Déremboursement - Les pilules de 3e génération seraient elles devenues dangereuses ?

DéremboursementLes pilules de 3e génération seraient elles devenues dangereuses ?

02.01.2013

Oui, selon la ministre de la Santé qui a annoncé mercredi, qu’elle avançait de 6 mois la date de leur déremboursement. Alors que 30 plaintes seront prochainement déposées par des femmes s’estimant victimes des pilules de 3e et 4e génération, le directeur général de l’Ansm souhaite restreindre leurs prescriptions. Et alerte de nouveau sur les conditions de prescription de la contraception orale.

  • Les pilules de 3e génération seraient elles devenues dangereuses ? - 1

    Les pilules de 3e génération seraient elles devenues dangereuses ?

A l’heure où les textes de loi de sur le remboursement à 100 % des méthodes contraceptives chez les mineures âgées de 15 à 18 ans sont attendus, la pilule de 3e génération est le mauvais cadeau de Noël de Marisol Touraine. L’espace médiatique de cette fin d’année 2012 aura été fortement embolisée par les annonces successives de cas de patientes victimes des effets indésirables thrombo-emboliques liés l’utilisation de ces méthodes contraceptives.

Au point que Dominique Maraninchi, directeur directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) vient d’annoncer que « la pilule de 3ème génération pourrait n'être délivrée que par certains professionnels à l'avenir [à définir : ndlr] » tout en dénonçant «un emploi excessif» de ces pilules en France. En effet, les prescriptions de contraceptifs oraux combinés de 3e génération et de 4e génération contenant de la drospirénone sont en augmentation régulière; elles représentaient en 2010 environ 50 % des ventes de contraceptifs oraux combinés.

Marisol Touraine a elle aussi décidé de réagir vite. IInitialement prévu pour le 30 septembre 2013, le déremboursement de ces pilules va donc être avancé de six mois. La ministre de la Santé vient de décider mercredi de mettre fin au remboursement des pilules de 3e génération dès le 31 mars 2013, le temps pour les utilisatrices d’envisager, avec leurs médecins, un autre mode de contraception, si elles le souhaitent.

Il faut bien dire que depuis septembre dernier les agences sanitaires, HAS et Ansm de concert, n’ont eu de cesse d’alerter les prescripteurs sur le risque thrombo-embolique des progestatifs contenus dans les contraceptifs oraux de 3e et de 4e génération et de se prononcer « en faveur de la prescription en première intention de pilules de 2e génération contenant du lévonorgestrel » (voir encadré).

Un risque thrombo-embolique accru, mais pas nouveau

Certes ce risque thrombo-embolique n’est pas nouveau. Depuis l’introduction des contraceptifs oraux combinés en 1961, la thrombose veineuse (phlébite, embolie pulmonaire) est un effet indésirable connu, rare mais grave. En comparaison avec les femmes non-utilisatrices de pilules, le surrisque de thrombose veineuse dépend du type de contraception orale utilisée. Selon la HAS, le risque d’événement est accru avec les C3G par rapport aux C1G/C2G. Chez la femme en bonne santé sans autre facteur de risque, il est d’environ 0,02 % par an avec les C1G/C2G ; avec les C3G, il passe à 0,04 % par an (soit 4 accidents par an au lieu de 2 pour 10 000 utilisatrices). Déjà pointé en 2007 par la Commission de Transparence de la HAS qui n’avait accordé au C3G qu’un SMR favorable en seconde intention (avis non suivi !), ce risque embolique n’a fait que se confirmer au fil des ans, au fur et à mesure de l’augmentation de leur consommation. En parallèle, les données en vie réelle avaient sérieusement écorné le dogme du bénéfice de ces pilules sur les effets indésirables comme l’acné, la prise de poids, les nausées, les mastodynies, la dysménorrhée, l’aménorrrhée et les méno-métrorragies.

Si l’usage de la pilule recule selon une enquête Ined/Inserm, la contraception orale reste la méthode la plus utilisée en France et figure parmi les moyens les plus efficaces (indice de Pearl < 1) pour la prévention des grossesses non désirées ».

Pour aller plus loin
Dr Linda Sitruk
Source : Legeneraliste.fr

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
.

Pour la HAS, aucune situation clinique n'est incompatible avec la téléconsultation ou la télé-expertise

Alors que l'avenant conventionnel sur la télémédecine est en passe d'être signé par les syndicats, inscrivant ainsi dans le droit commun la téléconsultation et la télé-expertise, la Haute autorité...2

Bobologie, téléconsultation, renouvellements... les pharmaciens prêts à aider les généralistes dans le premier recours

.

Les premières auditions de la commission d'enquête pour l'accès aux soins se tenaient ce jeudi rue de l'Université. Les représentants des... 10

Pour évaluer la perte de revenus liée à la nouvelle ROSP, les Généralistes-CSMF lancent un observatoire

.

Depuis plusieurs semaines, les généralistes ont fait savoir leur inquiétude d'une perte conséquente de leur Rémunération sur objectifs de... Commenter

Prévention LA PROMOTION DE LA PRÉVENTION EN SALLE D’ATTENTE EST INEFFICACE Abonné

Salle d'attente

La salle d’attente du généraliste est logiquement un lieu idéal – puisque contextualisé – d’affichage de messages sanitaires, notamment... Commenter

Nutrition LES RÉGIMES RESTRICTIFS Abonné

Régime restictif

De plus en plus de patients se lancent dans des régimes restrictifs sans en connaître les conséquences. Nous faisons le point sur plusieurs... 1

A découvrir