Démographie médicale - Visite éclair de la ministre dans la Vienne, en croisade contre les déserts médicaux

Démographie médicaleVisite éclair de la ministre dans la Vienne, en croisade contre les déserts médicaux

13.12.2012

A Scorbé-Clairvaux, dans la Vienne, la ministre de la Santé a présenté ce jeudi un Pacte territoire-santé avec 12 engagements. Occasion de lancer la reconquête de l’offre de soins à partir d’une petite commune qui abrite pôle et maison de santé. La visite fut aussi l’occasion de dialoguer avec les professionnels de santé. Et de prendre exemple sur les réalisations faites dans la région par Ségolène Royal, qui accueillait pour l’occasion chez elle la ministre.

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    Visite éclair de la ministre dans la Vienne, en croisade contre les déserts médicaux

C’est de concert, presque main dans la main, que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, et la présidente de Poitou-Charentes, Ségolène Royal, se sont rendues ce jeudi matin à la maison de santé pluridisciplinaire de Scorbé-Clairvaux, située à une quarantaine de kilomètres de Poitiers, et qui constitue avec le site de Lencoître, le pôle de santé de l’Envigne. Professionnels de santé et élus locaux étaient également présents pour les accueillir. Le site n’est peut-être pas à proprement parler un désert médical, puisque, comme le fait remarquer la FMF «à 11km de Chatellerault, la moyenne des médecins est de 1/1250 habitants, soit exactement la moyenne nationale.» Mais le terrain était en revanche suffisamment exemplaire pour servir à la ministre d’exemple de reconquête de l’offre de soins dans les territoires rurtaux : pour garantir l’offre de soins du Lencoîtrais qui compte près de 9 000 habitants, plus d’une trentaine de professionnels de santé dont huit médecins, douze infirmiers, six masseurs-kinésithérapeutes et trois dentistes, se sont en effet organisés pour travailler ensemble et coordonner leurs équipes.

Des incitations qui portent leurs fruits en Poitou-Charentes

Après une visite éclair de la maison de santé et quelques échanges avec les professionnels de santé, une table ronde était organisée avec la ministre de la Santé, la présidente de la région Poitou-Charentes et l’ensemble des élus locaux, ainsi que quelques professionnels de santé autour des moyens à déployer pour lutter contre les déserts médicaux. Les uns et les autres évoquèrent aussi les engagements pris par la Région auprès des élus et des professionnels de santé sur cette problématique de l’offre de soins en zone rurale. « Il y a aujourd’hui 55 maisons de santé sur notre territoire dont la moitié sont en cours de construction. Nous sommes passés de la phase d’expérimentation à la phase de construction », se félicite Ségolène Royal. « Il est donc possible de retourner la tendance de la désertification et attirer les jeunes », a-t-elle poursuivi. Pour cela, la Région a offert une indemnité de déplacement aux étudiants en médecine de deuxième cycle effectuant un stage de médecine générale en milieu rural, ainsi qu’une indemnité de déplacement et de logements aux étudiants de troisième cycle. Selon les chiffres communiqués par le Conseil régional sur les 330 internes aidés, 42 se sont installés en tant que médecins généralistes en Poitou-Charentes, soit 12,7%, alors que la moyenne nationale se situe autour de 8%, dont 21 dans une commune rurale.

200 contrats de praticiens territoriaux, 100% de stage au cabinet, 1500 bourses

Des chiffres qui ont sans doute convaincus la ministre de la Santé dans le développement au niveau national des expériences et des idées qui avaient été jusqu’ici mises en oeuvre dans la Région. Rappelant que sa ploitique ne passerait pas par la coercition, Marisol Touraine a ensuite précisé les 12 engagements de son «Pacte territoire-santé» (voir aussi l’entretien qu’elle a donné au Généraliste). Elle a surtout insisté sur la garantie des stages en médecine générale, ainsi que le contenu des cours dispensés à l’université qui devraient préparer les étudiants à la gestion courante d’un cabinet. Reprise du Contrat d’engagement du service public (CESP) de l’ancienne ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, les bourses de service public qui seront mis en place dès la rentrée 2013 (la ministre espère arriver à 1500 signées en 2017) doivent permettre d’inciter les futurs médecins à s’installer dans des zones sous-denses en échange du financement de leurs études. Le dispositif sera étendu aux chirurgiens-dentistes car « il ne manque pas seulement de médecins généralistes», a précisé la ministre.

Annoncés au moment de la discussion du PLFSS à l’Assemblée, les 200 contrats de praticiens territoriaux permettront d’assurer aux jeunes installés dans les zones blanches une garantie de revenu minimum annuel, de l’ordre de 55 000 euros. S’ajoute au plan, l’installation d’un guichet unique dans chaque ARS pour informer les étudiants, la valorisation du travail en équipe par la mise en place de rémunérations forfaitaires dès l’année prochaine, l’accélération des transferts de compétences et le développement de la télémédecine. Autant de chantiers que Marisol Touraine espère concrétiser dans les prochains mois. La formation n’est pas en reste. La ministre s’est également engagée à rapprocher les maisons de santé des universités afin de multiplier les terrains de stage en médecine générale.

Un rapprochement ville/hôpital

Après avoir rassuré les libéraux, la ministre de la Santé a tout de même annoncé l’arrivée des hospitaliers et des salariés dans l’ambulatoire, afin « d’appuyer des spécialités installés dans des zones fragiles ». Elle ensuite plaidé en faveur de plus de coopération entre les hôpitaux et la médecine de ville, et rappelé le rôle « essentiel » joué par les hôpitaux locaux, dont « nous devons lever les obstacles juridiques et financiers qu’ils rencontrent », a-t-elle assuré.

Enfin, soucieuse de respecter l’un des engagements pris par le président de la République, qui était de garantir sur tout le territoire un accès aux soins urgents en moins de trente minutes, la ministre a voulu donner des gages sur ce terrain-là : des solutions comme la création de médecin correspondant du SAMU, qui serait «un généraliste qui a reçu une formation spéciale à la prise en charge des urgences», ou de services mobiles d’urgence et de réanimation vont être mis en place pour tenir l’engagement présidentiel à l’horizon 2015.

Après les annonces, qui ont suscité des réactions mitigées chez les syndicats notamment chez les jeunes, place désormais à la concertation et à la « démocratie participative ». Marisol Touraine a rendu hommage à la formule en s’adressant à son auteur, Ségolène Royal. La ministre a en effet prévu de recevoir professionnels de santé, syndicats, élus locaux et ARS en vue d’apporter d’éventuelles modifications à ses propositions.

Caroline Laires-Tavares, envoyée spéciale du generaliste.fr à Scorbé-Clairvaux
Source : Legeneraliste.fr
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