Étude - Peut-on encore faire des économies sur le médicament?

ÉtudePeut-on encore faire des économies sur le médicament?

10.01.2013

Si tous les pays du monde rationalisaient leur consommation de médicaments, 500 milliards d’économies seraient possibles sur les dépenses de santé. C’est ce qu’affirme une vaste étude réalisée par IMS Health, qui porte sur 186 pays et a été présentée le mois dernier aux Universités de Pharmaceutiques. En France, les décideurs du monde de la santé insistent sur une priorité : l’optimisation de la prescription.

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    Peut-on encore faire des économies sur le médicament?

D’importantes économies sur le médicament sont possibles en agissant sur des facteurs touchant peu ou prou au bon usage des produits pharmaceutiques. Lors de "l’Université de Pharmaceutiques" à Strasbourg qui réunissait le mois dernier industriels et décideurs du monde de la santé, IMS Health a révélé les résultats d’une vaste étude portant sur 186 pays dans le monde, soit la quasi-totalité de la planète. Elle estime que près de 500 milliards de dollars d’économies (360 milliards d’euros) sont réalisables, soit 8 % des dépenses de santé dans le monde.

Pour arriver à ce constat, les experts d’IMS relèvent six leviers essentiels. Plus de la moitié des mesures qu’ils proposent reposent sur la non observance : 269 milliards de dollars seraient possibles à ce titre. Un chiffre énorme, mais qui n’étonne pas le Pr Claude Le Pen, cheville ouvrière de cette étude : « Ce n’est pas étonnant, car une prescription non observée, c’est de l’argent gâché et une pathologie qui n’est pas guérie. »

Les autres leviers sont un peu moins rentables, mais parfois plus surprenants. IMS estime ainsi que 62 milliards de dollars pourraient être gagnés rien qu’en « améliorant la rapidité du recours au médicament », via notamment des guidelines de prescription. Environ 50 milliards pourraient ensuite être économisés en combattant le mésusage du médicament. IMS cite notamment à ce propos l’abus des antibiotiques. De ce point de vue, la France est partie de loin, mais les progrès servent d’exemples : « L’expérience française de réduction de l’usage des antibiotiques intéresse tout le monde », souligne Claude Le Pen. Selon l’économiste, cela « montre que les mesures fonctionnent mieux lorsque l’intérêt de santé publique et l’intérêt économique convergent ».

L’étude cite enfin trois autres moyens rentables et qui passent encore par une amélioration de l’usage responsable du médicament : 42 milliards de dollars pourraient être économisés sur la prévention des erreurs médicamenteuses, 30 via un recours optimal aux médicaments génériques (30 milliards) et enfin 18 grâce à une meilleure gestion des polymédications, notamment chez les personnes âgées.

Le rôle clé du pharmacien

Même si ces leviers d’économies identifiés par IMS renvoient à une situation optimale dans l’utilisation du médicament, les auteurs de l’étude estiment qu’ils ne sont nullement inatteignables. Et de suggérer un rôle renforcé du pharmacien, la mise au point de programmes de desease management, mais aussi le développement de bases de données pour mieux évaluer l’usage du médicament dans le système de santé.

La France, dans laquelle le poste médicament marque le pas depuis un an, peut-elle faire siennes ces recommandations pour optimiser encore sa consommation de médicaments ? Oui ont répondu certains des principaux décideurs présents à ces "Universités de Pharmaceutiques", cadre de présentation de l’étude en décembre. À entendre Frédéric Van Roekeghem, il resterait encore des marges de manoeuvre de l’ordre de 10 % sur le médicament. Et, devant un parterre aux trois quarts composés d’industriels, le patron de la Cnamts assure : « nous devons faire encore des efforts dans le domaine de la pertinence des prescriptions, car nous sommes très loin de ce qui parait raisonnable au regard de la plupart des pays voisins. » Président du Comité économique des produits de santé, Dominique Giorgi renchérit : "Il faut résolument s’attaquer au bon usage, via la maîtrise de la prescription."

Jean Paillard
Source : Legeneraliste.fr
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