Médicament - Une confiance en hausse malgré les polémiques

MédicamentUne confiance en hausse malgré les polémiques

28.03.2013

En dépit d’un terreau défavorable, 87 % des Français restent confiants dans les produits pharmaceutiques, selon l’observatoire sociétal du médicament 2013. Ce n’est pas une confiance béate, mais plutôt leur expérience personnelle et l’efficience de la chaîne de contrôle qui les rassurent. Les blouses blanches semblent encore moins inquiètes.

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    Une confiance en hausse malgré les polémiques

Brice Teinturier -qui a pourtant l’habitude de sonder les reins et les coeurs de nos concitoyens- n’en revient pas lui-même : « La confiance envers le médicament a progressé en trois ans de 82 à 87 % » indique le directeur général délégué d’IPSOS, qui souligne pourtant le caractère « contre-intuitif de ces résultats dans un univers de défiance généralisé». Côté médecins, 94 % affichent aussi leur confiance.

Le patient a acquis une maturité face au médicament avec son expérience personnelle car la troisième édition de l’Observatoire sociétal du médicament montre que 43 % des Français prennent des médicaments tous les jours. Et ce ressenti concret, ils l’expriment : « 92 % éprouvent personnellement que les médicaments marchent » a expliqué Brice Teinturier en indiquant que d’une manière générale, « la défiance était le reflet d’une crise du résultat ».

Sur le long terme, il faut croire que les crises de ces dernières années n’ont pas tant que ça altéré la confiance. 77 % des Français interrogés estiment que depuis 20 ans les médicaments se sont améliorés. Et, alors même que l’ANSM vient d’être mise en examen, pour 59 %, les médicaments sont mieux contrôlés par les agences sanitaires.

Ce constat général n’empêche pas le grand public de garder son sens critique : il y a trop de médicament pour 87 % des Français et 61 % pensent aussi que beaucoup de médicaments ne servent à rien. Par ailleurs, 90 % des sondés de l’IPSOS sont bien conscients que le médicament n’est pas dénué de risque, même si les 18-24 sont un peu moins au fait du risque (84 %) que les plus de 50 ans (93 %).

Parmi les facteurs positifs de cet Observatoire 2013, on notera que les Français ont une connaissance plus pointue des traitements médicaux, car ils vérifient et recoupent leurs sources d’informations. Si 64 % pensent que le médecin ne leur en donne pas suffisamment sur les médicaments prescrits, ils sont 48 % à scruter la notice et 46 % à se renseigner sur Internet. Visiblement, il y a, ipso facto, une relation partagée avec le médecin qui n’est plus le prescripteur omniscient. Pour preuves, 93 % des médecins ont indiqué que les patients montrent leur désaccord s’ils ne prescrivent pas ce qu’ils souhaitent. Ils sont aussi nombreux à confronter le diagnostic du praticien à celui qu’ils ont trouvé sur Internet. L’ordonnance médicale reste pourtant un levier d’adhésion important : seulement 66 % des personnes interrogées ont confiance dans les médicaments sans ordonnance. On note aussi un recul déjà observé sur les génériques qui n’emportent la conviction que de 70 % des patients et de 67 % des médecins.

Avis sans concession

Côté inquiétudes, les effets indésirables restent le premier motif de défiance. Un tiers des utilisateurs (32 %) avouent les ressentir mais ils arrivent assez bien à les gérer : 54 % vont chercher des informations et 85 % vont directement regarder les effets indésirables sur la notice du médicament. Mais, c’est surtout l’accès aux soins qui fait peser la plus lourde menace pour la grande majorité des personnes interrogées. 91 % craignent le coût des nouveaux médicaments et 93 % redoutent le déficit de la Sécurité sociale.

S’ils accordent gloablement leur confiance aux produits, les Français sont loin d’idéaliser ceux qui les fabriquent. 90 % des Français et 96 % des médecins estiment que l’industrie pharmaceutique est, comme toute industrie, vouée à faire du profit. Sévères, mais justes... Les sondés reconnaissent pour 72 % d’entre eux que les entreprises du médicament font « de bons produits ». 95 % des français et 94 % des médecins estimant par ailleurs que les entreprises du médicament ont un rôle important dans la découverte de nouveaux traitements.

Face à la médiatisation de scandales sanitaires, les Français savent prendre du recul et la chaine d’expertise, de traçabilité et de responsabilité entourant le médicament les rassure. « J’en appelle aux lanceurs d’alerte à rester dans leur rôle et à ne pas se substituer aux autorités de santé » a indiqué Hervé Gisserot (président du LEEM). Il faut noter que l’étude a été faite en Janvier en pleine affaire des pilules de troisième et quatrième génération. Il semble qu’une grande majorité de femmes ne considèrent pas la pilule comme un médicament. Là aussi, il y a une marge de progression dans l’information à délivrer.

Muriel Gevrey
Source : Legeneraliste.fr

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