Aiguilles - Un médecin de ville sur trois victime d’un accident d’exposition au sang

AiguillesUn médecin de ville sur trois victime d’un accident d’exposition au sang

22.12.2012

Une étude publiée dans le BEH pointe une fréquence importante d’accidents d’exposition au sang chez les médecins libéraux. La prévention dans le maniement correct du matériel, la conduite à tenir post-exposition et la souscription plus systématique à une assurance complémentaire sont à améliorer.

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    Un médecin de ville sur trois victime d’un accident d’exposition au sang

Les risques infectieux professionnels, en particulier les accidents d’exposition au sang (AES) sont surveillés dans les hôpitaux en France, peu d’études ont évalué ces risques dans les structures médicales ambulatoires. Celle qu’a publié le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) cet automne vient combler cette lacune. On y apprend qu’au cours de leur exercice professionnel, un tiers des médecins (33%) déclarent avoir été victimes d’accidents d’exposition au sang (AES) et 8,2% dans l’année écoulée selon l’étude Capibic.

Les auteurs de ce travail ont fait une enquête descriptive transversale auprès de médecins libéraux, généralistes et spécialistes, exerçant dans le secteur Nord de Paris. Les données ont été recueillies de novembre 2010 à mars 2011 par auto-questionnaires explorant les accidents d’exposition au sang (AES), l’élimination des déchets d’activité de soins à risque infectieux (Dasri) et la couverture vaccinale. 147 médecins ont participé à cette étude qui a inclu 69 généralistes et 78 spécialistes dont la plupart (89%) réalisaient des gestes invasifs. On peut discuter l’évaluation de la fréquence de ces accidents (près de 10 % des médecins ont indiqué avoir subi un accident d’exposition au sang dans l’année écoulée) : «Cette prévalence peut être surestimée par le caractère rétrospectif de l’étude et par un éventuel biais de sélection, le fait d’avoir été victime d’AES pouvant inciter un médecin à participer à l’étude,» notent les auteurs. Pour avoir une vision plus représentative, une autre étude, cette fois en milieu rural, est en cours de réalisation.

Le recapuchonnage à l’index

Mais pour l’heure, l’étude Capibic est riche d’enseignement sur les habitudes des professionnels en milieu urbain. Et l’on voit bien que les précautions standard n’y sont pas systématiquement respectées. Chez les généralistes, le maniement des aiguilles notamment est à améliorer. « La moitié des médecins de l’étude recapuchonnait les aiguilles après utilisation, ce geste étant pourtant à risque élevé d’AES, » soulignent les auteurs du BEH. 76 % ne portaient pas de gants pour faire une intra-musculaire et 84,6 % pour une sous-cutanée. En revanche, le collecteur a matériel souillé était présent dans 86,3 % des cabinets médicaux. Le tri déclaré des Dasri (déchets d’activités de soins à risque infectieux) piquants/coupants/tranchants était mieux respecté au cabinet qu’en visite au domicile, seulement 33 % des médecins emportant leur collecteur de déchets à domicile.

Peu de déclarations

Même si ces chiffres traduisent une évolution des comportements des praticiens, les auteurs de l’étude estiment qu’il y a encore du progrès à faire chez les médecins de ville, et notamment chez ceux thésés avant 2000 qui n’ont pas bénéficié de formation ad hoc. Ce constat vaut aussi concernant l’attitude des professionnels une fois l’accident intervenu.

En post-exposition, 82 % des médecins victimes d’AES ont déclaré avoir immédiatement lavé et désinfecté la plaie, 29 % ont consulté un médecin référent et 8,2 % ont reçu un traitement antirétroviral. Moins d’un quart des accidents (24%) des AES ont été déclarés comme accidents de travail et 33% des médecins avaient souscrit à une assurance complémentaire accident de travail-maladie professionnelle (AT-MP) qui leur ouvrent les mêmes droits que leurs confrères hospitaliers. Les médecins ont déclarés dans 85% des cas qu’ils étaient à jour de leurs vaccins obligatoires (DTP, hépatite B).

Dr Muriel Gevrey
Source : Legeneraliste.fr

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