Hypertension - L’automesure pour tous les seniors pour repérer l’HTA masquée ?

HypertensionL’automesure pour tous les seniors pour repérer l’HTA masquée ?

28.02.2013

Une pression artérielle normale chez le médecin, mais élevée à domicile? Ce phénomène, dont l’origine reste inconnue, est appelé HTA masquée. Et il toucherait 40% de la population âgée, comme le montre une étude menée par une équipe française. Un constat qui milite en faveur d’une automesure de la pression artérielle à domicile systématique chez les personnes âgées pour anticiper le risque d’accident vasculaire.

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    L’automesure pour tous les seniors pour repérer l’HTA masquée ?

40% des personnes âgées auraient une hypertension artérielle masquée, c’est à dire normale chez le médecin et élevée à domicile. Et ce, chez les seniors déjà sous traitement antihypertenseur (HTA non contrôlée masquée), ou naïfs de tout traitement. Tel est le résultat d’une étude dirigée par Christophe Tzourio (Directeur unité Inserm 708, université de Bordeaux) publiée dans le Journal of Hypertension. « A ce jour, la fréquence de l’HTA masquée est peu connue : les différentes études à ce sujet l’estiment entre 10 et 30%, mais aucune ne s’était penchée spécifiquement sur une population âgée », indique le chercheur.

Dans le détail, l’étude menée par Christophe Tzourio s’est intéressée à la fréquence de l’HTA masquée chez 1481 personnes âgées entre 73 et 97 ans (issues de l’étude 3C à Dijon). Pour ce faire, après une mesure de la pression artérielle au sein d’un centre d’examen, les participants ont, dans les 15 jours suivants, procédé, chez eux, à la prise de leur pression artérielle au moyen d’un appareil électronique. Le protocole comprenait 18 mesures pendant 3 jours.

La porte ouverte vers l’HTA permanente

De plus, afin d’évaluer le risque d’HTA permanente (validé par une PA élevée lors de la mesure au centre d’examen et à domicile), les mêmes mesures ont été répétées un an plus tard. Bilan : le risque de développer une HTA est multiplié par 7 chez les patients si l’on ne tient pas compte du fait qu’ils reçoivent ou non un traitement antihypertenseur. Chez les personnes initialement non traitées par antihypertenseur, ce risque d’HTA permanente est multiplié par 17. « Ce qui veut dire que dans un laps de temps assez court – 1 an dans notre étude – l’HTA masquée se transforme souvent en HTA permanente. D’où l’importance de la déceler », relate Christophe Tzourio.

L’automesure encore et encore

Ces résultats soulignent donc l’importance de l’automesure de la pression artérielle à domicile chez les personnes âgées afin de diagnostiquer une HTA masquée et mettre en place les mesures pour l’abaisser pour anticiper le risque d’AVC. « Chez le senior, tout est majoré : l’effet blouse blanche, l’HTA masquée, ou encore la variabilité de la PA : le généraliste a donc beaucoup de chances de se tromper sur l’état tensionnel de son patient », indique Christophe Tzourio. « Les sujets âgés sont plus enclins à tromper leur médecin lors de la consultation », confirme le Pr Xavier Girerd (Pôle Endocrinologie, Unité de Prévention des Maladies Cardiovasculaires, La Pitié-Salpêtrière, Paris). C’est pourquoi les dernières recommandations de la Société Française d’Hypertension Artérielle (SFHTA) publiées en janvier 2013 ont clairement indiqué qu’il faut favoriser l’automesure tensionnelle dans le suivi de l’hypertendu : « elle est à réaliser le plus souvent possible, et au moins une fois par an » indique Xavier Girerd.

De plus, devant une hypertension non contrôlée à la consultation, il faut d’abord s’assurer que le patient prenne bien son traitement et évaluer le niveau tensionnel hors cabinet médical avant de changer la stratégie thérapeutique », poursuit-il. En revanche, la Haute Autorité de Santé (HAS) demeurera muette sur ce sujet : « elle a annulé ses recommandations sur l’HTA et n’en publiera pas d’autres, son président ayant clairement dit que la HAS était dans l’incapacité de réunir un groupe de travail de professionnels de santé répondant aux nouveaux critères d’indépendance totale, regrette Xavier Girerd. LA HAS ne pourra pas non plus avaliser les recommandations de la SFHTA, les personnes les ayant rédigées n’étant pas vierges de tout conflit d’intérêt avec les laboratoires pharmaceutiques… On ne s’en sort plus ! » . Heureusement, La CNAM a le projet de soutenir une étude qui proposera aux généralistes, dans 4 départements en 2013, d’utiliser des appareils d’automesure afin qu’ils les prêtent à leurs patients avant d’initier un traitement, comme le recommande la SFHTA. On va bien dans le sens de proposer plus largement l’automesure, en tout cas déjà aux patients hypertendus. Et peut être prochainement, à tous les seniors.

Charlotte Demarti
Source : Legeneraliste.fr

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