Santé publique - Mélanome : l’Inca (ré)conforte les généralistes

Santé publiqueMélanome : l’Inca (ré)conforte les généralistes

29.01.2013

Depuis la mise en place du parcours de soin, les dermatologues s’inquiètaient d’un éventuel effet délétère de ce dispositif sur le diagnostic des mélanomes. Six ans après les premières critiques, l’Inca et la HAS viennent de publier un rapport rassurant. Et entérinent le rôle central du généraliste dans le diagnostic.

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    Mélanome : l’Inca (ré)conforte les généralistes

Ni retard diagnostique ni perte de chance… Dans un rapport d’orientation destiné à évaluer l’impact de la mise en place du parcours de soins coordonné par le médecin traitant sur le diagnostic précoce des mélanomes cutanés, l’Inca et la HAS dédouanent les généralistes de tout « manquement » dans ce domaine et confortent leur place de premier recours. Venant ainsi clore une polémique lancée 6 ans plus tôt par les dermatologues, lors de la mise en place du médecin traitant.

On se souvient qu’en 2006, le Syndicat national des dermatologues et vénéréologues (SNDV) s’était inquiété d’un éventuel impact négatif du parcours de soin sur le dépistage des mélanomes. Evoquant « la capacité insuffisante des médecins généralistes à détecter des mélanomes » et craignant que le passage obligatoire par le médecin traitant n’engendre des retards diagnostics, la profession avait demandé qu’un accès direct à leur spécialité soit ménagé. Une inquiétude qui semblait encore quelques années plus tard, toujours vive chez ces spcialistes, comme en attestait encore en 2009 une enquête de la Drees sur le ressenti du parcours de soins.

C’est finalement l’inverse qu’entérine le rapport publié vendredi par l’Inca et de la HAS. En s’appuyant sur une analyse de la littérature et sur des enquêtes de pratique, les auteurs concluent qu’ « aucun argument ne permet de présager que la coordination du parcours de soins par le médecin traitant puisse occasionner un éventuel retard au diagnostic du mélanome cutané ». La stratégie de 2006 qui place le généraliste en première ligne "reste donc d’actualité", celui-ci adressant ensuite son patient au dermatologue « s’il a identifié un patient à risque de mélanome ou s’il découvre une lésion suspecte au cours de l’examen clinique ».

Deux tiers des généralistes déshabillent leurs patients

Selon l’Inca et la HAS, plusieurs arguments plaident dans ce sens. D’une part, « sous réserve d’une formation complémentaire, les généralistes concourent à l’identification des patients à risque de mélanome » et à « l’identification des lésions mélanocytaires suspectes », estiment les experts. Du reste selon une enquête BVA/Inca conduite en 2009, la grande majorité des généralistes (76%) estiment avoir une connaissance globalement suffisante à l’égard de la prévention et de la détection précoce des cancers de la peau (76 %) et les 2/3 deux tiers déclarent demander souvent (47 %) ou systématiquement (19 %) à leurs patients de se déshabiller pour un examen cutané.

Autres arguments, « les dermatologues n’ont pas accès à l’ensemble de la population à risque, soit du fait d’une répartition inhomogène des dermatologues sur le territoire national, soit du fait que certaines populations à risque comme par exemple les personnes âgées consultent en première intention leur médecin traitant », souligne le rapport.

Enfin, l’analyse de la littérature montre que pour les mélanomes épais au moment de leur exérèse, "l’indice de Breslow est davantage corrélé à la cinétique de croissance du mélanome qu’au cumul des retards au diagnostic liés au patient et/ou médecin". En d’autres termes, pour ce type de mélanome la cinétique de croissance pourrait être telle qu’il serait d’emblée identifié à un stade épais, quelque soit le parcours de soins…

Pour corroborer son analyse, le rapport n’évoque pas de données épidémiologiques nouvelles. Ses auteurs semblent conscients de cette lacune et préconisent d’ailleurs la réalisation d’études de cohorte intégrant la trajectoire des patients dans le parcours de soins.

Bénédicte Gatin
Source : Legeneraliste.fr

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