Education thérapeutique - L’Assurance maladie généralise Sophia, son dispositif de suivi des patients diabétiques

Education thérapeutiqueL’Assurance maladie généralise Sophia, son dispositif de suivi des patients diabétiques

21.02.2013

Expérimenté, depuis 2008, dans 10 puis 19 départements pilotes, le programme d’accompagnement des patients diabétiques est généralisé à l’ensemble du territoire. L’Assurance maladie se prévaut d’un bilan plutôt flatteur de ce dispositif de disease management à la française. Grâce à Sophia, la Sécu a fait des économies significatives, notamment sur les hospitalisations et les soins infirmiers.

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    L’Assurance maladie généralise Sophia, son dispositif de suivi des patients diabétiques

Cinq ans après sa mise en place, un premier bilan du programme de suivi des patients diabétiques Sophia, a été présenté, ce jeudi, par la directrice déléguée à la gestion de l’organisation des soins Mathilde Lignot-Leloup (photo à droite). Dans les 19 départements pilotes, le taux d’adhésion a déjà atteint 34 % des patients éligibles. Selon la Sécu, cela atteste du succès du dispositif. Après plusieurs phases d’extensions successives, elle a donc décidé de l’étendre à l’ensemble du territoire français. Censé prévenir les complications liées au diabète et améliorer la qualité de vie des patients diabétiques en ALD, Sophia pourra désormais être proposé à 1,8 millions de personnes. Le dispositif, lancé en 2008, se prévaut aujourd’hui de 226 000 adhérents mais la Sécu compte en recruter 450.000 à l’horizon 2014.

Gratuit et confidentiel, soulignent ses promoteurs, Sophia offre la possibilité aux patients majeurs atteints de diabète de type 1 ou de type 2 de bénéficier d’une prise en charge téléphonique: 140 infirmiers formés accompagnent aujourd’hui les adhérents, ils seront bientôt 270. Aux trois centres, situés à Nice, Albi et Lille, s’en ajoutera un quatrième qui verra le jour, courant 2013, à Saint-Étienne.

Quant aux généralistes, les 55 800 médecins traitants ont, au sein de leur patientèle, au moins un patient éligible au dispositif et 60 % d’entre eux comptent au moins un patient adhérent à Sophia. Si, jusqu’à présent, le médecin traitant ne pouvait que remplir un questionnaire portant sur l’état de santé et les éventuelles complications du patient, d’ici à la fin de l’année, il pourra également faire des recommandations comme faire de l’activité physique ou arrêter de fumer. Une étude menée par l’assurance maladie en 2011 renvoit à un taux de satisfaction important des médecins généralistes : ils sont en effet 75 % à apprécier l’aspect pédagogique et informatif du service et 61 % à le juger utile pour les malades.

82 euros par patient et par an

La Cnamts a d’autant plus de raison de se satisfaire de son programme, qu’apparemment le dispositif est de moins en moins cher. Si Sophia coûtait 116 euros par patient en 2011, aujourd’hui son coût par patient est de 82 euros et devrait encore baisser l’année prochaine. « L’objectif est de descendre au dessous de 70 euros par patient » affirme le directeur de l’Assurance maladie, Frédéric Van Roekeghem (photo , à gauche), ce qui devrait être possible grâce à l’élargissement du programme qui amortit les coûts fixes.

Pour l’heure, l’évaluation médico-économique de ce disease management à la française est donc plutôt positive. La Cnamts rapporte que le suivi des examens recommandés a plus fortement progressé chez les adhérents que dans la population témoin et dans celle non adhérente. La probabilité d’être hospitalisé pour diabète en 2011 est inférieure de 11 % pour les adhérents à Sophia que pour les autres, se réjouit Mathilde Lignot-Leloup, qui évoque des dépenses ambulatoires et hospitalières moins élevées de 226 euros chez les adhérents que celles des patients témoins (54 euros de moins pour le poste ambulatoire et 172 euros de moins pour le poste hospitalier). Si on se focalise sur les seuls soins ambulatoires, les adhérents ont certes dépensé plus que les autres (40 euros de plus précisement) pour les consultations et actes médicaux mais leurs dépenses sont moins importantes de 89 euros pour les soins infirmiers. Bref : les patients qui ont adhéré au programme coûtent moins cher que les autres. Frédéric Van Roekeghem s’en félicite et conclut que le programme « à ce stade s’est autofinancé ».

Giulia Gandolfi
Source : Legeneraliste.fr

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