Prévention - La vaccination contre le HPV dès 11 ans

PréventionLa vaccination contre le HPV dès 11 ans

17.01.2013

Afin d’améliorer le taux de couverture vaccinal qui chute, le Haut Conseil de la santé publique recommande de vacciner les jeunes filles contre le papillomavirus entre 11 et 14 ans. L’âge cible diminue de trois ans, mais le schéma à 3 doses reste la règle. Le recul, la meilleure connaissance de l’immunogénicité vaccinale et l’évolution des moeurs, ont conduit les experts à modifier le calendrier vaccinal.

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    La vaccination contre le HPV dès 11 ans

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) vient de recommander d’avancer en âge la vaccination contre le papillomavirus et de limiter l’âge du rattrapage. Exit donc la précédente recommandation, qui ciblait prioritairement la jeune fille de 14 ans et qui l’étendait jusqu’à l’âge de 23 ans. Priorité à la primo-vaccination entre 11 et 14 ans et à la limitation du rattrapage à l’âge de 20 ans, c’est à dire 19 ans révolus.

Principale raison de cette anticipation du calendrier : la baisse et l’insuffisance de la couverture vaccinale. Ainsi, le taux de couverture vaccinale chez les jeunes filles ayant eu 16 ans dans l’année est passé de 49,9% en 2010 à 46,8% en 2011 et chez celles ayant eu 15 ans, de 39,4% à 35,8%. Seule la couverture vaccinale à trois doses à l’âge de 15 ans est restée stable – et faible - à environ 20% entre 2010 et 2011. Les experts du Haut Conseil soulignent que ce taux de couverture ne pourrait pas garantir la mise en place d’une immunité de groupe. Effectivement, en Australie, où on vaccine dans les écoles avec le vaccin tétravalent, la couverture atteint le taux de 80% et s’associe à une baisse de l’incidence des condylomes chez les jeunes hommes hétérosexuels non vaccinés, ce qui suggère l’existence d’une immunité de groupe.

Vacciner plus tôt permettrait aussi de compléter plus efficacement le schéma vaccinal à trois doses dont le taux de compliance ne cesse de baisser : fin 2011, il était de 76,7% et 72,1 % chez les jeunes filles nées en 1994 et en 1996. De plus, au delà de 18 ans, le niveau du rattrapage devient faible : il n’excédait pas 10% en 2007 chez les jeunes filles âgées de 19 à 23 ans.

Meilleure réponse vaccinale en agissant plus tôt ...

En 2007, le choix de vacciner les jeunes filles à 14 ans prenait en considération plusieurs éléments. Avec un recul de seulement cinq ans, les incertitudes concernant la durée de protection étaient majeures à l’époque. La crainte était, en recommandant une vaccination précoce, de se voir contraint à recommander des rappels ensuite. Autre incertitude, l’absence d’études autorisant des co-administrations. Les seules données disponibles à l’époque concernaient la co-administration de Gardasil® et de vaccins contre l’hépatite B. Enfin, l’âge des premiers rapports sexuels qui était en moyenne de 17,5 ans chez les filles en 2007 fut aussi un élément décisionnel.

Aujourd’hui, sur tous ces aspects, les données ont évolué et permettent de trancher. Concernant l’immunogénicité des vaccins, on sait que la réponse vaccinale est d’autant meilleure que la vaccination est initiée tôt. Au 7e mois post-vaccination, Gardasil® induit une réponse en anticorps plus élevée chez les jeunes filles âgées de 9 à 15 ans par rapport à celle des jeunes femmes vaccinées entre 16 et 26 ans. Idem pour Cervarix® : le taux d’Ac est plus important chez les jeunes filles vaccinées à 9 ans par rapport à celui observé quand la vaccination a lieu entre entre 10 et 14 ans ou entre 15 et 25 ans.

Quant à la persistance des anticorps, pour Gardasil®, un taux supérieur à celui de l’immunité naturelle est observé dès le 60e mois. Et pour Cervarix®, la persistance immunitaire est observée jusqu’à 113 mois. A 4 ans, l’efficacité pour la prévention des lésions cervicales de haut grade (CIN 2+) liées aux HPV 16 et 18 est de 98,2 % pour Gardasil® et de 94,9 % pour Cervarix®.

... Et sexualité plus précoce chez les filles

Enfin, les co-administrations sont désormais possibles pour les deux vaccins avec un vaccin combiné de rappel diphtérique, tétanique, coquelucheux acellulaire et poliomyélitique, un vaccin hépatite B, et pour Cervarix® avec le vaccin combiné hépatite A et B. Une donnée qui permet aux experts du HCSP de recommander que toute opportunité, y compris le rendez-vous vaccinal de 11- 14 ans du DTCaP, soit mise à profit pour initier ou compléter une vaccination.

Concernant la limitation d’âge à 20 ans - c’est à dire 19 ans révolus - du rattrapage vaccinal, l’explication tient à l’âge de la sexualité. Selon les baromètres Inpes, le premier rapport sexuel avance en âge : elles sont 14% en 2010 à déclarer avoir déjà eu un rapport sexuel avant l’âge de 15 ans, quand elles n’étaient que 6,3% en 2005. D’autres études montrent aussi que l’infection à papillomavirus se produit tôt : l’incidence cumulée de l’infection HPV des jeunes de moins de 20 ans dépasse les 30% sur un suivi de deux ans après le début des rapports sexuels.

Dernière précision du HCSP : inutile de refaire un schéma vaccinal complet quand il a été interrompu. Il suffit d’administrer les doses manquantes au delà des 12 mois qui suivent la première dose. Mais le schéma vaccinal à 3 doses doit être respecté. Les données suggérant l’efficacité d’un schéma à deux doses portent sur un nombre trop limité de personnes et le recul est inférieur à quatre ans.

Dr Linda Sitruk avec Charlotte Demarti
Source : Legeneraliste.fr
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