Bisphénol A : alertez les bébés !

Bisphénol A : alertez les bébés !

09.04.2013

Le Bisphénol A n’a pas fini de faire des vagues. Une expertise menée par l’Anses montre qu’il présente un risque pour l’enfant à naître chez les femmes enceintes exposées : la substance pourrait entraîner chez eux, ultérieurement, le développement de tumeurs. L’interdiction du bisphénol A dans tous les contenants alimentaires en 2015 est donc la bienvenue. Sauf que... on ne sait toujours pas par quoi il vaut mieux le remplacer!

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    Bisphénol A : alertez les bébés !

Alors que le bisphénol A sera définitivement interdit dans tous les contenants alimentaires en janvier 2015 - et déjà proscrit pour ceux destinés aux enfants de moins de trois ans - l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses) poursuit l’évaluation des dangers potentiels de cette substance. Et, dans un rapport présenté ce mardi, l’Anses confirme que le bisphénol A peut être nocif pour l’enfant à naître chez les femmes enceintes exposées, pouvant entraîner une modification de la structure de la glande mammaire du futur enfant. «Cette modification pourrait favoriser un développement tumoral ultérieur, et potentiellement les enfants des deux sexes», évoque Marc Mortureux, Directeur Général de l’Anses, qui toutefois indique que ce risque est «associé à un niveau d’incertitude important : les experts ont en effet qualifié le niveau de preuve modéré, compte tenu de l’état actuel des connaissances et des incertitudes», indique-t-il.

L’alimentation (boites de conserve, etc.) est la principale source d’exposition au bisphénol A et elle représente 84% de l’exposition pour la femme enceinte. « Si on supprime cette exposition via les contenants alimentaires, la diminution du risque est telle que l’on supprime globalement le risque sur la glande mammaire des fœtus », assure Dominique Gombert, directeur de l'évaluation des risques de l'Anses.

Bonbonnes à eau et tickets de caisse concernés

Toutefois, d’autres sources loin d’être négligeables ont été identifiées par l’Agence sanitaire : les bonbonnes d’eau en polycarbonate et les tickets thermiques (tickets de caisse, reçu de carte bancaire). «L’exposition par les tickets thermiques est une exposition cutanée, et donc plus directe que par ingestion. Nous devons mener un travail complémentaire pour évaluer les quantités absorbées par cette voie» indique Marc Mortureux. Selon Dominique Gombert, l’exposition au bisphénol A issue des tickets thermiques présenterait un risque limité, mais avec un impact sur les quatre organes ou domaines étudiés : cerveau et comportement, appareil reproducteur masculin, métabolisme et obésité, et glande mammaire. En attendant des données plus précises, l’Anses recommande de prendre des mesures en vue de réduire l’exposition des caissières, qui manipulent beaucoup le papier thermique.

Au moins 73 alternatives, mais laquelle choisir?

Mais si le bisphénol A est amené à disparaître de notre paysage, on peut se poser la question de savoir par quoi le remplacer. L’Anses a déjà identifié 73 alternatives, sans que l’une d’entre elles ne se distingue pour une substitution universelle du bisphénol A. «On ne connait pas suffisamment leur innocuité à ce jour», indique l’agence, qui recommande toutefois de ne pas substituer le bisphénol A par un autre bisphénol (S, BADGE, B, M, etc). Outre cette précaution émise, Marc Mortureux ne se prononce pas plus sur le choix d’une alternative: «notre rôle n’est pas d’attester de leur faisabilité ni de leur innocuité», martèle-t-il. Le Pr Géraud Lasfargues, directeur général adjoint scientifique de l’Anses, va même plus loin, affirmant qu’ «il est de la responsabilité des industriels de trouver des substituts efficaces et de prouver leur innocuité. La balle est dans leur camp». A bon entendeur …

Charlotte Demarti
Source : Legeneraliste.fr

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