Recherche - SIDA, l’espoir fou des guérisons fonctionnelles

RechercheSIDA, l’espoir fou des guérisons fonctionnelles

15.03.2013

Une étude française rapporte le cas de 14 patients traités très précocement, et qui ont réussi à contrôler leur infection plus de 7 ans après l’arrêt des antirétroviraux. Ce travail sur des « Post Treatment Controllers» (PTC) confirme le concept de guérison fonctionnelle et ouvre la voie à une nouvelle façon de prendre en charge les séropositifs, très tôt au début de l’infection.

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    SIDA, l’espoir fou des guérisons fonctionnelles

Les séropositifs de demain pourront ils contrôler spontanément leur infection au bout de quelques années de traitement ? C’est en tout cas l’espoir que laisse entendre une étude française menée sur sous l’égide de l’Anrs et publiée jeudi dans PLoS pathogens.

Cette étude décrit le cas de 14 patients VIH-1 positifs traités très précocement dans les 10 semaines post contamination et ce pendant 3 ans en moyenne et qui, 7,5 ans après l’arrêt des antirétroviraux, contrôlent leur infection. « Le traitement précoce a probablement limité l’extension des réservoirs viraux et préservé les réponses immunitaires. Cette combinaison a certainement pu favoriser le contrôle de l’infection après l’arrêt du traitement », explique le Pr Christine Rouzioux, coordonnateur de l’étude (hôpital Necker et Université Paris Descartes).

Les chercheurs français avaient déjà révélé les résultats de cette étude, baptisée ANRS Visconti, en juillet dernier à Washington à la conférence internationale sur le sida. La publication dans la revue américaine PloS Pathogens, apporte davantage de détails ces "guérisons" et compare notamment les patients «naturellement contrôleurs» (HICs pour spontaneaous HIV controllers) aux patients décrits dans l’étude, appelés « Post Treatment Controllers» ou PTC . La première catégorie correspond à ces patients infectés qui résistent naturellement au virus et qui ne développent pas d’infection.

On peut en effet se poser la question de savoir si les patients de l’étude, les PTC, n’auraient pas contrôlé spontanément l’infection, comme les « contrôleurs naturels du VIH ». Mais cette hypothèse ne semble pas être la plus logique. En effet, « la plupart des patients de cette cohorte ne présentent ni les caractéristiques génétiques favorables, ni même le type de réponses immunitaires habituellement observées chez les contrôleurs naturels du VIH, indique le Dr Asier Saèz-Cirion (Institut Pasteur, Paris).

L’analyse du patron de l’ANRS

En effet, selon le Pr Jean-François Delfraissy (directeur de l’Anrs), les patients naturellement contôleurs ont un profil HLA particulier. Sur une cohorte de 200 patients contrôleurs, 65% d’entre eux ont une surreprésentation de la combinaison HLA B 27 et B57. Or on sait que ce profil génétique joue un rôle dans le contrôle de la réponse immunitaire. » Rien de tout cela pour les PTC qui n’ont strictement aucune particularité détectable à ce jour au niveau de leur génome.

Ces résultats plaident surtout en faveur d’une initiation précoce du traitement antirétroviral. En revanche, il reste à savoir pourquoi seule une partie des patients traitées en primo infection sont capables de contrôler l’infection après arrêt des médicaments. De nouveaux travaux sont en cours afin de le déterminer. « Une cohorte européenne de patients contrôleurs après traitement, coordonnée par l’Anrs, débutera dans les prochains mois » indique Jean-François Delfraissy. Il précise qu’à ce jour, 25 patients français sont des sujets PTC, 3 allemands, 3 italiens et 4 ou 5 en Espagne. « S’ils représentent un immense espoir en terme de recherche, ils ne représentent pas plus de 0,001% des cas de contamination en France. Ils sont même moins nombreux que les contôleurs naturels qui eux représentent un peu moins de 0,1% des sujets infectés. Mais à défaut d’éradication du VIH, on pourrait rêver et espérer qu’en traitant encore plus tôt et avec d’autres molécules, on pourrait transformer davantage de malades en PTC. »

Rappelons que déjà en début mars, un cas de rémission fonctionnelle avait été observé chez un enfant né séropositif, traité 30 heures après sa naissance et pendant 18 mois, qui contrôlait encore l’infection 6 mois après arrêt des antirétroviraux.

Et qu’à ce jour, La seule guérison complète officielle du sida reconnue au monde est celle du patient de Berlin. Il a été déclaré guéri après une greffe de moelle osseuse d’un donneur présentant une mutation génétique rare empêchant le virus de pénétrer dans les cellules. Cette greffe visait à traiter une leucémie.

Charlotte Demarti, Dr Linda Sitruk
Source : Legeneraliste.fr

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