HCSP - De nouvelles recos face à la recrudescence de la gale

HCSPDe nouvelles recos face à la recrudescence de la gale

05.03.2013

Avec une incidence qui augmente à bas bruit depuis une dizaine d’années, la gale mobilise enfin les pouvoirs publics. Le Haut conseil de, santé publique vient d’actualiser ses recommandations de prise en charge de la gale. Re-traiter à J7 devient une priorité. Les formes hyperkératosiques doivent faire l’objet de toutes les vigilances en raisons de leur forte contagiosité.

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    De nouvelles recos face à la recrudescence de la gale

Entre 2002 et 2010, l’incidence de la gale n’a cessé de croître en France, de l’ordre de 10%. Elle est estimée à au moins 328 cas/100.000/an, incidence comparable à celle observée dans la plupart des pays occidentaux. Ces chiffres ont alerté la Direction Générale de la Santé, laquelle en juillet 2011 a saisi le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) qui vient donc de publier une actualisation des recommandations sur à la conduite à tenir devant un ou plusieurs cas de gale.

En France, la gale n'est pas une maladie à déclaration obligatoire. Il n'existe donc pas de système de surveillance spécifique permettant d'estimer l'incidence de l'infection en population générale. Les données épidémiologiques disponibles reposent sur les chiffres de ventes de médicaments, qui attestent depuis quelques mois d’une recrudescence et pas uniquement dans les milieux populaires. Seules données directes tangibles : les cas de signalements d’épidémies de gale nosocomiales en collectivités (maisons de retraite, services de long séjour et de court séjour ou milieux scolaires).

Un mode de contamination essentiellement direct

Si les experts du HCSP n’expliquent pas les raisons de cette augmentation progressive d’incidence, ils précisent toutefois que le mode de contamination est essentiellement direct, avec un taux de transmission peu élevé sauf dans certaines circonstances. «La transmission interhumaine se fait principalement par contact direct, "peau contre peau" (…) Le principal facteur de risque de contamination est la proximité et la fréquence (durée cumulée) des contacts avec les patients. La durée minimale de contact pour être contaminé n’est pas connues » soulignent-ils. Les contacts physiques rapprochés et prolongés sont les facteurs principaux de contamination : vie familiale, contacts sexuels, vie en collectivité. Une transmission indirecte à partir du linge, de la literie ou même de canapés en tissu ou en cuir, etc., est parfois évoquée, mais la contagiosité par voie indirecte est très faible dans les gales communes et ne semble concerner que le partage des vêtements.

Au final, à partir d’un cas index, on peut raisonnablement compter 1,4 à 1,9 cas secondaire pour les formes « simples » de gale. Dans des conditions de promiscuité/précarité, le ratio peut atteindre des valeurs plus élevées, jusqu’à 3. Les formes de gale dite « hyperkératosique » (ou croûteuses) sont encore plus contagieuses et le ratio peut augmenter jusqu’à 10 !

Les recommandations actuelles du HSCP sont donc larges et portent à la fois sur le diagnostic, les traitements individuels et collectifs. Le diagnostic clinique dans les formes communes repose sur le triptyque associant la notion de comptage et/ou de cas dans l’entourage (le caractère conjugal ou familial est très évocateur), la présence d’un prurit à recrudescence nocturne et les localisations caractéristiques des lésions cutanées. Seuls les cas de gale hyperkératosique ou de gale profuse, et les cas d’épidémie en collectivité, doivent systématiquement bénéficier d’une confirmation diagnostique par prélèvement parasitologique.

En France, le benzoate de benzyl (Ascabiol®) est le traitement de référence, mais l’efficacité d’une application unique ne dépasse toutefois pas 60 %. L’ivermectine orale constitue une option intéressante du fait de sa bonne tolérance et de sa simplicité d’administration en une prise à jeun, permettant une observance optimale par rapport au traitement topique plus fastidieux. Les experts précisent qu’ « en l’état actuel des connaissances, il n’y a pas de niveau de preuve suffisant pour recommander préférentiellement le traitement per os ou celui par voie locale ou une association des deux. Cependant,il existe de nombreux arguments en faveur du traitement par voie générale par lvermectine : simplicité d’administration, bonne tolérance, absence de contre-indications majeures et remboursement par la sécurité sociale. »

Retraiter à J7

Mais à la différence des recommandations de traitement qui prévalaient jusqu’à présent, les experts préconisent un deuxième traitement une semaine plus tard pour plusieurs raisons. Notamment l’inefficacité des produits topiques ou PO sur les oeufs et les formes larvaires et des taux de succès des traitements uniques insuffisants. Cette recommandation de retraiter à J7 n’entrant pas dans l’Amm des produits commercialisés en France, le HCSP demande pour cette utlisation que soit mis en place une « recommandation temporaire d’utilisation ».

Concernant le traitement de l’entourage des cas index, tous les sujets contacts du premier cercle d’un cas de gale commune doivent être traités, même s’ils sont asymptomatiques. En cas de gale hyperkératosique - beaucoup plus contagieuse-, tous les sujets contacts doivent être traités. Et pour la désinfection du linge, un simple lavage en machine à 60°C permet de le décontaminer efficacement. Dans le cas où le linge ne peut être lavé en machine à cette température, l’utilisation d’un acaricide permet de procéder à une désinfection du linge dans un délai court.

Enfin, et parce qu’elle est beaucoup plus contagieuse, la gale hyperkératosique doit être prise en charge et traitée en milieu spécialisé avec isolement strict, traitement oral par ivermectine et un traitement local par benzoate de benzyl, toutes les semaines, jusqu’à la négativation des prélèvements parasitologiques.

Dr Linda Sitruk
Source : Legeneraliste.fr

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