Crise démographique - Les effectifs de généralistes en chute libre

Crise démographiqueLes effectifs de généralistes en chute libre

18.10.2012

Le Conseil National de l’Ordre des médecins a présenté jeudi matin l’Atlas de la démographie médicale 2012. L’offre de soins se stabilise, mais le nombre de médecins généralistes ne cesse de baisser, y compris dans les régions où on s’y attendait le moins. Et ça ne fait que commencer...

  • Les effectifs de généralistes en chute libre - 1

    Les effectifs de généralistes en chute libre

La situation est grave, même si elle n’est pas complètement désespérée. Telle est la tonalité de l’Atlas de la démographie médicale pour 2012 que le Conseil national de l’Ordre des médecins a présenté jeudi matin. Pour la première fois, cette étude propose une analyse de l’évolution de la démographie médicale entre 2007 et 2012, ainsi qu’une projection à 5 ans, qui en dit long sur l’étendue de la crise démographique, pour la médecine en général... et pour la médecine générale en particulier. Si globalement l’offre de soins fait du surplace (+1 % de médecins actifs inscrits au tableau de l’Ordre sur les cinq dernières années), le nombre de médecins qui partent à la retraite continue sa progression (+7,5 %), et la féminisation du corps médical se confirme (42 % des médecins en exercice, 56 % des nouveaux inscrits).

Chute des effectifs en médecine générale

Et surtout, le Cnom révèle que les médecins généralistes, qui représentent 92 477 au 1er janvier 2012, voient leurs troupes diminuer de 5 % en cinq ans. Et la tendance ne risque pas de s’inverser, bien au contraire ! D’après la projection de l’Ordre, les généralistes ne seraient plus que 88 860 à exercer en activité régulière en 2017, soit une baisse des effectifs de 7,5 %. «La spécialité de médecine générale souffre d’un désintérêt des jeunes générations», observe Michel Legmann, le président de l’Ordre des médecins. La défection frappe l’ensemble des régions à l’exception de la Bretagne et des Pays de la Loire. Paris et le Val-de-Marne sont les deux départements qui comptabilisent la plus forte diminution (-16 %). L’Ile-de-France devrait être la plus « quittée ». Une baisse de 30 % des effectifs étant prévue d’ici à 5 ans. «Certains arrondissements de Paris pourraient d’ici quelques années s’inscrire dans les déserts médicaux,», prévient Michel Legmann, qui relève que «les problèmes d’accès aux soins primaires ne sont plus qu’une question de zones rurales, car c’est l’ensemble des départements qui est touché.»

L’exercice libéral boudé... en début de carrière

Plus préoccupant encore : le Cnom insiste également sur le désamour des jeunes pour l’exercice libéral de la discipline. La moyenne d’âge des généralistes libéraux s’y élève désormais à 53 ans. Et les projections ne sont pas bonnes ! 59,7% des généralistes exercent actuellement en libéral, soit une diminution de 5,5 % sur les cinq dernières années. Dans la quasi-totalité des départements (84), le solde est négatif sur les cinq dernières années. Une baisse plus forte encore est attendue d’ici à 2017. En comparaison, le mode d’exercice salarié se porte mieux. Il enregistre une hausse de 2,6 % de ses effectifs entre 2007 et 2012. Et devrait augmenter de 1,5 % d’ici à cinq ans.

Le Cnom a également identifié les régions où les départs à la retraite devraient être massifs et la présence des jeunes quasi inexistante : 35 départements sont identifiés, des plus ruraux (Orne, Sarthe...) au plus urbains (Paris, les Yvelines, l’Essonne). L’Orne par exemple recense 35 % de médecins généralistes libéraux susceptibles de partir à la retraite d’ici à 2017, alors que les médecins de 40 ans et moins ne représentent que 5,8 % des effectifs sur le territoire ornais.

Quelques raisons d’espérer

Toutefois, si la situation paraît catastrophique, on retirera au moins une assez bonne nouvelle du tableau. Alors qu’on s’alarme depuis quelques années du très faible pourcentage de jeunes médecins choisissant l’exercice libéral, l’Ordre confirme que moins d’un étudiant sur dix le choisit une fois thésé. Mais il révèle que 34,5 % se retrouvent tout de même en libéral cinq ans plus tard. D’ailleurs, concernant le devenir des remplaçants, près d’un sur deux s’installe en libéral, dans un délai maximum de 4 ans, privilégiant bien sûr le cabinet de groupe. Une révélation de cet Atlas 2012, que le président de la section démographie de l’Ordre, Patrick Romestaing qualifie d’«heureuse surprise.»

Autre raison d’espérer : le réservoir des retraités. Toutes spécialités confondues, ils sont 52 000 inscrits au tableau de l’Ordre. 10 410 poursuivent leur activité en cumul emploi-retraite. «Ils pourraient être trois fois plus nombreux», estime Michel Legmann, qui plaide pour une vigoureuse baisse des charges sociales de cette catégorie. Reste les médecins étrangers auquel l’Atlas de la démographie médicale consacre tout un supplément cette année. Ils sont plus de 20 000 : pas un seul n’exercerait, parait-il, dans les déserts médicaux...

Caroline Laires-Tavares et Paul Bretagne
Source : Legeneraliste.fr
Commentez Commenter

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

| S’inscrire gratuitement

|

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
Négociations télémédecine

Télémédecine : les négos ont débuté, les jeunes sur le point d'y participer ?

Très attendues, les négociations conventionnelles sur la télémédecine s'ouvraient hier soir à la CNAM. Un enjeu de taille pour le déploiement de ces actes 2.0, bloqués jusqu'ici au stade des...4

[Vidéo] Colposcopie et conisation : en 2018, il sera essentiel de faire mieux !

Frottis

Actuellement, 6 millions de frottis sont réalisés chaque année en France. À l’avenir, ce chiffre augmentera quand le dépistage organisé du... Commenter

Les élections ordinales détournées sur Twitter

Avec son clip vidéo, l'Ordre des médecins encourage les praticiens à voter pour les élections ordinales qui renouvelleront la moitié des... Commenter

Urologie L’hyperactivité vésicale Abonné

Urologie - L’hyperactivité vésicale-0

Même si, chez la femme, ce syndrome est assez souvent idiopathique, il est important de rechercher et de traiter les causes sous-jacentes.... Commenter

Recommandation SATURNISME : QUELS ENFANTS DÉPISTER ? Abonné

peinture plomb

Le Haut conseil de santé publique (HCSP) vient d’actualiser ses recommandations sur le dépistage et la prise en charge des intoxications... Commenter

A découvrir