ASV, régime complémentaire... - Le président de la CARMF pose la question de confiance aux médecins libéraux sur l’avenir de leur retraite

ASV, régime complémentaire...Le président de la CARMF pose la question de confiance aux médecins libéraux sur l’avenir de leur retraite

08.11.2012

Réélu à la rentrée à la tête de la caisse de retraite des médecins libéraux, Gérard Maudrux lance une consultation auprès des 170 000 cotisants et retraités de la CARMF. Age du départ à taux plein, rééquilibrage du régime complémentaire, réforme de l’ASV...Les affiliés ont jusqu’à la fin de la semaine pour donner leur avis sur l’évolution de leur retraite. Une opération de démocratie directe qui ne plait pas à tout le monde...

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    Le président de la CARMF pose la question de confiance aux médecins libéraux sur l’avenir de leur retraite

On ne vous dit pas tout... C’est en substance ce que le président de la CARMF laisse entendre aux médecins libéraux dans le dernier éditorial de la Lettre CARMF, qui s’accompagne d’une consultation des intéressés. Les 126 000 médecins cotisants et les 46 000 allocataires ont jusqu’au 10 novembre pour donner leur avis, sur des points qui concernent l’avenir de leurs pensions... et qui souvent opposent la CARMF et les syndicats de médecins libéraux.

L’urologue de Grenoble, désormais retraité, explique d’abord à ses confrères que le passage de la retraite à taux plein à 67 ans, déjà effectif depuis la réforme Woerth de 2010 pour le régime de base de la CARMF, n’est plus qu’une question d’années pour les deux autres régimes : l’ASV (39% de la retraite actuelle) et le régime complémentaire (42%). Dans les coulisses de la DSS (Direction de la Sécurité Sociale) du ministère de la Santé, les projections intégreraient déjà ce paramêtre, en tout cas pour l’ASV, suggère le Dr Gérard Maudrux. "Se battre contre quelque chose d’inéluctable, avec des conséquences financières moins significatives qu’il n’y paraît, est-ce bien raisonnable ? Je n’en suis pas sûr. Le plus important est que dans tous les cas, vous gardez le libre choix de partir à 62, 65 ou 70 ans," souligne le président de la CARMF, qui, pour sa part, ne semble guère hésiter sur la décision à prendre dès à présent.

La CARMF pose néanmoins la question aux médecins : "Souhaitez-vous que les âges de retraite des trois régimes soient alignés ou préférez-vous garder les 65 ans pour le seul régime complémentaire ?" Grand seigneur, Gérard Maudrux annonce à ces confrères que "je défendrai votre choix, quel qu’il soit". Mais -sans illusion sur la suite du feuilleton- il ajoute: "ce n’est pas moi qui vous promettrai que demain vous resterez indéfiniment à 65 ans sur un seul régime..."

La CARMF veut ensuite obtenir l’assentiment des médecins sur d’éventuelles mesures de rééquilibrage du régime complémentaire, le seul des trois gérés par la CARMF, qui, aux yeux du président, paraisse promis à un équilibre durable, moyennant quelques mesures "représentants 10% de financement supplémentaire". "Souhaitez-vous que l’on privilégie une hausse des cotisations, une baisse de la valeur du point, ou un mixage équitable ?" demande à ce propos la CARMF aux médecins libéraux. Gérard Maudrux entend jouer carte sur table avec les affiliés : "C’est le Conseil d’administration qui prendra la décision finale, mais il souhaiterait avoir votre opinion" .

Relance de la polémique sur l’ASV

La troisième question posée aux médecins est encore plus polémique. Elle concerne la réforme en cours de l’ASV, sur laquelle Gérard Maudrux n’a jamais caché ses réserves et son agacement. L’exposé des motifs est de ce point de vue, on ne peut plus clair sur le différent Carmf-syndicats sur ce sujet : "La CARMF s’est depuis longtemps opposée à la fuite en avant de ce régime basé sur des promesses qui ne peuvent être tenues, créant des inégalités considérables entre confrères. À cotisation égale, certains vont toucher quinze fois moins que d’autres et que ce qui était promis il y a trente ans. Il n’y a aucune garantie écrite sur les deux tiers du financement par les caisses, objet d’un chantage permanent, aux contreparties plus lourdes que les avantages. En 2011, après avoir défendu une extinction progressive, par pragmatisme nous avons fait des propositions d’équilibre et de justice qui ont obtenu l’accord et la signature de tous. Ce consensus a été malmené, certains reniant leur signature dès le lendemain..." Le président de la CARMF qui dit avoir été "écarté de toutes les discussions entre la signature du consensus avec les syndicats et la publication de la réforme", ne supporte plus que l’on dise "partout" "que "la profession a donné son aval à cette réforme". Et il pose tout à trac la question aux médecins : "Approuvez-vous la réforme de l’ASV ?"

MG critique la CARMF et donne ses consignes de vote

La dernière question est plus technique, encore que pas totalement dénuée d’intentions politiques. Elle concerne une éventuelle extension de la prise en charge des IJ des médecins par la CARMF, au-delà de l’actuel délai de carrence de 90 jours pour la prise en charge. "Comme personne ne s’occupe de ce problème, la CARMF veut bien s’en charger et négocier avec les caisses maladie la prise en charge entre 15 et 90 jours, mais uniquement si c’est une demande de votre part," indique la CARMF, qui questionne ses adhérents sur cette éventuelle extension de son rôle.

Ce n’est pas la première fois que Gérard Maudrux fait appel à la démocratie directe pour se prévaloir du soutien des médecins libéraux. En 2002, il avait lancé -au grand dam des syndicats- un référendum sur la suppression de l’ASV. 73% des répondants s’étaient prononcés en ce sens, mais seul un tiers des affilliés à la CARMF avaient alors participé au vote. Sa dernière initiative cet automne devrait de nouveau soulever la colère des syndicats, hormis peut-être la FMF, assez proche des positions du président de la CARMF. MG France a déjà réagi ce week-end prenant ses distances avec "l’argumentaire très discutable" du Dr Gérard Maudrux. Sur le fond, MG France n’appelle pas, comme il y a dix ans, au boycott de la consultation, mais donne consigne aux médecins de répondre "maintien à 65 ans" pour la première question concernant l’âge à taux plein dans le régime complémentaire, "mixage" entre hausses des cotisations et baisse des pensions pour le rééquilibrage de ce même régime, soutien à la réforme de l’ASV pour la troisième question et extension du périmêtre de la protection cnamts en cas de maladie.

Paul Bretagne
Source : Legeneraliste.fr

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