme bénigne de la maladie (syndrome pseudo-grippal) a été décrit en Angleterre. La période d’incubation est actuellement estimée à 10 jours.

Quelle attitude adopter ?

Face à la survenue éventuelle de nouveaux cas, la Direction générale de la santé a demandé au Haut conseil de la santé publique (HCSP) d’émettre un avis sur la conduite à adopter.

Ainsi est un cas possible : toute personne ayant voyagé ou séjourné dans l’un des pays de la péninsule arabique et qui présente dans les 10 jours quin suivent son retour, des signes cliniques et/ou radiologiques de détresse respiratoire aiguë (SDRA) ou d'infection du parenchyme pulmonaire, incluant une fièvre supérieure ou égale à 38°C et de la toux (sans autre étiologie identifiée pouvant expliquer la pathologie).

De même, est suspect tout contact (ex. famille, soignants) d'un cas possible ou confirmé, ayant présenté une infection respiratoire aiguë quelle que soit sa gravité, dans les 10 jours suivant le dernier contact avec le cas possible/confirmé pendant que ce dernier était symptomatique.

Ainsi, des précautions complémentaires d’hygiène doivent être mises en place dès la suspicion du cas. Le patient en question ne devra pas être orienté vers les secteurs d’accueil des urgences mais attendre chez lui la prise en charge par l’hôpital. Le médecin généraliste contacté ou consulté doit isoler son patient, lui faire porter un masque, et contacter le 15 qui se chargera de la prise en charge.

Un risque de contamination interhumaine ?

Au 8 mai 2013 : 31 cas confirmés d’infections respiratoires liées au nouveau coronavirus ont été identifiés, dont 18 sont décédés. La majorité des cas d’infection par le NCoV ont été diagnostiqués dans la péninsule arabique et 7 en Europe (4 en Angleterre, 2 Allemagne et maintenant 1 en France). Deux cas, rapportés par les autorités sanitaires britanniques, n’avaient pas voyagé dans les pays à risque. Ils avaient été en contact avec un même cas confirmé, qui avait voyagé au Pakistan et en Arabie Saoudite, suggérant ainsi l’existence d’une transmission interhumaine de l’infection. Cependant, l’InVS indique que les données recueillies à ce jour ne permettent pas d’affirmer ou d’infirmer le risque de contamination d’homme à homme. Et L'OMS n'a donné «aucune restriction de déplacement». En France, un numéro vert (le 0800 13 00 00) a été ouvert et la ministre de la Santé a indiqué qu'elle faisait appliquer «les mesures de précaution préconisées par les autorités internationales».

Caroline Laires-Tavares
Source : Legeneraliste.fr
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