Journée mondiale du Sida - Un quart des séropositifs meurent du sida

Journée mondiale du SidaUn quart des séropositifs meurent du sida

01.12.2012

Les trois quarts des patients séropositifs ne meurent pas du Sida. C’est ce que révêle un état des lieux sur la maladie en France publié dans le BEH. Dans l’Hexagone, un peu plus de 6000 personnes ont découvert leur séropositivité l’an passé. Un chiffre stable, alors que les sérologies VIH augmentent. Cela signifie-t-il une diminution du nombre de personnes contaminées mais non diagnostiquées ? Pour les experts, il est encore trop tôt pour l’affirmer.

  • Un quart des séropositifs meurent du sida - 1

    Un quart des séropositifs meurent du sida

En 2010, le sida représente un quart des causes de décès des patients vih positifs en France métropolitaine. Dans les DOM la proportion est d’un tiers. La majorité des patients décèdent désormais de causes diverses, alors que leur infection est contrôlée sous traitement. Faut-il s’en réjouir ou le déplorer ? Pour le Pr Jean-Delfraissy (directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida) et le Dr Francis Barin (responsable du Centre national de référence du VIH), auteurs de l’éditorial du dernier BEH (Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire) consacré au VIH/sida en France, le progrès ne fait nul doute : « trente ans après l’émergence de l’épidémie de VIH/sida, on peut se réjouir que des progrès considérables, notamment dans le domaine de la prise en charge thérapeutique, aient permis de donner une image moins dramatique de cette pathologie. Cependant, cette proportion reste importante dans un pays où les personnes ont majoritairement un meilleur accès au système de soins qu’aux États-Unis, par exemple. »

5,2 millions de sérologies réalisées en 2011

De fait, le diagnostic tardif de l’infection à VIH, un traitement antirétroviral moins souvent prescrit et un moins bon contrôle immuno-virologique observé chez les patients décédés du sida, sont autant d’indicateurs prouvant qu’une amélioration du dépistage et une prescription plus précoce du traitement devraient permettre de réduire le nombre de décès liés au sida.

Certes, le nombre de personnes découvrant leur séropositivité chaque année reste relativement stable depuis 2007 (voir les données statistiques). Ils étaient 6100 en 2011. Mais nous savons aussi qu’environ 30 000 personnes ignorent leur séropositivité en France ! Suite à la publication des recommandations d’élargissement du dépistage en 2010 par la HAS, 5,2 millions de sérologies VIH ont été réalisées en France en 2011, soit une augmentation de 4% par rapport à 2010. Mais selon les co-signataires de l’éditorial du BEH, « il est cependant encore trop tôt pour déterminer si cet élargissement permet un diagnostic plus précoce et une diminution de la prévalence des personnes infectées par le VIH, mais non diagnostiquées. La poursuite de la surveillance au travers de la notification obligatoire de l’infection VIH devrait nous apporter la réponse dans les prochaines années. »

Ne pas relâcher la vigilance

Plus que jamais la vigilance est de mise. La sixième enquête ANRS-KABP réalisée en 2010 et portant sur les connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH/sida, montre que l’infection tend à se banaliser en population générale et apparaît comme un risque de plus en plus éloigné des préoccupations.

Les modes de transmission et l’efficacité des moyens pour se protéger du VIH sont globalement bien connus : depuis 1994, plus de 99% des répondants savent que le VIH se transmet « lors de rapports sexuels sans préservatif » ou « lors d’une piqûre de drogue avec une seringue usagée », et 94% savent qu’utiliser un préservatif est un moyen efficace pour se protéger du VIH. Mais, ils sont plus nombreux en 2010 à penser à tort que le virus peut se transmettre « par une piqûre de moustique » et toujours autant à croire qu’il peut se transmettre « dans les toilettes publiques » (16,8% en 2010 contre 16,7% en 1994). Cette méconnaissance concerne surtout les jeunes âgés entre 18 et 30 ans, qui deviennent en 2010, pour la première fois, moins bien informés que leurs aînés. Et dans cette tranche dâge, le niveau culturel creuse l’écart, puisque les plus diplômés d’entre eux restent ceux qui connaissent le mieux la maladie et ses mécanismes de transmission.

Premiers touchés, les gays et les personnes nées en Afrique

Si l’incidence de l’infection VIH ne diminue pas dans la population des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes - 200 fois plus élevée que chez les hétérosexuels français ! – les personnes nées à l’étranger (majoritairement dans que pays d’Afrique subsaharienne) contaminées par rapports hétérosexuels, représentent le deuxième groupe le plus concerné. Chacune de ces populations représentent 40% des découvertes de séropositivité en 2011.

Alors, dans ce contexte que l’on peut interpréter soit du point de vue du verre à moitié vide ou soit du verre à moitié plein, le slogan de cette journée du 1er décembre: « Objectif zéro : zéro nouvelle infection, zéro discrimination, zéro décès » est un objectif scientifiquement réaliste, mais qui suppose la vigilance de tous. C’est en tout cas la leçon que retient Marisol Touraine qui lance ce 1er décembre une double mobilisation : des professionnels en rappelant l’importance du dépistage et des populations via une campagne sur le préservatif.

Dr Linda Sitruk
Source : Legeneraliste.fr
Commentez Commenter

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

| S’inscrire gratuitement

|

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
.

Baromètre Santé 2016 La confiance envers les vaccins reviendrait-elle ?

À la veille du débat parlementaire sur l’obligation vaccinale, Santé Publique France a fait les choses « en grand » en publiant un volumineux BEH sur la vaccination des jeunes enfants et en...Commenter

Pelloux réclame l'ouverture de centres de santé jusque tard le soir

.

"21 millions de passages aux urgences" ont été recensés en 2016, un chiffre "multiplié par deux en vingt ans". C'est Patrick Pelloux qui l'a... 22

[Vidéo] Un Livre Blanc souligne les lacunes dans la prise en charge de la douleur

Douleur

La Société Française d'Etude et de Traitement de la Douleur (SFETD) a présenté mardi 17 octobre le Livre blanc de la douleur 2017, alertant... 3

Sécurité alimentaire LES COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES DESTINÉS AUX SPORTIFS Abonné

Complements alimentaires

Une alimentation équilibrée, diversifiée et privilégiant les aliments de haute densité nutritionnelle suffit à satisfaire les besoins... 1

Recherche en Médecine Générale INFECTION URINAIRE : DIAGNOSTIC TROP EMPIRIQUE Abonné

Bandelette urinaire

La prise en charge des infections urinaires (IU) a fait l’objet de recommandations en 2008 publiées par l’Assaps, puis d’une actualisation... 2

A découvrir