Etude - La preuve que le bisphénol A est vraiment dangereux

EtudeLa preuve que le bisphénol A est vraiment dangereux

17.01.2013

Pour la première fois, une équipe de chercheurs franciliens vient de faire la preuve des effets néfastes sur le testicule humain de ce perturbateur endocrinien. L’étude confirme le bien fondé de la nouvelle législation française interdisant le bisphénol A dans tous les contenants alimentaires d’ici 2015.

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    La preuve que le bisphénol A est vraiment dangereux

Pour la première fois, des chercheurs viennent de démontrer expérimentalement les effets néfastes sur la santé humaine du Bisphénol A. L’étude que publie cette semaine Plos One montre que de faibles concentrations de bisphénol A ont un effet néfaste sur le testicule humain. C’est une grande première, car si les effets délétères de ce perturbateur endocrinien sur la reproduction et le développement avait effectivement été montré, les études avaient été faites jusque-là chez des animaux de laboratoire.

Pour démontrer son effet chez l’homme, René Habert et son équipe (Université Paris Diderot/Inserm U 967/CEA) ont maintenu en vie dans des boîtes de culture des testicules foetaux humains (prélevés sur des foetus issus d’IVG) pendant 3 jours, en présence ou en absence de bisphénol A. Ils ont observé dans le groupe exposé au perturbateur endocrinien une réduction de la production de testostérone ainsi que celle d’une autre hormone testiculaire nécessaire à la descente des testicules dans les bourses au cours du développement foetal.

De faibles doses suffisent

Même de faibles doses serait nocives. Une concentration de BPA égale à 2 microgrammes par litre dans le milieu de culture a été suffisante pour induire ces effets. Ce qui malheureusement équivaut à la concentration moyenne généralement retrouvée dans le sang, les urines et le liquide amniotique de la population…

Cette réduction de la testostérone implique des effets délétères certains : cette hormone produite par le testicule pendant la vie foetale est en effet responsable de la masculinisation des organes génitaux, qui, en son absence, évolueraient spontanément dans le sens femelle. De plus, la testostérone semble jouer un rôle dans le développement du testicule lui-même. Ainsi l’exposition actuelle au BPA des femmes enceintes pourrait être l’une des causes de défauts congénitaux de masculinisation (type hypospadias et cryptorchidisme), dont la fréquence a globalement doublé depuis 40 ans. Selon René Habert, « il se peut également que le BPA participe à la chute de la production spermatique et à l’augmentation de l’incidence du cancer testiculaire chez l’adulte observé au cours de ces dernières décennies ».

La récente décision d’interdire ce composé tombe donc à pic. En effet, en décembre dernier, le Parlement a voté une loi visant à en interdire définitivement l’utilisation du BPA dans tous les contenants alimentaires, et pas seulement dans les biberons. Son usage est depuis lors interdit depuis le 1er janvier 2013 dans tous les récipients alimentaires destinés aux enfants de moins de 3 ans, interdiction étendue en janvier 2015, à tous les contenants alimentaires. Une réglementation qui fait de la France un pays pionnier en la matière.

Charlotte Demarti
Source : Legeneraliste.fr

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