Santé publique - Qui est bien vacciné dans votre patientèle ?

Santé publiqueQui est bien vacciné dans votre patientèle ?

20.11.2012

L’InVS dresse pour la première fois un tableau de la couverture vaccinale française. Constat en demi-teinte. DT-Polio coqueluche et Hemophilus influenzae sont bien entrés dans les moeurs chez l’enfant. Mais l’adulte reste mal protégé et son statut vaccinal, le grand inconnu des relevés épidémiologiques. Priorité numéro un de l’INVS, la rougeole. Même si ce n’est pas là que les taux de couverture vaccinale sont les plus bas...

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    Qui est bien vacciné dans votre patientèle ?

C’est une première en France ! Dans son premier rapport exhaustif « mesure de la couverture vaccinale en France-sources de données et données actuelles », qui a été présenté amrdi, l’INVS pointe les bons et les moins bons élèves du calendrier vaccinal.

Bons points pour qui ? Pour les enfants essentiellement. Les taux de couvertures atteints sont la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’haemophilus influenzae chez l’enfant, mais pas chez l’adulte. « Chez l’enfant, la primo-vaccination en trois doses atteint 98 % », note le Dr Jean-Paul Guthmann (coordinateur du programme à l’INVS). Il rappelle qu’en 2012, les objectifs de vaccination sont de 95 % pour toutes les vaccinations, à l’exception de la grippe dont l’objectif est de 75 %.

Couverture perfectible pour la rougeole...

En progrès, mais peut mieux faire : la couverture vaccinale contre la rougeole est insuffisante mais stable. Cette vaccination a connu une bonne progression en atteignant un taux de 90 % en primo-vaccination, mais l’arrêt de la transmission de la maladie n’est effectif qu’en cas de couverture supérieure à 95 % ! « Cela explique les 22 000 cas rapportés depuis 2008 », a indiqué le Dr Guthmann. La répartition géographique est hétérogène avec un quart sud-est moins bien couvert, malgré une démographie médicale avantageuse. La deuxième dose est en progrès et atteint 61 % à deux ans alors qu’elle était de 30 % en 2006. « La rougeole reste la priorité », a souligné Françoise Weber (directrice de l'INVS).

Insuffisant : le BCG est en effet encore à la traîne. Il était obligatoire jusqu’en 2007, date à laquelle il n’est resté recommandé qu’en Ile de France en Guyane, et auprès de populations à risque en dehors de ces deux zones géographiques. En Ile de France, la couverture est « relativement bonne » avec une couverture de 79 % à l’âge 9 mois. Hors Ile-de-France, la population à risque est insuffisamment protégée, la couverture étant de 30 à 40 % en libéral et de 60 % en PMI. Depuis le changement de la politique vaccinale avec le BCG en 2007, il n’y a pas eu de recrudescence de la tuberculose. Le Dr Guthmann note également que la désaffection du BCG est antérieure au changement de la politique vaccinale, car la régression s’est amorcée lors de la suppression du Monovax au profit de l’injection intra-dermique, plus difficile techniquement.

... Et plus encore pour la coqueluche ou l’HPV

La couverture par le vaccin contre la coqueluche est, elle aussi, perfectible. 57 % des ados sont couverts alors qu’un rappel est prévu dans la classe d’âge 11-13 ans. Les jeunes pères et les jeunes mères ne sont vaccinés que dans 20-27 % des cas, un pourcentage très insuffisant pour espérer une protection de groupe et enrayer la transmission autour de la femme enceinte. Il a été rapporté plusieurs cas de coqueluche grave transmis dans la majorité des cas par l’entourage du très jeune enfant.

Pour l’HPV, la situation laisse aussi à désirer. 39 % des jeunes filles ont bénéficié d’un schéma en 3 doses. Il se pose la question du ciblage de la vaccination. Il est possible que ce soit les même jeunes filles qui sont à la fois vaccinées et partie prenante au dépistage par frottis, auquel cas « la valeur ajoutée de la vaccination sera très faible ». A l’autre extrémité du spectre, toute une partie de la population à risque de ne bénéficier d’aucun des moyens de protection contre le cancer du col de l’utérus.

Insuffisante mais en progrès : la vaccination contre l’hépatite B atteint désormais 66 %, alors qu’elle a stagné à 30 % pendant des années. Le remboursement en 2008 du vaccin hexavalent (DTCP Hémophilus et hépatite B) y aurait contribué. La vaccination contre le pneumocoque est de 89 % et le dernier vaccin introduit dans le calendrier vaccinal, dirigé contre le méningocoque est jugé insuffisant avec un taux de 51 % pour une cible à 95 %.

Des adultes en retard

En fait, la grande désillusion vient de la couverture vaccinale de l’adulte. « 30 à 60 % sont à jour de leur rappel décennal DTP», a indiqué le Dr Guthmann. Hasard du calendrier, un homme de 92 ans a été hospitalisé dans l'Oise pour un cas de diphtérie autochtone, maladie exceptionnelle en France dans sa version transmissible de l'animal à l'homme, a indiqué aujourd’hui l'Agence régionale de santé de Picardie.

La vaccination anti-grippale subit une désaffection : elle plafonne à 54 % en 2011 chez les plus de 65 ans, alors que le taux atteignait 63 % en 2008 et 2009. Pour les sujets plus jeunes à risque souffrant de maladie chronique, la couverture antigrippale est très inférieure à 50 % !

Des soignants à jour

Chez les soignants, la couverture est de 90 % pour les vaccins obligatoires (DTB, BCG, hépatite B). En revanche, pour les vaccins recommandés, la varicelle ne concerne que 26 % des professionnels de santé, la coqueluche 11 %, la rougeole 50 % et la grippe 25 % des professionnels de santé.

Il ressort enfin de ce premier état des lieux général de la vaccination que les adultes souffrent d’une méconnaissance de leur statut vaccinal. Loin du carnet de santé de leur enfance et souvent vaccinés en médecine du travail ou dans des centres spécialisés du voyageur, les vaccinations de l’adulte échappent à l’analyse épidémiologique. A ce titre, le carnet de vaccinations électronique proposé sur le site mesvaccins.net pourrait être « un outil d’avenir » pour Jean-Paul Guthmann. « Il inscrit les vaccinations faites et celles à faire. Il y a un projet avec le Pr Jean-Louis Koeck, maître d’œuvre du projet, pour l’évaluer en Aquitaine dans le cadre des journées d’appel à la défense ». Le statut vaccinal pourrait aussi être saisi lors de la consultation médicale via le dossier médical personnel.

Dr Muriel Gevrey
Source : Legeneraliste.fr
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