Justice - L’ex-généraliste d’Arras prend cinq ans fermes pour agressions sexuelles

JusticeL’ex-généraliste d’Arras prend cinq ans fermes pour agressions sexuelles

25.11.2012

Un jeune médecin généraliste, le Dr Rudy Malbranque, a été condamné samedi à 5 ans de prison par le tribunal correctionnel d'Arras. Ce médecin de 33 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel pour «atteintes sexuelles avec autorité» sur plusieurs de ses patientes et sur une aide-soignante de l’Ehpad dont il était devenu médecin coordinateur.

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Le Dr Rudy Malbranque a été donc condamné samedi à 5 ans de prison par le tribunal correctionnel d'Arras au terme d’un procès qui a duré plus de deux jours. Le jugement a été prononcé vers 05H00 samedi matin, après plus de quatre heures de délibéré. Relaxé pour trois cas, le prévenu a été reconnu coupable d'atteinte sexuelle sur 13 patientes, en ayant abusé de l'autorité conférée par ses fonctions. Incarcéré depuis près de 11 mois, il devra se soumettre pendant huit ans à un suivi socio-judiciaire avec injonction de soins et s'est vu interdire, à titre définitif, de pratiquer la médecine ou une activité le mettant en contact avec des mineurs. Dans cette affaire, le tribunal s'est malgré tout montré plus clément que le parquet, qui avait requis une peine de huit ans de prison contre le praticien de 33 ans, qualifié de «prédateur sexuel».

Au long de son procès, le médecin généraliste a parteillement reconnu les faits. Mais, il s’est défendu en évoquant une adidiction sexuelle et en évoquant l’illusion d'un sentiment partagé avec certaines des 16 patientes qu'il est accusé d'avoir agressées sexuellement. «Je l'ai embrassée sur la bouche, je l'ai portée sur la table. On s'est embrassé. Quand elle a dit "stop", j'ai arrêté. Je pensais qu'il y avait un sentiment réciproque. (...) Je me suis trompé.» Interrogé par la présidente du tribunal correctionnel d'Arras sur les déclarations d'une jeune patiente qui dit avoir subi des attouchements sexuels sur la table d'examen notamment, il a répondu :«j'avais construit en moi le sentiment qu'il y avait peut-être quelque chose», citant «des sourires, des regards, quelques attitudes, que j'ai mal interprétés».

Les faits ont conduit à la mise en examen du Dr Rudy Malbranque pour atteintes sexuelles avec abus de l'autorité conférée par ses fonctions. Les agressions sexuelles sur les patientes auraient commencé dès novembre 2007, alors qu'il venait de s'installer comme généraliste à Saint-Laurent-Blangy, une commune populaire du Pas-de-Calais située à quelques kilomètres au nord-est d'Arras. Caresses sexuelles, auscultations intrusives, relations sexuelles par contrainte psychologique et photos sous les jupes se seraient poursuivies jusqu'à sa mise en examen en mai 2009. Avec ces patientes -agées de 14 à 48 ans au moment des faits- que, semble-t-il, il tutoyait pour certaines, le médecin a affirmé à la barre avoir eu «un sentiment amoureux», des «discussions amicales» ou «une relation de confidente à confident» au sein de son cabinet.

A l’issue de la première dénonciation de patiente, il avait alors été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer la médecine générale. Devenu médecin coordonateur aux établissements pour personnes âgées dépendantes du Centre hospitalier de Boulogne-sur-Mer à l'automne 2009, il aurait récidivé en janvier 2012 en agressant sexuellement une stagiaire aide-soignante. La plainte de cette dernière a conduit la justice à révoquer son contrôle judiciaire et à l'écrouer au début de l’année 2012.

Dans cette affaire, la plupart des victimes présentaient un caractère«particulièrement vulnérable», selon le parquet : elles souffraient d'un manque d'assurance, de dépression, de maltraitances ou de violences conjugales, et certaines avaient déjà subi des agressions sexuelles dans le passé. Le médecin assure ne pas s’être rendu compte de leur fragilité et explique avoir pris conscience en prison «des choses que j'ai pu faire et des conséquences qu'elles ont pu avoir».«Je n'avais pas une vie sexuelle très épanouie avec mon épouse», enceinte à l'époque, a aussi dit le prévenu. Mais «je comprends. Il y a eu un décalage dans mon comportement en tant que médecin», a-t-il reconnu.

Paul Bretagne (avec AFP)
Source : Legeneraliste.fr

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