Thérapies complémentaires - Le "Oui, mais" de l’Académie aux médecines douces

Thérapies complémentairesLe "Oui, mais" de l’Académie aux médecines douces

12.03.2013

L’Académie de médecine vient de publier un rapport d’évaluation sur l’acupuncture, l’hypnose, l’ostéopathie et le tai-chi. Si ces techniques complémentaires peuvent, dans certaines indications, apporter un bénéfice, les académiciens insistent sur le fait qu’elles ne doivent en aucun cas se substituer à la médecine classique.

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    Le "Oui, mais" de l’Académie aux médecines douces

Acupuncture, hypnose, ostéopathie, Tai-chi… Ces thérapies complémentaires apportent-elles un bénéfice pour la santé ? Pour le savoir, l’Académie de médecine vient de brosser la littérature scientifique concernant ces quatre thérapies (dans un rapport rendu public le 6 mars). « Les travaux suggèrent qu’elles pourraient être faiblement efficaces vis à vis d’un certain nombre de troubles fonctionnels tournant autour de la douleur », indique le Pr Daniel Bontoux, professeur honoraire de rhumatologie au CHU de Poitiers, et co-auteur du rapport de l’Académie. Les effets ne sont pas merveilleux, mais ces techniques pourraient remplacer les médicaments usuels dans certaines situations ».

Toutefois, si des bénéfices, certes minimes, ont été mis en évidence, les académiciens mettent en garde sur le fait que ces techniques ne doivent en aucun cas remplacer la médecine. « Certains personnes souhaitent ne recourir qu’aux thérapies complémentaires. Mais attention ; une douleur cervicale ou lombaire, par exemple, ne relèvent pas forcément des thérapies complémentaires, et une lésion organique peut être sous jacente », alerte Daniel Bontoux, en précisant qu’il est indispensable d’avoir un avis médical, un diagnostic, avant tout recours à une médecine douce. « L’Académie souhaite aussi que les étudiants en médecins soient informés durant leur cursus de ces méthodes , leurs dangers, leurs contre indications et leurs quelques avantages de façon à ce qu’il puissent guider leurs patients ». Mais dans quelles indications ces thérapies ont-elles prouvé leur efficacité ?

Acupuncture : des multiples indications

En ce qui concerne l’acupuncture, plus de 3000 essais contrôlés randomisés ont été menés depuis 1974. Sur la base de ces données, on peut considérer l’acupuncture utile en cas de lombalgie ou cervicalgie chroniques, de migraine ou céphalée de tension, d’arthrose des membres inférieurs, d’épicondylite, mais aussi chez les femmes enceintes pour les douleurs des lombes et du bassin et lors des douleurs de l’accouchement. Aussi, pour prévenir les nausées et vomissements induits par la chimiothérapie anticancéreuse.

« C’est dans le domaine des céphalées que les résultats sont les plus favorables », indique le rapport de l’Académie. En prévention de la migraine, une revue établie sur 32 essais contrôlés montre que l’acupuncture est au moins aussi efficace, voire plus, que les traitements médicamenteux et entraine moins d’effets néfastes… sans toutefois de différence entre acupuncture réelle ou simulée, ce qui n’est pas sans introduire un certain doute ». En revanche, son utilité dans la fibromyalgie est incertaine. Enfin, si son effet n’est pas exclu dans d’autres indications (AVC, asthme, dépression, insomnie, épilepsie, sevrage tabagique…), il n’est toutefois pas démontré.

Médecine manuelle et douleurs vertébrales

L’ostéopathie et la chiropraxie ont fait l’objet de 200 essais randomisés contrôlés et de 7 revues Cochrane depuis 2006. On peut en retenir que ces manipulations rachidiennes peuvent se montrer modérément efficaces sur la lombalgie et la cervicalgie aiguës, subaiguës ou chroniques, sur la céphalée d’origine cervicale, les états vertigineux d’origine cervicale et à moindre degré sur la migraine. En revanche, leur effet est incertain sur la céphalée de tension. « Et les complications possible de ces manipulations cervicales sont rares, mais graves », alerte Daniel Bontoux.

Hypnose, un bon accompagnement des gestes invasifs

Pour l’hypnose, plus de 250 articles depuis 2007 et pas moins de 16 revues Cochrane ont été publiées. Dans l’ensemble, « les indications les plus intéressantes semblent être la douleur liée aux gestes invasifs chez l’enfant et l’adolescent et les effets secondaires des chimiothérapies anticancéreuses » indique l’académicien.

Tai Chi et Qicong pour garder l’équilibre

Les quelques travaux publiées sur le Tai Chi et le Qigong montre que ces techniques, basées sur des exercices physiques couplés à des éléments de contrôle psychique émotionnel et spirituel, sont utiles en prévention des chutes chez les personnes âgées. En revanche, cela au même titre que d’autres interventions à base d’exercices physiques. Toutefois, beaucoup de gériatres et professionnels s’occupant du vieillissement considèrent le tai chi et le Qigong comme d’excellents moyens de prévention des chutes, avec l’avantage de se pratiquer en groupe et d’influer de surcroit sur le versant cognitif des patients.

Charlotte Demarti
Source : Legeneraliste.fr

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