Vaccination - Hépatite B : vaccinez, il en restera toujours quelque chose !

VaccinationHépatite B : vaccinez, il en restera toujours quelque chose !

22.01.2013

Contre le VHB, nombre de Français n’ont pas été vaccinés selon le schéma idéal à trois injections. Que faire dans ces cas-là ? Une récente étude publiée dans le BEH montre que, quelque soit l’âge du patient et le délai par rapport au deuxième rappel, la troisième injection donne une réponse immune satisfaisante. Donc, mieux vaut tard, que jamais !

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    Hépatite B : vaccinez, il en restera toujours quelque chose !

Aujourd’hui, le schéma vaccinal contre le VHB comporte trois injections à 0, 1 mois et 6-12 mois. Pourtant, même si la couverture vaccinale a progressé ces dernières années, bon nombre de Français ne sont pas à jour, notamment car ils n’ont pas reçu la dernière injection

Serait il alors utile de faire réaliser cette troisième dose, même tardivement ? C’est à dire plusieurs années après les deux premières ? Sans aucun doute, selon les conclusions d’une étude publiée dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) du 22 janvier 2013, qui montre que le rattrapage de la 3e dose entraîne une réponse immunologique très satisfaisante.

Cette étude a été menée au centre de vaccination international de Strasbourg entre septembre 1999 et mars 2010. Tout patient s’y rendant pour une consultation et ayant commencé une vaccination contre l’hépatite B à deux doses sans avoir reçu la 3e s’est vu proposer une mise à jour de cette vaccination, avec un mois plus tard, une contrôle de leur taux d’anticorps anti-HBs.

Au total, 317 patients ont été vaccinés par une 3e dose et testés sérologiquement. En moyenne, le délai entre la 2e et la 3e dose était de 6,5 ans, avec des extrêmes allant de 1 à 18 ans. Malgré cela, une réponse immune a été montrée chez 91,5% d’entre eux (Ac anti HBS supérieur ou égal à 10UI/l). De plus, notons que la protection retrouvée chez les répondeurs était excellente, puisque 73% d’entre eux avaient des taux d’Ac supérieurs ou égaux à 500 UI/l (soit 50 fois plus que le seuil de positivité!). «Au vu de ces résultats, un délai de retard important d’entre les 2e et 3e doses ne doit pas être un frein à la mise à jour de la vaccination,» concluent les auteurs.

Les femmes répondent mieux

Dans le détail, l’étude montre également que le sexe, le délai de retard ainsi que l’âge au début de la vaccination semblent jouer sur la réponse immunitaire : le taux de réponse est meilleur chez les femmes (95 vs 88,7%), les non répondeurs(<10UI/l) ont un retard significativement supérieur aux répondeurs (7,7 ans contre 6,4 ans) et la réponse Ac est légèrement moindre chez les patients ayant débuté la vaccination après 40 ans.

Autre aspect digne d’intérêt rapporté dans l’étude strasbourgeoise : les auteurs se sont penchés sur les freins qui ont pu expliquer chez les sujets l’absence de la dernière injection. Et l’année à laquelle a été débutée la vaccination pourrait en être la clé. En effet, une majorité de ces patients a débuté la primovaccination pendant les années 1994-1998. C’est à dire au beau milieu de la polémique autour d’éventuels risques liés au vaccin de l’hépatite B : en commençant par la sclérose en plaques en 1996, puis l’hydroxyde d’aluminium et le risque de myofasciite à macrophages en 1997 et enfin le thiomersal en 1999 ! Sans compter la suspension de la vaccination anti VHB dans les écoles en 1998 qui, même si elle a été accompagnée du maintien de la recommandation de vacciner les nourrissons et les pré adolescents, a été mal comprise, jetant un discrédit de plus sur cette vaccination.

Aujourd’hui, même si les efforts pour améliorer la couverture vaccinale pour l’hépatite B sont certains, celle ci n’est que de 37 % chez les adolescents, selon les données recueillies fin 2011 (enquête Vaccinoscopie). Mais avec cette étude et dans un climat plus apaisé quant au rapport bénéfice risque de la vaccination contre l’hépatite B, l’efficacité du rattrapage d’un schéma vaccinal incomplet offre une perspective intéressante chez l’adulte.

Charlotte Demarti
Source : Legeneraliste.fr

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