H5N1 - Reprise des recherches sur un virus mutant et mortel

H5N1Reprise des recherches sur un virus mutant et mortel

24.01.2013

Un an après la polémique sur de possibles utilisations d’un virus mutant à des fins bioterroristes, les chercheurs vont reprendre leurs travaux sur le H5N1. La communauté scientifique assure que les conditions de sécurité sont désormais réunies pour aller de l’avant et étudier les mutations d’une grippe aviaire capable de se transmettre entre humains. Mais les Etats-Unis, prudents, n’ont pas encore donné leur feu vert.

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    Reprise des recherches sur un virus mutant et mortel

Dans le monde de la recherche médicale, l’affaire avait fait l’effet d’une bombe à l’automne 2011. Et pour cause... Des scientifiques Américains et Néerlandais venaient de mettre au point en laboratoire un virus H5N1, aussi agressif que la grippe aviaire, mais nettement plus contagieux pour l’homme, puisque pour la première fois à même de se transmettre entre humains. Des résultats susceptibles un jour de servir les pires dessins en matière de bioterrorisme...

Quelques semaines plus tard, évoquant ce risque, le Bureau national américain de la science pour la bio sécurité (NSABB) demandait aux revues Science et à Nature de ne pas publier leurs travaux. Et les autorités sanitaires européennes faisaient part de leur inquiétude. Dans un premier temps, les chercheurs obtempéraient, les résultats étant finalement publiés au printemps dernier. En revanche, les équipes s’accordaient sur un moratoire sur de nouvelles recherches sur le H5N1, le temps de mettre au point des moyens pour renforcer la sécurité de leurs travaux.

Finalement, les recherches sur le H5N1 vont donc reprendre après un an d’interruption des travaux. «Nous mettons fin à un moratoire volontaire sur les recherches effectuées sur la transmission de la grippe aviaire», ont indiqué jeudi 40 chercheurs originaires de 12 pays dans la revue américaine Science et dans la revue britannique Nature. Les chercheurs vont donc continuer leurs travaux sur un virus H5N1 mutant, du moins dans les pays dont les gouvernements ont donné le feu vert, c’est-à-dire pour l’instant pas aux Etats-Unis qui n'ont pas encore publié leurs propres règles.

Mortel à 60% chez l’homme

Le virus H5N1, essentiellement présent parmi la volaille d'élevage et les oiseaux sauvages, est très dangereux pour l'homme avec un taux de mortalité de 60%. Et s’il n’a fait 360 morts environ dans le monde depuis son apparition en 2003, c’est parce qu’il se transmet pour l’essentiel de l’animal à l’homme. «Nous reconnaissons que cette recherche -comme toute recherche sur des agents infectieux- n'est pas sans risque», admettent les chercheurs, qui considèrent que la balance bénéfice-risque penche désormais en faveur de la reprise de ceux-ci.

«Toutes les conditions sont désormais remplies», assure Ron Fouchier, l'un des chercheurs qui travaille pour le Centre médical Erasmus au Pays-Bas, tandis que John McCauley, un responsable de l'OMS, juge que les mesures de sécurité prises sont «satisfaisantes». «Le risque le plus important serait de ne pas faire les recherches qui pourraient nous aider à mieux gérer une pandémie», estime ainsi, Yoshihiro Kawaoka, chercheur de l'Université de Tokyo. Le but de ces recherches vise toujours à comprendre dans quelle mesure le virus H5N1 peut muter en une version capable de se transmettre facilement par voie aérienne entre humains.

Paul Bretagne (avec AFP)
Source : Legeneraliste.fr
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