Maternité - Le «oui, mais» de Touraine aux «Maisons de naissance»

MaternitéLe «oui, mais» de Touraine aux «Maisons de naissance»

28.02.2013

Discutée jeudi par les sénateurs, la proposition de loi permettant l’expérimentation des «maisons de naissance», n’a pas pu être votée, faute de temps. Mais, forte de la neutralité bienveillante de la ministre de la Santé, la sénatrice Muguette Dini (UDI-UC), entend bien faire adopter en juin,un cadre pour ces structures légères d’accouchement gérées par des sage-femmes

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    Le «oui, mais» de Touraine aux «Maisons de naissance»

Sur les questions de société, Muguette Dini est souvent en avance d’un train. Recherche sur les embryons, légalisation de l’euthanasie... Lors de la précédente législature, la sénatrice centriste n’avait pas ménagé ses efforts -en vain la plupart du temps- pour que le gouvernement Fillon avance plus vite sur ces questions. Quoique dans l’opposition désormais, elle aura peut-être plus de chance de convaincre l’actuelle ministre de la santé sur son nouveau combat : les maisons de naissance. Les sénateurs se sont en effet penchés jeudi sur sa proposition de loi qui doit ouvrir la voie à l'expérimentation des «maisons de naissance» permettant aux femmes d'accoucher sans être hospitalisées.

Comme cela avait été annoncé il y a quelques jours, le texte avait peu de chance d’être voté jeudi, faute de temps. Mais à terme, forte des voix des groupes UMP, UDI-UC (centriste), écologistes et de certains socialistes, la sénatrice devrait sans doute réussir à transformer l’essai. Quand ? Difficile à dire. Muguette Dini espère bien pouvoir obtenir l’inscription de son texte avant juin mais pour l’heure rien n’a encore été décidé.

Deux projets pilotes en Ile-de-France

Pour l’heure cette séance du jeudi 28 février aura permis à la sénatrice de préciser son projet. «Les maisons de naissance sont des structures où une ou deux sages-femmes réalisent l'accouchement de femmes dont elles ont suivi la grossesse». Autorisées pour fonctionner pendant cinq ans, ces structures ne pourront accueillir que les femmes dont la grossesse est normale, sans pathologie particulière, et devront être attenantes à une maternité afin de permettre un transfert en cas de complications. «Un an avant la fin de l’expérimentation, le gouvernement adressera au Parlement un rapport d'évaluation», a précisé la rapporteure, Miguette Dini.

En France, deux projets pilotes pourraient entrer rapidement dans le cadre de l'expérimentation : un à Paris le CALM (Comme à la maison), et un autre à la maison de naissance de l'hôpital de Pontoise. «Un cadre juridique leur assurerait une pérennité et un mode de fonctionnement plus clair», a-t-elle jugé. D'autres projets sont en cours d'élaboration ou prêts à fonctionner, notamment à Remiremont, Nancy, Marseille, Thonon, Lyon, Rennes ou Bordeaux.

2 000 euros à l’hôpital, 600 euros en «maison de naissance»

Pour novatrice qu’elle soit dans les paysage sanitaire français, l’idée semble faire son chemin auprès d’un bon nombre de parlementaires. Pour Jean-Marie Vanlerenberghe (UDI-UC), ces maisons de naissance répondent «à la préoccupation d'un certain nombre de parturientes d'accoucher dans des conditions moins médicalisées», représentant entre 3 et 5% des femmes enceintes. Mais sur le maire d’Arras met surtout en avant le faible coût supposé de ces structures. Alors qu'un accouchement sans complication est facturé environ 2 000 euros à l'hôpital, son coût est «estimé à 600 euros» en maison de naissance. Pour sa part, Aline Archimbaud (écologiste) met en avant le choix des femmes : il faut «entendre la forte demande des femmes d'avoir une liberté de choix, sans juger leur décision». Cette expérimentation permettra, selon elle, «de mettre à l'épreuve le dispositif des maisons de naissance, d'en évaluer les coûts et les économies induits, d'en mesurer les bienfaits et les imperfections peut-être, et de travailler à leur résolution avant d'envisager toute généralisation».

A l’inverse, le groupe Communiste, républicain et citoyen a déclaré qu’il n’était pas favorable à ce projet et le groupe RDSE (à majorité PRG) a indiqué qu’il s’abstiendrait. Mais l’essentiel était de mettre l’avenue de Ségur de son côté. Et la ministre de la Santé semble toute prête à se laisser convaincre. Les maisons de naissance lui «apparaissent complémentaires aux structures existantes, et c'est pour cela que je n'y suis pas opposée», dit-elle. Elle précise toutefois qu' «il ne s'agit pas pour le gouvernement d'une priorité», d’autant qu’il y a, selon elle «un risque de voir ces maisons réservées à un trop petit nombre de femmes». Mais, dans ce domaine comme dans d’autres, la ministre de la Santé croit «aux vertus de l'expérimentation». Cela ressemble un peu à un feu vert...

Caroline Laires-Tavares
Source : Legeneraliste.fr
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