Santé publique - Touraine veut restreindre l’AMM des pilules de 3e et 4e génération

Santé publiqueTouraine veut restreindre l’AMM des pilules de 3e et 4e génération

11.01.2013

Le ministère de la Santé s’oriente vers une limitation de l’utilisation des pilules de 3e et 4e génération en seconde intention. Lors d’une conférence de presse, vendredi matin, Marisol Touraine a annoncé qu’elle voulait demander aux autorités européennes de revoir l’AMM de ces pilules. Mais elle maintient sa décision de dérembourser en mars.

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    Touraine veut restreindre l’AMM des pilules de 3e et 4e génération

Pour Marisol Touraine il n’y a aucune raison de paniquer. Les 2,5 millions de Françaises qui ont adopté les pilules de 3e et 4e génération ne doivent pas les suspendre. Des bonnes raisons existent pourtant de réduire le nombre de prescriptions, selon les pouvoirs publics. Lors d’une conférence de presse (photo), organisée vendredi matin au siège du ministère, en présence du patron de l’Agence du médicament (ANSM) et de celui de la Direction Générale de la Santé (DGOS), Marisol Touraine s’est ouvertement prononcée pour une limitation de l’usage des pilules de 3e et 4e génération en seconde intention. En même temps, elle a maintenu sa décision de dérembourser ces pilules dès le mois de mars tout en précisant que « cette décision de déremboursement ne doit pas être comprise comme une réponse à un risque sanitaire » mais comme une décision qui découle d’un avis de la HAS rendu en 2007 : le service médical rendu de ces pilules était et reste insuffisant.

Pour la ministre de la Santé, il n’est donc pas question de les interdire et de prendre le risque d’une vague de grossesses non désirées. Il n’est pas non plus question que seuls les spécialistes puissent les prescrire. La liberté de prescription des généralistes n’est donc pas mise en danger d’autant plus qu’ils en prescriraient moins, souligne la ministre, que leurs confrères gynécologues. « Il appartient aux médecins d’évaluer les facteurs de risque (tabagisme, antécédents familiaux d’accidents vasculaires…) avant de les prescrire » affirme la ministre. D’ailleurs, pour pallier au manque d’information des médecins - qui parfois ne savent pas à quelle génération appartient telle ou telle pilule - la liste de l’ensemble des pilules est d’ores et déjà en accès libre sur le site du ministère, celui de la HAS et celui de l’ANSM.

Une campagne d’information en préparation

Mais la ministre de la Santé veut aller plus loin. À cette fin, elle a demandé à l’ANSM de saisir les instances européennes pour que les autorisations de mise sur le marché (AMM) soient « révisées dans un sens restrictif ». « Nous allons saisir l'Europe, pas pour suspendre (ces pilules) mais pour changer les AMM » a ajouté Dominique Maraninchi. Le directeur de l’ANSM a souligné la nécessite de faire diminuer « drastiquement et rapidement » les prescriptions de ces pilules qui dépassent aujourd’hui le seuil de 50 %. Pour ce faire, la ministre a annoncé qu’elle demandera à l’INPES de lancer une campagne d’information à destination des professionnels de santé.

Aucun objectif chiffré n’a cependant pas été évoqué mais Dominique Marininchi à cité, à titre d’exemple, le cas du Danemark où les seules recommandations auraient permis de diminuer de moitié la prescription de ces contraceptifs oraux. Le Danemark a aussi été cité par Jean-Luc Harousseau. Le président de la HAS a rappelé que l’institution avant déjà planché sur les pilules de 3e et 4e génération et conclu qu’elle étaient « moins bonnes » que celles de 2e génération, suite à la publication d’études danoises. Par ailleurs, la ministre a annoncé l’ouverture du chantier de la pharmacovigilance qu’elle qualifie à ce jour d’« insatisfaisant, lourd et opaque ».

Ces annonces ont été faites, alors que l'Agence européenne du médicament (EMA) venait d'annoncer, dans un communiqué, que les femmes n'avaient aucune raison d'arrêter de prendre des pilules contraceptives combinées (oestroprogestatives), y compris celles de la 3e génération. « Il n'y a actuellement aucune nouvelle preuve suggérant un changement dans le profil de sécurité connu des pilules combinées commercialisées actuellement. Il n'y a de ce fait aucune raison que les femmes arrêtent leur contraception », ajoute l'EMA.

Giulia Gandolfi
Source : Legeneraliste.fr

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