Grippe aviaire A (H7N9) : Et si vos patients étaient concernés ?

Grippe aviaire A (H7N9) : Et si vos patients étaient concernés ?

03.05.2013

120 cas de grippe aviaire A (H7N9) en Chine et 24 décès. Si aujourd’hui cette infection reste confinée en Asie, il n’est pas exclu que certaines personnes infectées en Chine se rendent sur le territoire français. Pire encore, les experts redoutent que ce virus finisse par devenir transmissible entre humains, ce qui pourrait déclencher une pandémie. Pour ne pas prendre ces infections à la légère, le Haut Comité de Santé publique détaille la conduite à tenir en cas de suspicion d’infection.

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    Grippe aviaire A (H7N9) : Et si vos patients étaient concernés ?

À ce jour, le virus H7N9 de la grippe aviaire a fait 24 morts et 120 cas en Chine. Mais pourrait-il se propager hors d’Asie ? Si ce risque est faible, il n’est pas exclu q’une personne infectée en Chine se rende en Europe ou en France par avion. Pire, les experts redoutent que le virus devienne transmissible entre humains, ce qui pourrait alors déclencher une pandémie.

Cette infection doit donc être prise très au sérieux. C’est pourquoi, afin de se préparer à toute éventualité, le Haut Comité de Santé Publique donne la marche à suivre en cas de suspicion de grippe à virus A (H7N9) ou A (H5N1). Les deux virus ont été pris en considération, étant donné que dans les régions touchées à ce jour, ils peuvent tous deux circuler et que les symptômes ne permettent pas d’orienter d’emblée vers l’infection A (H7N9) ou A (H5N1).

Alors que doit-on savoir sur cette infection grippale ?

En pratique, le diagnostic peut être posé devant une personne ayant séjourné en zone exposée et qui au cours des 10 jours après son retour présente des signes d’infection respiratoire aigue grave basse (nécessitant une hospitalisation), sans autre étiologie identifiée pouvant expliquer la symptomatologie. Le diagnostic pourra aussi être aussi posé chez toute personne ayant été en contact étroit d’un cas possible ou confirmé, qui présente une infection respiratoire aigue quelle que soit sa gravité.

Adopter les gestes adéquats

Au cabinet, un médecin qui voit un patient suspecté d’infection à virus grippal variant doit adopter les gestes adéquats. Tout d’abord, mettre un masque (chirurgical ou FFP2 ) et des lunettes de protection. On proposera au patient suspect de porter un masque chirurgical et on vérifiera que son masque est correctement mis. Le médecin demandera au patient de se laver les mains avec un gel hydro alcoolique jusqu’à sa prise en charge. Lui aussi, il se lavera les mains avec un gel hydro alcoolique, et portera des gants durant l’examen clinique. Si possible, on isolera le patient des autres patients en attente de consultation. Puis, selon l’état du patient, le médecin contactera directement le 15 et l’ARS de sa région afin de classer le cas. La prise en charge du patient ne sera pas orientée vers les secteurs d’accueil d’urgence mais sera organisée afin d’éviter le contact avec d’autres patients (mesures d’isolement)

Au niveau du traitement, les souches A H7N9 et A H5N1 testées sont sensibles aux inhibiteurs de la neuraminidase (oseltamivir et zanamivir) et résistantes à l’amantadine et la rimantadine. Le traitement antiviral par inhibiteur de la neuraminidase est recommandé et doit être institué le plus rapidement possible, au mieux dans les premières 48 heures après apparition des symptômes. Un traitement symptomatique complétera la prescription d’inhibiteur de la neuraminidase.

Un virus de volaille bien discret

Par ailleurs, une étude du Lancet a confirmé que le virus H7N9 provienait bien de la volaille, et qu’il n’y a aucune preuve de transmission du virus d’homme à homme. Dans le détail, ce virus est plus sournois que le virus A (H5N1) car contrairement à ce dernier, il ne rend pas malade les volailles qu’il infecte. « il n’entraîne aucune mortalité ou baisse de productivité chez les volailles domestiques, et il est donc très difficile à détecter », indique Vincent Martin, expert de l’Organisation Des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation. « Ce sont les hommes qui servent de sentinelles révélatrices de l’infection », poursuit-t-il.

Charlotte Demarti
Source : Legeneraliste.fr
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